Les propriétaires de la maison (à droite) étaient en compagnie de Diane Bergeron, Myriam Dion, Richard Gaudreault, André Beaulieu, Lucie Garceau, Claire Marcouiller et Sylvie Boucher pour le lancement de la Vieille Dame.

Menacés d'expulsion, ils se lancent en affaires

Malgré l'incertitude entourant leur situation, Pascal Bourdot et Anne Cordier, deux immigrants français qui risquent d'être renvoyés en France pour des raisons administratives, ne baissent pas les bras. Ils continuent de s'impliquer dans la communauté de Sainte-Flore. Le couple a même procédé vendredi matin au lancement de la Vieille Dame, un lieu dédié à la création artistique.
«Le projet de la Vieille Dame va vivre, les artisans attendent ce moment depuis déjà plusieurs mois. Donc nous le lançons, et ce, coûte que coûte», mentionne d'entrée de jeu Pascal Bourdot.
Rappelons que le couple devait quitter le 30 août, car le gouvernement fédéral avait refusé leur demande de permis d'études, ce qui faisait en sorte que leur visa arrivait à échéance. 
Ils ont envoyé une demande de prolongation du statut de visiteur le 1er août et sont toujours en attente d'un développement dans cette histoire. Ils souhaitent de tout coeur régulariser leur situation et pouvoir demeurer à Sainte-Flore. 
La Vieille Dame est une maison située au coeur du village de Sainte-Flore et dont une partie a été aménagée en atelier. L'idée de Mme Cordier était de mettre sur pied une couveuse d'artisans locaux. Ceux-ci bénéficient désormais d'un espace convivial où ils sont libres d'aller pour travailler sur leurs projets.
«Au départ, je devais partir toute seule, mais l'année suivant notre arrivée m'a permis de rencontrer des personnes extraordinaires qui ont beaucoup de talents et qui ont accepté de nous suivre dans l'aventure de la couveuse d'artisans», explique l'instigatrice du projet.
Le lancement du projet du couple Bourdot-Cordier vient marquer six mois de travail qui ont permis de préparer les lieux. À l'automne, ce n'est pas moins de six artisans qui seront présents pour dispenser leur art.
«Son savoir, elle a tout de suite voulu le partager, d'où l'idée de la création d'un espace où les personnes pourraient se retrouver, échanger et partager leurs idées et leurs envies. La Vieille Dame donnera la possibilité aux artisans de ne pas avoir à investir directement dans des ateliers et de profiter de cet espace partagé», souligne le propriétaire de la maison.
Partage de passions
Anne Cordier et les artisans utiliseront également la Vieille Dame afin de donner des cours aux personnes de toutes les générations intéressées. 
Les gens pourront notamment découvrir le travail du cuir, de la laine, de la fourrure, de la couture, du faux vitrail, de la patine et de la résine, de la peinture sur tous supports ainsi que la personnalisation de vieux meubles ou d'objets de tous genres. 
«Chaque artisan va bénéficier d'une demi-journée de cours pour débuter. Les cours auront lieu du lundi au vendredi. Les matinées serviront pour les cours individuels aux personnes n'ayant pas la possibilité de venir entre 13 h 30 et 15 h. Le samedi sera réservé pour les stages et les événements. Nous invitons donc les gens à venir nous rencontrer avec leurs idées, ils repartiront assurément avec une création», ajoute M. Bourdot.
Les cours débuteront la semaine prochaine dans l'atelier qui peut accueillir jusqu'à six personnes en même temps.
Point de vente
Toutes les créations effectuées par les artisans de la Vieille Dame seront disponibles au dépanneur général Le Colibri de Sainte-Flore.
«Nous donnons l'opportunité aux artistes qui vont passer ici de profiter d'un point de vente au dépanneur. Anne va les partir avec la Vieille Dame et j'assurerai la continuité en leur offrant de la visibilité afin de les faire connaître davantage», note Sylvie Boucher, propriétaire du dépanneur. La zone d'exposition est présentement en aménagement et devrait voir le jour dans les prochaines semaines. 
Nouveaux artisans
Il y aura un roulement au niveau des artisans présents à la Vieille Dame. Au moment venu, ils pourront mettre à profit l'expérience acquise auprès de Sylvie Boucher et de Anne Cordier pour partir à leur propre compte.
«Lorsque les artisans locaux auront assez de potentiel et qu'ils seront assez connus pour partir, ils pourront quitter et d'autres artisans de la région viendront les remplacer», affirme M. Bourdot.
À plus long terme, Anne Cordier aimerait pouvoir travailler et animer des ateliers avec les jeunes dans les écoles afin de renforcir le lien intergénérationnel. 
L'idée d'organiser des événements, en compagnie des artisans, lors des fêtes comme l'Halloween et Noël est également dans ses plans.