Marmen compose avec les vents contraires

Trois-Rivières — Même si pour l’instant, Marmen réussit à garder au travail son millier d’employés, le président Patrick Pellerin n’a pas caché à son personnel que la présente crise de la COVID-19 aura des impacts.

«Pour le moment, tout le monde est là, mais on sait qu’on va avoir un impact. On l’a dit à tout le monde, c’est trop gros, trop violent, trop vite. Même quand ça va repartir, on est convaincu qu’il va y avoir des grosses séquelles. On va agir en conséquence», a-t-il confié en entrevue au Nouvelliste.

En d’autres mots, ce ne sera pas «business as usual». «On a rencontré tous nos employés il y a deux semaines, on leur a dit que c’est certain que cette crise économique là allait être plus sévère que toutes les autres qu’on a connues, et c’est certain qu’il y aurait des impacts. Honnêtement, à part peut-être les commerces comme les épiceries et ces genres de commerces là qui voient un boom, c’est certain que tout ce qui est industriel va en subir les conséquences», prédit-il.

«Alors que tout le monde pense que ça va se stabiliser à un moment donné, on n’a aucune idée combien de temps ça va durer, ni aucune idée de l’ampleur. Jusqu’à date, c’est toujours pire chaque semaine. On sait qu’il va y avoir des impacts négatifs, on ne pourra pas passer à côté de ça», renchérit le grand patron de Marmen.

Selon lui, c’était évident dès le départ que le Québec en pause allait durer plus que trois semaines. Mais il se réjouit que son entreprise fasse partie de la liste des secteurs jugés essentiels.

«On était content, mais pas vraiment surpris parce que dans tous les pays du monde, ce qui touche à l’énergie, entre autres, au militaire, c’est toujours considéré comme essentiel. Pour notre usine aux États-Unis, c’est les mêmes critères. Tout le monde est très content d’être encore ouvert», ajoute celui qui n’ose imaginer les conséquences catastrophiques d’une fermeture de plusieurs semaines.

Or, ses clients, tout en étant prudents devant l’incertitude, ne sont pas nécessairement au ralenti, étant tous opérationnels. Par exemple, au lendemain de l’annonce du gouvernement, la Communauté urbaine de Montréal a contacté Marmen pour sa station d’assainissement des eaux, qui est l’une des plus grosses au monde.

«On fait des composantes, on est tout seul au monde qui fait ça, et si jamais eux autres avaient un problème et qu’on ne peut pas les faire, la Ville de Montréal serait dans le trouble», fait remarquer M. Pellerin.

Celui-ci a également reçu des appels de la voie maritime du Saint-Laurent «parce que parfois, on fait des réparations pour eux autres», ainsi que des alumineries et des aciéries.

«On fait de l’équipement dans le secteur de l’énergie. On ne savait pas que pour l’un de nos clients, les composantes qu’on fait vont entre autres pour fournir l’énergie à des genres de mini-centrales, mini power units pour les hôpitaux», se plaît-il à décrire.

Finalement, ce dernier est heureux de voir que tous ses employés sont «très conscients de la problématique sanitaire et très consciencieux».

«À part un de nos employés qui l’avait attrapé en voyage, qui est en quarantaine et qui n’est pas revenu encore, on n’a toujours pas un cas. On se croise les doigts, on a des directives quoi faire lorsqu’on va en avoir un, c’est probable qu’on en ait un. C’est certain qu’on n’embauche plus avec la situation, tout mon département de ressources humaines est à 100 % du temps sur la COVID-19 de façon journalière», a conclu M. Pellerin.