Plusieurs dignitaires ont assisté à la conférence du ministre des Transports, Marc Garneau, dont le député de Trois-Rivières, Robert Aubin, échangeant avec le nouveau ministre François-Philippe Champagne.

Marc Garneau sensibilisé aux dossiers de la Mauricie

Selon le ministre fédéral des Transports, Marc Garneau, le rapport de l'étude sur un éventuel service ferroviaire à grande fréquence entre Québec et Windsor est attendu cette année.
«Nous en examinons le potentiel et nous avons prévu 3,3 millions de dollars dans le budget de 2016 pour en étudier la viabilité», a-t-il indiqué vendredi lors de sa conférence devant les membres de la Chambre de commerce et d'industries de Trois-Rivières.
En marge de l'événement, l'invité du jour a néanmoins avoué qu'il s'agissait d'un projet ambitieux. «Il faut vérifier les coûts et les projections du nombre de passagers car cela implique des investissements considérables», a confié celui qui dit utiliser régulièrement le train dans ses déplacements.
Favorable à tout ce qui permet de diminuer le nombre d'automobiles sur les routes, M. Garneau a abordé cette question en traitant de l'un des piliers de son plan stratégique Transports 2030: «accroître l'efficacité de nos corridors de commerce en investissant dans l'infrastructure».
«L'automne dernier, nous avons annoncé que nous investirons 10,1 milliards de dollars sur onze ans dans les infrastructures de transport pour améliorer nos ports, nos voies navigables, notre réseau ferroviaire, nos aéroports, nos routes, nos ponts et nos postes frontaliers», a-t-il rappelé.
Pour le président de la Chambre trifluvienne, Pierre Mercier, le projet de train à grande fréquence sur la rive nord du Saint-Laurent demeure un incontournable pour la région. «Cela vise à fournir un accès plus rapide à Trois-Rivières, la rendant par le fait même plus attrayante pour les entreprises qui voudraient venir s'installer dans la région, en leur offrant, outre les avantages habituels, une mobilité de la main-d'oeuvre accrue», a-t-il lancé comme message lors du dîner.
Présent, le député fédéral de Trois-Rivières, Robert Aubin, trouve que le ministre se montre encore flou quant à l'échéance autour de l'étude sur le train à grande fréquence. «J'ai l'impression que le projet est retardé en attendant que le gouvernement annonce la banque privée d'infrastructures», avance-t-il.
Pour le porte-parole néodémocrate en matière de Transports, il faudra arrimer ce projet avec celui du REM à Montréal «parce que dans ce corridor Québec-Windsor, initialement, le projet de Via Rail passait par le même tunnel en-dessous du Mont-Royal où présentement le REM réclame l'exclusivité du tunnel».
Selon lui, le prochain budget fédéral permettra de savoir si des crédits seront accordés au train à grande fréquence. Or, pour le maire de Trois-Rivières, Yves Lévesque, «les astres sont alignés pour 2017». En coulisse, on avance même des scénarios de gare qui pourrait se retrouver, entre autres, au District 55.
À la suite de sa rencontre avec le ministre des Transports, le premier magistrat se montre moins enthousiaste sur les perspectives de développer ses installations aéroportuaires, revendiquant un programme de subvention spécifique aux aéroports régionaux. «On est entre l'arbre et l'écorce», a-t-il fait savoir en entrevue.
Même s'il dit comprendre les aspirations de la Ville pour des vols nolisés, M. Garneau a fait allusion à la question de la sécurité des passagers qui doit être vérifiée et dont les coûts doivent être assumés localement.
«Les aéroports régionaux, comme celui de Trois-Rivières, font partie intégrante de notre réseau, tout comme ceux des grands centres comme Montréal et Vancouver. Qu'il s'agisse de rendre visite à nos amis ou à notre famille, de nous déplacer pour aller passer des examens médicaux ou de transporter des marchandises vers les marchés, nous comptons toujours sur nos aéroports régionaux», a pourtant soutenu le conférencier invité.
«En 2015, il y a eu près de 20 000 allées et venues d'aéronefs à l'aéroport de Trois-Rivières. L'industrie aéronautique connaît une belle croissance en Mauricie, et l'aéroport de Trois-Rivières y est pour beaucoup. Les responsables de l'aéroport que je viens de rencontrer me l'ont confirmé», a-t-il renchéri.
En fait, plusieurs entreprises locales génèrent de bons emplois dans le secteur, a-t-il tenu à indique. «Je pense entre autres à Premier Aviation, qui a d'ailleurs reçu l'aide du gouvernement fédéral. Premier Aviation a récemment signé un contrat avec la compagnie de New York, JetBlue, pour la maintenance et la réparation de ses aéronefs. Toute la peinture des aéronefs de JetBlue se fera ici même à Trois-Rivières», a fièrement mentionné le ministre Garneau.
Finalement, ce dernier n'a pas manqué d'affirmer que le port trifluvien est l'un des plus grands de l'Est du Canada. L'été dernier, son gouvernement a appuyé le projet de prolongement du quai 10. Pour la construction d'un terminal multifonctionnel, le fédéral a prévu fournir jusqu'à 16,2 millions $. «Nous faisons du Canada un pays compétitif pour le 21e siècle et le rôle du port de Trois-Rivières est important», a-t-il conclu.