Mario Lamontagne n’oubliera pas de sitôt sa dernière année comme président de la Chambre de commerce et d’industrie de Shawinigan.

Mario Lamontagne quitte la présidence de la CCIS

Shawinigan — La Chambre de commerce et d’industrie de Shawinigan a salué le départ de son président, Mario Lamontagne, lors de l’assemblée générale annuelle présentée au bar Biermans, mercredi soir. L’homme de 40 ans avait accepté une exceptionnelle troisième année de mandat à ce poste pour apporter un peu plus de stabilité à la direction de l’organisme, sans savoir à ce moment que son corps lui réclamerait un meilleur équilibre dans les mois suivants.

Atteint de diabète de type 1 depuis sa tendre enfance, M. Lamontagne a vécu toute une frousse l’été dernier, en raison d’une fuite à un tube de plastique relié à une pompe qu’il doit porter depuis une dizaine d’années. Ainsi, l’insuline injectée ne se rendait pas entièrement dans son corps. Son taux de glycémie augmentait progressivement, mais l’associé chez Deloitte ne reliait pas directement cette mesure au bris de son tube. Pour lui, il s’agissait surtout d’une question de stress qu’il vivait au travail. Une gastro-entérite était venue lui donner une autre explication possible.

«En coupant l’insuline, je suis passé d’une glycémie de 15 ou 20 à 45! Les médecins disent qu’à 25, il y a des possibilités de coma diabétique et à 35, on peut faire un arrêt cardiorespiratoire. À l’hôpital, le médecin ne comprenait même pas comment je pouvais lui parler. J’ai passé trois jours aux soins intensifs, pour revenir progressivement à un taux normal.»

Toujours à court d’énergie, M. Lamontagne voit son médecin lui signer un arrêt de travail le 23 septembre. Pendant environ un mois, il essaie de se convaincre qu’il peut tout de même poursuivre ses activités normales. Mais comme il l’affirme aujourd’hui, le corps ne suivait plus la tête.

«En novembre, j’ai vraiment fermé les livres», raconte-t-il. «Mais à la maison, j’avais envie de bouger. Je mangeais les murs, alors j’ai commencé à m’entraîner. Parallèlement, je me suis aussi occupé très sérieusement de mon diabète. Ça m’a pris un mois à reprendre le contrôle. La première fois que je suis sorti pour courir, j’ai fait 300 mètres et j’étais essoufflé! Ça m’a pris douze minutes pour faire un kilomètre autour de mon quartier. Aujourd’hui, je fais ça en cinq minutes.»

Tant qu’à faire le ménage, M. Lamontagne s’est arrêté pour se demander quelles devaient être ses priorités dans sa vie. Surnommé «la machine» par ses proches, il avoue que son indicateur d’intensité atteignait toujours le maximum dans tout ce qu’il entreprenait, surtout dans ses implications sociales et dans son travail. Avec une conjointe et trois jeunes enfants, sa vie de famille en subissait les contrecoups.

Voilà pourquoi la quête d’équilibre est devenue un nouveau leitmotiv.

«Je changeais mon corps et mon diabète, mais je suis venu à me demander pourquoi je m’étais épuisé», raconte-t-il. «C’était peut-être une question de valeurs et de choix. Ça a été une prise de conscience difficile.»

«J’ai commencé à rencontrer un psychologue du travail, qui m’a fait prendre conscience de mes mécanismes, pourquoi je réagissais de telle façon dans telle situation. Une fois qu’on comprend les mécanismes, on peut enlever ceux qui sont plus nocifs.»

Des périodes de relaxation et des exercices de respiration meublent maintenant son quotidien. «Je dois être dans le moment présent», résume-t-il. «Nous avons travaillé sur le contrôle des priorités et le contrôle du stress. Je trouve que c’est une belle croissance personnelle. J’ai l’impression d’être à l’université de l’utilisation des émotions! Maudit que j’aurais aimé apprendre ça à vingt ans. Je suis plus à l’écoute de comment je me sens pour prendre de bonnes décisions.»

M. Lamontagne retournera au travail le 13 mai. À la Chambre de commerce et d’industrie de Shawinigan, il agira dorénavant à titre de président sortant. Il n’avait participé à aucune activité de l’organisme depuis le Gala Distinction Desjardins, le 2 novembre, avant le déjeuner avec le ministre François-Philippe Champagne et l’assemblée générale annuelle, mercredi dernier.

Stéphane Gignac, propriétaire de Gignac Offset et des Étiquettes Unik, est devenu le nouveau président de la CCIS. Il sera épaulé par Indira Moudi (1re vice-présidente), Cédrick Marchand (2e vice-président) et Rémy Gélinas (secrétaire - trésorier).

Le conseil d’administration de la prochaine année est complété par Geneviève Trudel, Donald Angers, Frédéric Laflamme, Mylen Pellerin, Julie Lefebvre et Philippe Heinly.