Le secteur de la construction affiche une belle vigueur à Trois-Rivières, même si elle n’est pas à la hauteur d’il y a dix ans.

Mises en chantier: tendance à la hausse

Trois-Rivières — Selon la Société canadienne d’hypothèques et de logement, la tendance était à la hausse le mois dernier dans les mises en chantier à Trois-Rivières avec un bond de 53 % par rapport à mars 2018 (29 contre 19) et une augmentation de 144 % entre le premier trimestre de l’an passé et les mois de janvier à mars 2019 (78 contre 32).

«Si on regarde dans un portrait plus large, on a clairement une tendance qui est haussière depuis un an dans la région. Si on regarde uniquement le premier trimestre de 2019, on a presque 80 mises en chantier alors qu’à la même période en 2018, on en avait plutôt une trentaine. On voit là pour 2019 une forte croissance, et ça vient s’ajouter à cette tendance à la hausse qu’on retrouve sur le marché de Trois-Rivières», explique l’analyste de marché à la SCHL, Lukas Jasmin-Tucci.

Selon lui, le moteur de la croissance provient surtout du segment locatif puisque les propriétés absolues, telles que les unifamiliales, y sont déjà en grande quantité. «Quand on dit locatif, ça va être le locatif plus traditionnel, les appartements à louer, mais ça va être aussi les résidences pour personnes âgées. Dans les deux segments, on a une bonne croissance des nouvelles unités, c’est ce qui explique cette tendance à la hausse qu’on observe sur le marché dans la dernière année», poursuit-il.

Malgré tout, celui-ci souligne que le nombre de mises en chantier «n’est quand même pas historiquement très élevé, si on regarde un petit peu plus loin, dans les dix dernières années».

«Il y a une faible croissance de la démographie à Trois-Rivières, ça vient limiter le besoin de nouvelles unités, on a un taux d’inoccupation qui se resserre. C’est sûr que ça va encourager les constructeurs à ajouter des nouvelles unités, mais si on compare à ce qui se construisait dans la région il y a une dizaine d’années, même si on a une croissance continue, ça reste que ce sont des niveaux un petit peu plus faibles que c’était il y a à peine dix ans. Et ces croissances se comparent à un niveau qui était très faible en 2013, 2014», précise le spécialiste.

Au pays, la tendance des mises en chantier d’habitations se chiffrait à 202 279 en mars 2019, comparativement à 202 039 le mois précédent. Cette tendance correspond à la moyenne mobile de six mois du nombre mensuel désaisonnalisé et annualisé (DDA) de mises en chantier d’habitations.

«La tendance nationale des mises en chantier d’habitations est demeurée pratiquement inchangée en mars, à un niveau près de la moyenne historique», a déclaré Bob Dugan, économiste en chef à la SCHL. «La tendance est très stable depuis le dernier trimestre de 2018, après une période de baisses successives par rapport aux niveaux historiquement élevés enregistrés ces dernières années. La hausse des taux hypothécaires et la conjoncture économique un peu moins favorable ont modéré la demande de logements neufs dans les centres urbains», renchérit-il.

Un peu plus de 5000 habitations ont été mises en chantier dans la RMR de Montréal au premier trimestre de 2019, un sommet inégalé en 10 ans. Ce rythme d’activité élevé s’explique par la construction importante d’appartements, plus particulièrement dans le segment locatif, puisque le segment de la copropriété affichait une baisse. Les faibles taux d’inoccupation, le vieillissement de la population et la proportion accrue de jeunes ménages qui optent maintenant pour le marché locatif continuent de stimuler les mises en chantier d’unités locatives.

Au premier trimestre de 2019, les mises en chantier dans la région de Gatineau (partie québécoise de la RMR d’Ottawa-Gatineau) ont connu un important gain par rapport à pareille période l’an dernier. Cette forte croissance est principalement attribuable à l’augmentation des mises en chantier de logements destinés au marché locatif. Le vieillissement de la population et le faible taux d’inoccupation continuent de stimuler les mises en chantier de logements locatifs à Gatineau.

Étant donné la grande variabilité des chiffres estimatifs mensuels, la SCHL tient compte de la tendance, en plus du nombre mensuel désaisonnalisé et annualisé, pour obtenir un portrait plus complet de l’état du marché de l’habitation canadien. «Dans certaines situations, il pourrait être trompeur de n’analyser que les données désaisonnalisées annualisées (DDA), car les mises en chantier d’habitations sont alimentées surtout par le segment des logements collectifs, où l’activité peut varier beaucoup d’un mois à l’autre», prévient-on.

Dans l’ensemble des régions du Canada, le nombre mensuel désaisonnalisé et annualisé de mises en chantier d’habitations est monté de 166 290 en février à 192 527 en mars, une hausse de 15,8 %. Dans les centres urbains, ce nombre a augmenté de 17,0 % pour s’élever à 178 033 en mars.

Toujours en milieu urbain, il a progressé de 18,6 % dans le segment des logements collectifs et de 12,1 % dans celui des maisons individuelles, pour s’établir respectivement à 135 894 et à 42 139. Dans les régions rurales, le nombre désaisonnalisé annualisé de mises en chantier d’habitations est estimé à 14 494.