Mathieu Naud et Sophie Guillemette, alias Monsieur et Madame Reptile, sont accompagnés de leurs enfants, Malcolm et Morigane.
Mathieu Naud et Sophie Guillemette, alias Monsieur et Madame Reptile, sont accompagnés de leurs enfants, Malcolm et Morigane.

Monsieur Reptile demande l’aide du public

Trois-Rivières — L’année 2020 s’annonçait bien pour Monsieur Reptile, mais ça, c’était avant l’arrivée de la crise de la COVID-19. En plus de la fermeture de la boutique et du zoo le 15 mars dernier, les annulations se sont multipliées laissant présager un été particulièrement difficile. Mathieu Naud et Sophie Guillemette, alias Monsieur et Madame Reptile, n’ont pas pour autant abandonné leur routine. Plus d’une centaine d’animaux dépendent d’eux. Ils demandent le soutien du public afin de les aider à absorber les coûts reliés aux soins des animaux et à leurs besoins essentiels.

«Les sommes amassées vont aller au bien-être animal. C’est un cri du cœur qu’on lance et on est persuadé que les gens vont comprendre et qu’ils vont accepter de nous aider. Après, on espère que les gens vont venir visiter quand on va rouvrir. Ça fait presque 30 ans qu’on fait ça et qu’on le fait parce qu’on aime les animaux», assure d’entrée de jeu Mathieu Naud.

Les coûts reliés aux soins des animaux dépassent les 25 000 $ par année, et ça, c’est sans compter les milliers d’heures de travail qu’ils doivent continuer de faire, même sans salaire.

On parle de logement, de soins, de nourriture pour les animaux. Des dépenses qui sont généralement couvertes par les revenus d’admissions, les présentations dans les écoles, les réceptions de fêtes d’enfants et les animations dans les festivals.

On affirme que la période touristique estivale, qui constitue habituellement un gain de revenus majeur, est grandement compromise par les mesures sanitaires mises en place par le gouvernement.

«Ça fait trois ans qu’on est ouvert au public, la saison touristique arrivait, c’est notre saison forte. On avait pris de l’expérience, on envisageait vraiment un bel été. Puis c’est arrivé. […] C’est épouvantable, j’ai arrêté de compter l’argent qu’on perdait. À partir du mois de mars, les clients se sont mis à annuler. Tout est arrêté, il n’y a plus personne qui réserve. Il faut faire des démarches, voir les alternatives, analyser les différentes stratégies. On a fait des demandes d’aide.»

«C’est angoissant et comme entrepreneur ça nous pousse à faire des réflexions pour l’avenir. On veut rester ouvert. Ça fait 27 ans que je fais ça, je n’ai pas l’intention de fermer, mais ça m’oblige à revoir mes pratiques», affirme Mathieu Naud.

Avec ou sans visiteurs, Monsieur Reptile doit quand même prendre soin des animaux et ce n’est pas de tout repos. L’approvisionnement cause parfois des maux de tête. C’est le cas par exemple pour l’alimentation du crocodile.

«Il y a des items qui ne sont plus disponibles en épicerie ou qui sont moins présents. Dans le poisson frais et congelé, c’est n’est pas nécessairement ce que l’on a de besoin sur les tablettes. Souvent, j’allais jusqu’à Montréal pour trouver les produits dont j’avais besoin, mais là, on ne veut pas s’exposer à la COVID. C’est une autre contrainte. C’est un pas pire casse-tête», raconte M. Naud.

On essaie même d’imaginer toute sorte de plans pour subvenir aux besoins. Les plates bandes ornementales feront place à de la salade et différents végétaux pour être capables de nourrir les animaux végétariens.

«On essaie de développer une sorte d’autosuffisance», lance-t-il.

Il faudra quand même l’aide du public qui, jusqu’à maintenant, semble être au rendez-vous.

«On a une bonne réponse. Il n’y a pas de petits montants et tous les montants sont importants. Avec un dollar, je peux acheter une salade pour nourrir un iguane», note Mathieu Naud.

Garder le contact avec le public

Malgré tous les bouleversements, Monsieur Reptile veut conserver son lien avec les amateurs. Il multiplie les vidéos sur le web pour amener le zoo dans les maisons. Il met également sa petite fille à contribution.

«Elle a quatre ans et elle présente des lézards, des serpents, etc. […] On veut que les amateurs sachent qu’on existe encore. On leur parle des animaux et on tente de leur donner le goût de venir nous voir et nous encourager quand on va recommencer», insiste Monsieur Reptile.

Départ de Baggherra

Comme si ce n’était pas assez, un serpent géant est tombé malade récemment. Le Python âgé de 25 ans a dû être euthanasié.

«C’était triste, c’était notre plus gros serpent. C’était une vedette du zoo et quand on va rouvrir, il ne sera plus là», a conclu Mathieu Naud.

Les détails pour faire un don sont disponibles sur la page Facebook de Monsieur Reptile.