Michel Biron

Michel Biron estime que la MRC de Maskinongé aurait dû appuyer Sogetel

Louiseville — «Quand Maskicom dit que Bell fait de l’obstruction systématique, je ne suis pas d’accord. Et la MRC de Maskinongé aurait dû accepter notre offre. Le gouvernement aurait sauvé de l’argent et les gens auraient le service en 2020.»

Michel Biron ne passe pas par quatre chemins pour commenter le projet de Maskicom. Souhaitant réagir à la sortie récente de l’organisme qui dénonce le comportement de Bell Canada dans l’émission des permis de location d’espaces sur les poteaux longeant les routes, M. Biron croit que Bell agit en respect des normes fixées par le CRTC.

«Je suis en compétition avec Bell. Je ne les blâme pas. Ce n’est pas sans raison que ça prend du temps. Les ingénieurs doivent étudier le poids et la portée (des fils) et quand il y a une augmentation, il faut voir l’impact sur le poteau pour qu’il résiste aux très grands vents, au verglas.»

Rejetant du revers de la main les affirmations de Maskicom concernant le non-intérêt des entreprises de télécommunications de desservir il y a quelques années les zones rurales de ce territoire, l’actionnaire principal de la compagnie Sogetel soutient avoir de l’intérêt pour cette clientèle et rappelle que Sogetel a amorcé un travail en la matière.

Sogetel a acheté Téléphone Milot il y a 11 ans. La compagnie est titulaire du territoire de huit des 17 localités de la MRC de Maskinongé. Elle vient d’investir de sa poche 2,4 millions de dollars dans le déploiement de 230 km de fibre optique dans les zones rurales de Saint-Alexis-des-Monts, de Saint-Paulin, de Charette, de Saint-Élie-de-Caxton, de Saint-Sévère, de Sainte-Angèle-de-Prémont, de Saint-Édouard-de-Maskinongé et de Saint-Barnabé. Elle couvre aussi une petite partie de Sainte-Ursule.

Il y a deux ans, dans le cadre de programmes gouvernementaux, Michel Biron raconte que Sogetel a contacté la MRC de Maskinongé pour obtenir son appui afin de soumettre une demande aux gouvernements québécois et canadien.

Robert Lalonde

«M. Lalonde (Robert, le préfet de la MRC de Maskinongé) a refusé d’appuyer Sogetel, mentionne l’homme d’affaires. Compte tenu que nous avions plus de 500 km de fibre installés sur le territoire de la MRC de Maskinongé, si on avait présenté notre projet, le gouvernement aurait sauvé au moins six millions de dollars. Ça nous aurait coûté moins cher. Maskicom parle de 600 km de fibre optique. Dans mon cas, ça aurait été moins, car on est déjà là, notre dorsale (la fibre qui passe de village en village) est là. Quand M. Lalonde dit que nous n’étions pas intéressés à donner le service, c’est entièrement faux.»

M. Biron se montre suspicieux quant à la solidité du plan d’affaires de Maskicom. Selon lui, le projet est hautement risqué.

«Le projet n’est pas réaliste. Un consultant leur a dit qu’ils auraient un taux de pénétration de 80 % et qu’ils chargeraient 80 $. À 80 % de taux de pénétration (4000 clients), ça donne 3,2 millions de dollars. Ils ne sont pas à 80 %. Et ils ne parlent pas des coûts. Si on enlève l’administration, Sogetel paie au-dessus d’un million de dollars en salaires aux employés directement impliqués pour donner le service dans Maskinongé», mentionne M. Biron, en ajoutant que des frais doivent être comptabilisés pour l’achat de camions de service, pour la maintenance du réseau, etc.

«Qu’il se mêle de ses affaires»

Robert Lalonde reconnaît avoir refusé d’appuyer le projet de Sogetel. Mais cette décision a été prise après une approche faite par la MRC auprès de cette compagnie afin d’établir un partenariat pour offrir l’internet haute vitesse, affirme le préfet.

«On avait invité Sogetel à travailler avec nous et ils ont refusé pour différentes raisons. À la suite de leur refus, on a décidé de faire cavalier seul. Je me rappelle que durant les programmes des gouvernements, Sogetel avait demandé des appuis à nos municipalités. J’avais demandé l’appui de nos municipalités pour notre dossier. Les municipalités ne pouvaient appuyer deux différents projets pour le même dossier. Tu refuses une fois? On s’organise.»

Affirmant que Bell fait bel et bien de l’obstruction systématique dans l’émission des permis, Robert Lalonde invite le sénateur Biron à la retenue lorsqu’il aborde le réalisme du plan d’affaires de Maskicom.

«Quand Bell a des embûches, c’est-à-dire des réparations à faire sur les poteaux, mais qu’ils m’empêchent de passer, ce n’est pas la même affaire. Pour le plan d’affaires, il (Michel Biron) ne sait pas de quoi il parle. Le réalisme, on le verra quand on aura terminé. Il veut aller dans notre territoire? Tant mieux pour eux. La saine concurrence, je n’ai aucun problème avec ça. Mais qu’il se mêle de ses affaires, je vais me mêler des miennes. Si on ne lance pas Maskicom, ça ne bouge pas pour le rural.»