Danielle Gamelin, cheffe-mentor de la cellule de mentorat de la SADC de Nicolet-Bécancour.
Danielle Gamelin, cheffe-mentor de la cellule de mentorat de la SADC de Nicolet-Bécancour.

Mentorat: aider l’entrepreneur dans les bons et mauvais jours

NICOLET — Mise en place d’un mentorat de groupe. Création d’une escouade de mentors. Décidément, le mentorat n’aura pas échappé non plus au bouleversement de la pandémie, étant aussi contraint de se réinventer au niveau de l’offre de service.

«On ne se le cachera pas, au niveau économique, il y a eu beaucoup d’inquiétude, il y en a encore bien sûr, malgré les mesures gouvernementales qui ont donné un solide coup de main. Mais ça reste que c’est du jamais-vu, c’est très déstabilisant pour les entrepreneurs», commente la cheffe-mentor de la cellule de mentorat de la SADC de Nicolet-Bécancour, Danielle Gamelin.

Et quand on sait que, selon sa propre définition, le mentor, «c’est quelqu’un à qui tu peux parler et quelqu’un qui peut te comprendre», ce besoin d’être écouté et de briser l’isolement s’est d’autant plus fait sentir chez les entrepreneurs avec la crise de la COVID-19.

«Rapidement, on a instauré du mentorat de groupe. À chaque semaine, on avait des rencontres et les gens ont beaucoup apprécié. Et ce partage d’expériences fut tellement riche qu’on ne peut plus l’arrêter», se plaît-elle à raconter.

C’est ainsi que dès septembre, la formule sera offerte à tous les entrepreneurs du territoire, qu’ils soient impliqués ou non dans un processus de mentorat.

«Au fil du temps, on s’est aperçu qu’en dernier, on ne parlait presque plus de la COVID et de ses impacts, mais on parlait des préoccupations des entrepreneurs», fait remarquer cette gestionnaire de profession qui veut donner au suivant par son implication bénévole, tout comme la douzaine de mentors qui font partie de son équipe.


« On ne se le cachera pas, au niveau économique, il y a eu beaucoup d’inquiétude, il y en a encore bien sûr, malgré les mesures gouvernementales qui ont donné un solide coup de main. Mais ça reste que c’est du jamais-vu, c’est très déstabilisant pour les entrepreneurs »
Danielle Gamelin, cheffe-mentor de la cellule de mentorat de la SADC de Nicolet-Bécancour.

Or, l’une de ses mentorées a su voir les opportunités de ce contexte particulier.

Danie Dauphinais, de la zone entrepreneuriale

«Elle s’est réorientée en faisant des partenariats. Son entreprise s’en est très bien sortie. Je ne dis pas que c’est comme ça pour tout le monde. Il faut quand même être positif là-dedans et dire, oui, c’est déstabilisant, mais il faut s’adapter à la nouvelle réalité», croit cette ancienne directrice générale dans le réseau de la santé.

À Trois-Rivières, la cellule de mentorat de la Zone entrepreneuriale compte une trentaine de mentors qui œuvrent aussi sur les territoires de Mékinac et Des Chenaux, pour un total de 56 jumelages.

«Quand la pandémie est arrivée, j’ai fait appel à mes mentors en leur disant: j’ai envie de mettre une escouade de mentors pour répondre temporairement au besoin. J’ai dix mentors qui ont levé la main, ils se sont mis disponibles pour faire du mentorat temporaire jusqu’en septembre. C’est vraiment ponctuel. C’est moi qui assigne le mentor. Ça m’a permis de faire une dizaine de jumelages depuis mars», explique la responsable, Danie Dauphinais.

Outre les mentorés qui avaient besoin d’un accompagnement conjoncturel, il y a ceux qui perdaient leur mentor, étant lui-même affecté ou débordé par la crise pandémique.

«On n’oublie pas que les mentors sont des bénévoles, c’est sûr que leur entreprise va passer avant leur bénévolat. Je voulais pouvoir aider mes mentorés à leur trouver quand même un autre mentor temporairement si leur mentor affilié n’était pas disponible», précise l’agente au développement des affaires à la Zone entrepreneuriale.

Celle-ci rappelle qu’un mentor, «ce n’est pas qu’un téléphone rouge».

«Il est là aussi quand on ne voit plus clair et on ne sait plus sur quel pied danser parce que c’est trop. Il y a eu beaucoup d’ajustements chez les entrepreneurs. Pour certains, il y a eu des opportunités, mais il faut faire des choix. Tu as envie d’en jaser pour aider à te faire une tête», décrit Mme Dauphinais.

Au défi de se réinventer est venu aussi s’ajouter celui de la gestion des ressources humaines.

«Mettre à pied, ce n’est pas facile, et on n’a pas le choix, mais réengager en temps de pandémie, ce n’est pas plus facile non plus. Tout comme la gestion d’une équipe à distance en raison du télétravail. Les entrepreneurs avaient besoin d’un regard externe, de pouvoir jaser avec quelqu’un», fait remarquer en conclusion celle dont la cellule de mentorat a remporté un prix provincial l’an dernier.

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Cellules de mentorat 

Centre-du-Québec

  • 4 cellules de mentorat
  • 158 mentoré-es
  • 71 mentors

Mauricie

  • 3 cellules de mentorat
  • 111 mentoré-es
  • 65 mentors