Les travailleurs syndiqués de Marquis imprimeur ont accordé un mandat de grève à leur comité de négociations.

Marquis imprimeur: mandat de grève adopté

LOUISEVILLE — Le processus de renouvellement de la convention collective de Marquis imprimeur se complique. Pendant que l’employeur fait appel à un conciliateur pour rapprocher les deux parties, les syndiqués viennent d’accorder un mandat de grève à leur comité de négociations afin de dénoncer les offres salariales.

Quelque 91 des 110 travailleurs syndiqués étaient réunis en assemblée syndicale le 1er décembre. Le mandat de grève a reçu l’approbation de 90 membres.

Selon Daniel St-Pierre, les salariés veulent profiter de l’actuelle négociation pour récupérer une partie des concessions faites en 2013 lorsque Marquis imprimeur a acheté l’usine de Louiseville.

«Les employés avaient accepté des réductions salariales pour donner de la souplesse à l’employeur. Ils ont subi une baisse de salaire de 8 %, une baisse de 2 % pour la contribution au régime de retraite, en plus de perdre le total des six jours de maladie et l’abandon des soins dentaires. Au total, cela représente 15 % en coupes. On parle de sommes importantes. Ça peut représenter environ 5000 $ par année, soit 25 000 $ en cinq ans. Avec les offres patronales, on est à des années-lumière de s’entendre», raconte M. St-Pierre, représentant national d’Unifor.

Le conseiller syndical concède que l’effort consenti en 2013 était nécessaire. Depuis ce temps, il ajoute que Marquis continue sa croissance, notamment par l’acquisition d’autres imprimeries. Selon M. St-Pierre, le renouvellement de la convention collective est le moment pour un retour d’ascenseur: 55 % des employés qui étaient là en 2013 travaillent toujours chez Marquis.

«Les offres patronales sont inacceptables car les gens veulent retrouver leurs billes. Les discussions lors de l’assemblée du 1er décembre ont été fort intéressantes. Les employés ont fait part de leur déception (face aux offres salariales). On s’attend à ce qu’une reconnaissance soit faite de l’effort provenant des employés. Le mandat de grève, c’est pour envoyer un message sérieux à l’employeur. La reconnaissance est de mise.»

Si le syndicat juge inacceptables les offres salariales, les demandes syndicales en cette matière sont totalement exagérées, selon Serge Loubier. «Ça n’a aucun sens», plaide le président de Marquis imprimeur, soulignant que le syndicat n’a pas soumis de contre-proposition.

«On n’est pas du tout en mode rattrapage. On est dans une industrie qui subit des contractions. On est dans un mode de négociations qui s’inscrit dans un renouvellement de convention collective. Et on ne demande pas de baisse salariale aux employés. On veut augmenter le salaire des gens qui commencent, car on a de la misère à recruter.»

M. Loubier rappelle que le secteur de l’impression évolue dans un marché des plus compétitifs. Il affirme qu’aucun dividende n’est versé aux propriétaires qui réinvestissent dans leurs installations et dans des acquisitions.

«On ne peut se permettre de monter nos prix de 10 % parce qu’on veut payer plus nos employés. Et ce n’est pas juste les employés qui ont fait des efforts. L’effort, on l’a fait ensemble. On a mis tout ce qu’on avait accumulé dans ce projet et on a décidé de prendre une chance pour sauver l’usine de Louiseville. Et on avait soumis notre dossier au Fonds de solidarité de la FTQ qui a refusé de nous prêter de l’argent parce que c’était trop risqué. Je trouve ça culotté que le même syndicat (Unifor est affilié à la Fédération des travailleurs du Québec) nous demande un rattrapage», observe M. Loubier, qui affirme que l’achat de Webcom plus tôt cet automne, une usine qui possède des presses semblables à celles de Louiseville, n’a pas été faite dans l’optique de transférer les activités de Louiseville vers l’Ontario.

Même s’il dit avoir accueilli froidement ce vote pour un mandat de grève, Serge Loubier croit que les deux parties vont parvenir à s’entendre afin de «bâtir quelque chose qui a une pérennité». Le vœu est le même du côté du syndicat.

«Notre but n’est pas d’avoir un conflit de travail, mais d’avoir une entente négociée», dit Daniel St-Pierre.

D’ailleurs, les deux parties mentionnent que l’ambiance autour de la table de négociations est cordiale, les discussions ayant progressé sur le plan normatif.

La direction et le syndicat se retrouveront vendredi en présence du conciliateur.

La convention collective est arrivée à échéance en juin dernier.