La compagnie Minéraux rares Quest qui devait s'installer dans le parc industriel de Bécancour a fait savoir mercredi qu'elle venait de déposer un avis d'intention de faire une proposition à ses créanciers.

Minéraux rares Quest: Donald Martel croit que les libéraux auraient pu en faire plus

L'annonce faite par l'entreprise Minéraux rares Quest de se placer sous la protection de la Loi sur la faillite et l'insolvabilité a non seulement surpris, mais aussi choqué le député de Nicolet-Bécancour, Donald Martel, qui estime que les libéraux n'en ont pas assez fait pour permettre à cette entreprise de pouvoir mener à terme son grand projet à Bécancour.
Donald Martel
Rappelons que dans un communiqué émis mercredi soir, l'entreprise a fait savoir qu'elle venait de déposer un avis d'intention de faire une proposition à ses créanciers. La Société entend du même coup poursuivre la recherche de sources de financement, ou encore envisager une fusion ou une acquisition par une autre société. «Il ne peut y avoir aucune garantie que la Société réussira à obtenir le financement requis ou à atteindre ses objectifs de restructuration. L'échec de la Société à atteindre ses objectifs de financement et de restructuration aura vraisemblablement pour conséquence d'entraîner la faillite de la Société», écrit Minéraux rares Quest dans un communiqué.
Donald Martel estime qu'il s'agit là d'un autre exemple de projet que les libéraux ont échappé. «Tout ce qui traîne se salit. On ne peut pas être juste des spectateurs de ce qui se passe. L'État doit pouvoir apporter son soutien à ces grands projets et ne pas les laisser filer», clame Donald Martel, qui indique qu'en 15 ans, ce sont plus de 12 milliards de dollars qui ont été annoncés en grands projets dans le parc industriel de Bécancour. Or, de ce montant, seulement 200 M$ se sont réalisés. 
«Il y a clairement un travail avec les promoteurs qui n'a pas été fait. On ne peut pas juste procéder à des annonces devant les caméras et après, laisser tout filer. Si on ne pense pas dès le départ que le projet est sérieux, pourquoi alors, comme gouvernement, accepter de l'annoncer en grande pompe», se questionne Donald Martel.
Le projet de Minéraux rares Quest consistait d'abord en la construction d'une usine de 1,3 milliard $ à Bécancour. En 2014, l'entreprise annonçait la construction d'une seconde usine. L'année suivante, le gouvernement confirmait une aide de 3,6 M$ pour aider aux études de faisabilité du projet, une somme qui n'aura visiblement pas été suffisante.
«L'entreprise établissait que pour ses deux projets au Québec, ça aurait pris 65 M$ pour ses études de préfaisabilité et de faisabilité. Les investisseurs privés doivent donc être prêts à allonger cet argent avant même d'avoir la confirmation que le projet pourrait aller de l'avant», souligne le maire de Bécancour, Jean-Guy Dubois, qui se demande jusqu'à quel point le gouvernement aurait pu aller plus loin dans l'aide proposée et qui croit que cette évaluation devra être faite dans un avenir rapproché.
M. Dubois a pu s'entretenir brièvement avec le président de la compagnie, jeudi matin. Dans le processus normal et légal de la Loi sur la faillite et l'insolvabilité, le maire dit qu'il ne s'attend pas à avoir des nouvelles de la compagnie d'ici les six prochains mois, qu'elles soient bonnes ou mauvaises.
Dans le contexte de l'économie mondiale, Jean-Guy Dubois explique que même un projet comme celui-ci, qui proposait la production de terres rares, utiles pour la conception des voitures électriques, batteries, éoliennes et cellulaires notamment, se retrouve en compétition avec des projets qui se développent en Chine, et ce, même si la vente des quantités produites est assurée de par les besoins du marché.
Toutefois, de son côté, il dit avoir, à la longue, développé une certaine forme de résilience face aux mauvaises nouvelles économiques, alors que le projet de Minéraux rares Quest est le cinquième projet en peu de temps à vouloir échapper à Bécancour. 
«On a eu RER Hydro, Stolt, le projet de Gaz Metro et même Iffco de qui on n'a pas beaucoup de nouvelles. De notre côté, on mise désormais sur le développement de nouveaux créneaux, comme on le fait en partenariat avec IDÉ Trois-Rivières pour le développement de nouvelles technologies en environnement. Disons que j'ai hâte de lâcher le micro et de salir ma pelle dorée», lance le maire.
Pour sa part, le député Martel comprend le maire Dubois de désormais garder le focus sur ce qu'il peut contrôler. «La game des grosses entreprises, c'est Québec qui doit la jouer. Moi, je ne peux pas accepter que le meilleur potentiel pour accueillir de grandes entreprises au Québec soit laissé pour compte», martèle-t-il.