Le président-directeur général de Groupe Capitales Médias, Martin Cauchon, était le premier conférencier de la nouvelle saison de la Chambre de commerce et d'industries de Trois-Rivières.

Martin Cauchon plaide la cause des médias écrits

Devant une salle comble, au Musée québécois de culture populaire, le président-directeur général de Groupe Capitales Médias, Martin Cauchon, a profité de la tribune de la Chambre de commerce et d'industries de Trois-Rivières, mercredi, pour plaider haut et fort la cause des médias écrits.
Et l'un de ses nombreux messages visait les gouvernements alors que la ministre du Patrimoine canadien, Mélanie Joly, présente jeudi sa vision pour les industries culturelles et créatives canadiennes dans un monde numérique.
«Nos yeux sont rivés sur elle. Je serai tout ouïe à son discours. Les gouvernements doivent reconnaître l'importance des médias écrits, à l'instar des autres éléments de la culture tels que le cinéma et les productions télévisuelles», a-t-il lancé aux quelque 250 membres de la Chambre, tout en admettant que le provincial avait fait un premier pas dans la bonne direction. 
Le premier conférencier de la nouvelle saison a raconté son passage de la politique aux médias lorsqu'il a fait l'acquisition de six quotidiens en 2015, soit Le Nouvelliste, Le Soleil, Le Droit, La Tribune, La Voix de l'Est et Le Quotidien. Selon lui, les deux univers partagent une même mission à caractère public. «On travaille pour faire la différence», affirme cet avocat de profession qui ne s'ennuie pas de la Chambre des communes.
Celui-ci était conscient que les médias écrits étaient dans la tourmente lorsqu'il a pris la décision de se lancer dans l'aventure, avec des pertes d'emplois annoncées dans l'industrie et des revenus publicitaires en recul.
Sauf que son expérience ministérielle lui aura permis de constater l'importance de cet organe d'information, consultant chaque matin l'ensemble des six journaux pour avoir «une photo de ce qui se passe dans les régions», ce qui lui permettait de rester branché sur l'ensemble du Québec.
«Nous sommes les seuls à fournir sur une base quotidienne de l'information fiable, de qualité, produite par des professionnels. Nous sommes le reflet de votre vie culturelle, économique, sociale et communautaire», souligne-t-il, tout en rappelant le rôle historique du quotidien dans des dossiers tels que le pont Laviolette, à Trois-Rivières, ou l'hôpital Montfort, à Ottawa.
Malgré un contexte qui reste difficile, avec les Facebook et Google de ce monde, le propriétaire du Nouvelliste est convaincu qu'il y a encore une demande pour de l'information de qualité et de proximité, surtout à l'époque des fake news.
«On n'est pas rendu au bout de nos peines. On continue à se battre, à bout de bras, avec un grand sourire. La seule constance, c'est le changement. À Groupe Capitales Médias, on le vit tous les jours. Nous avons décidé de repenser notre modèle d'affaires», a-t-il fait savoir.
À la suite de la réouverture des conventions collectives qui s'inscrit dans une réorganisation interne, M. Cauchon a évoqué des annonces à venir «extrêmement positives» pour l'entreprise, par rapport à l'évolution des produits et la notion de multiservices. «On veut projeter nos lecteurs dans d'autres univers et aller chercher des revenus additionnels», renchérit l'homme d'affaires.
Par ailleurs, il a rappelé la création d'une nouvelle entreprise numérique, Omerlo Technologies, qui a vu le jour grâce à un partenariat entre Groupe Capitales Médias et Mirego. L'objectif de la nouvelle société est de commercialiser les technologies développées depuis 2015 par Mirego pour l'ensemble des six quotidiens.
D'ailleurs, M. Cauchon ne définit plus son entreprise en termes de journal, mais plutôt de producteur de contenu de qualité à travers le multiplateforme. «Le papier est là pour rester encore longtemps», assure-t-il, tout en rappelant l'existence du site Internet et des applications pour téléphone intelligent.
Outre ce cri du coeur lancé aux gouvernements pour un soutien à la presse écrite, M. Cauchon a invité le lecteur à se rendre sur les plateformes du Groupe Capitales Médias, en faisant allusion à la fibre communautaire et démocratique. Et il a fait appel à la conscience sociale pour inciter les entreprises à ne pas se laisser séduire par Google. 
«On n'est pas rendu au bout de nos peines. On continue à se battre, à bout de bras, avec le sourire. La seule constance, c'est le changement»
«Le virage est possible à cause des 75 artisans du Nouvelliste, dont une vingtaine à la salle des nouvelles», a-t-il conclu.