Le déploiement de la fibre optique de Maskicom au sein de la MRC de Maskinongé est suspendu de façon indéterminée.
Le déploiement de la fibre optique de Maskicom au sein de la MRC de Maskinongé est suspendu de façon indéterminée.

Maskicom: l'installation du réseau est suspendue

Martin Lafrenière
Martin Lafrenière
Le Nouvelliste
Louiseville — La réalisation du projet de Maskicom connaît de nouvelles embûches. Après avoir dénoncé la difficulté d’obtenir les permis de location d’emplacement sur des poteaux pour déployer sa fibre optique, voilà que les travaux de déploiement de son réseau sont suspendus par son sous-traitant en raison d’une mésentente sur l’interprétation du contrat qui fait en sorte que des factures totalisant 477 000 $ demeurent impayées.

Le Groupe Madysta a un contrat avec Maskicom pour construire un réseau de fibre optique au sein de la MRC de Maskinongé, incluant le volet de l’ingénierie. L’entreprise a arrêté de travailler sur ce contrat depuis le 30 octobre, confirme Denis Ricard, directeur des ressources humaines de cette entreprise de Trois-Rivières.

«Les factures traînent depuis longtemps. On ne peut pas travailler sans avoir la garantie d’avoir le paiement pour les travaux», raconte M. Ricard.

L’entreprise craint de ne pas être payée pour des travaux additionnels qui ont été effectués au cours des derniers mois. Selon Madysta, le coût global des travaux est plus élevé que prévu et Maskicom œuvre avec un budget fixe profitant de subventions déjà établies. L’entreprise croit que Maskicom n’a pas actuellement l’argent nécessaire pour couvrir les travaux additionnels.

Robert Lalonde, président de Maskicom, ne veut pas entrer dans les détails concernant le litige qui l’oppose à Madysta. Mais si Maskicom refuse de payer, ce n’est pas pour rien, soutient-il.

«On considère que ces trois factures ne sont pas valides, selon le contrat. Ces factures, selon le contrat et l’interprétation qu’on a, ne sont pas légitimes. Mais lui (Madysta) dit que c’est légitime. Vu qu’on ne paie pas, Madysta met de la pression. Et dans le contrat, s’il y a un litige, on doit aller en arbitrage, mais Madysta ne veut pas se rendre en arbitrage. On ne se comprend pas, tous les deux.»

«On respecte le contrat à la lettre, sans faire d’interprétation. On tente d’avoir des discussions constructives avec Maskicom et je dirais que la balle est dans leur camp», avance Denis Ricard.

L’entreprise est d’avis que Maskicom ne veut pas davantage utiliser l’arbitrage.

Des démarches légales ont été entreprises dans ce dossier. La situation ne met «pas encore» l’organisme en péril, estime Robert Lalonde.

«On continue. On est au ralenti. J’avais déjà un inventaire d’équipements pour connecter les gens et je les connecte où on a de la disponibilité», ajoute M. Lalonde, tout en exprimant le souhait de terminer le réseau de 600 km et d’offrir un accès internet haute vitesse à l’ensemble des citoyens de la MRC très bientôt.

Maskicom affirme avoir versé 6,1 millions de dollars à Madysta depuis le début du projet. Robert Lalonde assure que tous les fournisseurs ont été payés jusqu’à maintenant même si Maskicom est en attente de subventions gouvernementales.

Le budget de Maskicom est de 12,4 millions de dollars, dont 10,4 millions de dollars en subventions.

Josée Magny a démissionné de son poste de secrétaire-trésorière du conseil d’administration de Maskicom. Cet organisme à but non lucratif est présidé par Robert Lalonde.

Magny démissionne

Le conseil d’administration de Maskicom doit se débrouiller avec un membre en moins. La mairesse de Saint-Mathieu-du-Parc, Josée Magny, a remis sa démission le 4 novembre à titre de secrétaire et trésorière du conseil d’administration de Maskicom.

D’habitude très loquace, Mme Magny a fait preuve de retenue lorsqu’elle a été invitée par Le Nouvelliste à commenter son départ du conseil d’administration de l’organisme.

«On a des différends d’opinion. J’ai certaines valeurs et certaines façons de faire et l’alignement du dossier ne correspondait pas à mes valeurs. On a tellement de dossiers. J’ai décidé de mettre mes énergies ailleurs.»

Robert Lalonde confirme avoir reçu la démission de Mme Magny.