Le président de Marmen Patrick Pellerin a fait visiter les installations de son entreprise au ministre et député de Saint-Maurice-Champlain, François-Philippe Champagne.

Marmen en confiance pour le futur

TROIS-RIVIÈRES — Si la conclusion du nouvel accord de libre-échange États-Unis-Mexique-Canada (AEUMC) n’a pas fait le bonheur de certaines personnes au Québec, dont plusieurs agriculteurs, force est de constater que certains entrepreneurs et PME de la région en tireront un bon profit. C’est du moins le message que la haute direction de Marmen a tenu à lancer lundi, alors qu’elle recevait la visite du ministre François-Philippe Champagne.

Pour l’entreprise trifluvienne qui emploie près de 1000 personnes à Trois-Rivières et 200 de plus à Matane, le nouvel accord de libre-échange signifie tout simplement la fin de l’incertitude pour bien des contrats, puisqu’elle est désormais confiante qu’aucun tarif ne lui sera exigé aux frontières afin de pouvoir continuer les exportations. Chez Marmen, c’est plus de 95 % de la fabrication qui prend le chemin des États-Unis. «On sait que le gouvernement canadien a dû négocier avec un client pas facile. On est conscient qu’il y a des gens au Québec qui ne sont pas satisfaits. Mais nous, on considère que le gouvernement s’en est très bien tiré», résume Patrick Pellerin, président de Marmen, qui se spécialise, rappelons-le, dans les services d’usinage, de fabrication et d’assemblage mécanique pour divers secteurs d’activités, dont l’énergie éolienne, l’hydroélectricité et le secteur minier pour ne nommer que ceux-là.

Pour Marmen, le développement de nouveaux marchés et les négociations avec de futurs clients ou des clients actuels pour de nouveaux contrats étaient incertains, dans l’attente de la conclusion des négociations entourant cet accord. La ratification prochaine de l’entente devrait donc consolider les activités de l’entreprise et lui permettre de développer ses marchés pour l’avenir.

«Avoir accès au marché américain sans aucun tarif est absolument essentiel. C’est une question de survie. L’accord vient consolider et ça enlève énormément d’incertitude. Si les gens voyaient ce qu’on fait à l’intérieur de la compagnie, la diversité des contrats, des clients, des marchés, on réussit à maintenir et accroître nos activités. Ce qu’on fait est très différent d’année en année. Mais dans une perspective où il pourrait y avoir des tarifs, tous ces développements futurs sont extrêmement difficiles à faire», mentionne Patrick Pellerin.

Le ministre de l’Infrastructure et des Collectivités, François-Philippe Champagne, a profité de son passage chez Marmen pour non seulement rencontrer les employés, mais également discuter avec le président des perspectives d’avenir qui s’ouvrent maintenant à son entreprise. «On sait que chez nous, cet accord-là a permis d’avoir des perspectives stables et prévisibles pour les entreprises comme Marmen. Au Québec, ce sont plus de 70 % des exportations qui vont vers les États-Unis, plus de 60 milliards de dollars. Quand on regarde ça, qu’on ramène ça à la Mauricie, c’est plus de 90 %. Ce qui est important, c’est de voir le nombre de centaines de milliers d’emplois au Québec qui dépendent de l’accès préférentiel au marché américain et qu’on a réussi à sécuriser», mentionne M. Champagne.

Un tel accord devenait par ailleurs impératif pour les diverses entreprises de la région afin de multiplier les marchés à travers le monde, croit-il. «Avec l’accord de libre-échange avec l’Europe, l’Asie pacifique et maintenant les États-Unis, ce sont des entreprises de chez nous, des PME, qui ont accès à plus de 1,5 milliard de consommateurs à travers le monde, autant du côté de l’Europe, des États-Unis que de l’Asie», ajoute François-Philippe Champagne.

Main-d’œuvre

Au même titre que bien des entreprises de la région et de la province, Marmen doit elle aussi faire face à la problématique de la pénurie de main-d’œuvre. Un problème qui ne pourra se résoudre que par l’immigration, soutient le président Patrick Pellerin.

«On s’en est toujours mieux tiré que n’importe qui dans les 20 dernières années. La pénurie n’a pas commencé hier. Mais il faut être honnête, depuis un an, c’est beaucoup plus difficile. On réussit quand même à embaucher 3 à 4 personnes par semaine, mais c’est certain que la question de l’immigration est fondamentale», souligne-t-il.

D’ailleurs, Marmen vient de procéder à l’embauche de 37 nouveaux employés en Amérique latine, des employés qui feront leur arrivée au Québec d’ici 4 à 6 mois. «On est convaincu qu’une bonne partie de notre avenir en ce qui concerne la croissance de la main-d’œuvre va passer par l’immigration. On a déjà exprimé ces préoccupations aux gens de la CAQ, qui se sont montrés ouverts. Au fédéral aussi. C’est une game qui change complètement», ajoute M. Pellerin.

À ce sujet, le ministre Champagne note que le ministre fédéral de l’Immigration, Ahmed D. Hussen, sera de passage dans la région ce vendredi, non seulement pour rencontrer des étudiants de l’UQTR, mais aussi des entrepreneurs, dont Patrick Pellerin, qui prendront part à une table ronde sur ces différents enjeux.