Manifestation des syndiqués d’ABI

Bécancour — À la rue depuis le 11 janvier dernier, les lockoutés de l’Aluminerie de Bécancour se feront entendre en marge du débat des chefs, jeudi, à Montréal, devant la Maison de Radio-Canada. Ils souhaitent que les leaders politiques s’impliquent davantage pour dénouer l’impasse dans les négociations avec les multinationales de l’aluminium Alcoa et Rio Tinto.

Les Métallos dénoncent également le contrat avec l’ABI «qui permet aux multinationales de refiler la facture de leur lock-out aux Québécois et Québécoises».

Selon le syndicat, le lock-out représente à ce jour un manque à gagner de 148 millions de dollars dans les coffres d’Hydro-Québec «et donc dans les poches de tous les Québécois et toutes les Québécoises». C’est que l’aluminerie invoque le cas de force majeure pour se soustraire à ses obligations et ne pas acheter l’ensemble du bloc d’électricité qui lui est réservé.

De plus, la même clause de force majeure lui permet d’échapper à une amende de l’ordre de 42 millions de dollars, qu’elle aurait normalement dû payer en fonction de la réduction de sa production.

«Voilà plus de huit mois que le conflit dure. Les contrats biaisés avec le gouvernement du Québec viennent déséquilibrer les rapports de force entre la compagnie et les lockoutés. Nous sommes pris en otage, toute la région de la Mauricie et du Centre-du-Québec en souffre et l’ensemble des Québécois se retrouve à payer la note. Le prochain premier ministre doit s’en mêler pour rétablir l’équilibre. Cet enjeu concerne tous les futurs élus de l’Assemblée nationale», a déclaré le président de la section locale 9700, représentant les 1030 lockoutés d’ABI, Clément Masse.