Nicolas Boivin, professeur au département des sciences comptables à l'UQTR.

L'UQTR bâtit un outil pédagogique en éducation financière

Bien connus pour leurs CLOM (cours en ligne ouverts aux masses) sur la littératie financière et fiscale qui ont été suivis par des milliers de personnes au Québec, les professeurs Nicolas Boivin et Nicolas Lemelin de l'Université du Québec à Trois-Rivières avaient à coeur de créer aussi un outil gratuit numérique dont les enseignants de cinquième secondaire pourraient se servir dans le nouveau programme d'éducation financière qui sera obligatoire dans les écoles, dès septembre.
Leur objectif est finalement atteint puisqu'à la suite de contacts avec les gens du ministère de l'Éducation, les deux professeurs verront leur matériel être utilisé dès la rentrée 2017 pour former les jeunes finissants aux rouages des finances personnelles, une formation qui était absente des écoles depuis une dizaine d'années environ, rappelle le professeur Boivin.
«On s'est fait mettre en contact avec des fonctionnaires du ministère de l'Éducation qui ne savaient même pas qu'on travaillait sur ce projet-là. Ils avaient en tête de développer un projet similaire», dit-il.
«Ça ne pouvait pas mieux tomber», reconnaît le chercheur car «ce n'est pas facile d'accéder à ce monde-là. Il faut se rendre dans des congrès de commissions scolaires et rencontrer des conseillers pédagogiques. Mais en étant en collaboration avec des gens du ministère, on a toutes nos entrées», se réjouit-il.
L'approche développée par l'UQTR avec le ministère sera similaire à celle des CLOM, mais adaptée à la réalité des jeunes. 
On y verra des capsules vidéo et une approche plus ludique sera employée pour «susciter l'intérêt d'un jeune de 16 ans qui ne connaît rien, qui ne sait pas c'est quoi une carte de crédit et qui va prochainement se procurer un abonnement de téléphone cellulaire à grands frais», résume le professeur Boivin. 
L'idée sera notamment «de le faire réfléchir sur les meilleures décisions», ajoute-t-il. 
Ce cours sera de 50 heures et il y a donc beaucoup de matériel pédagogique à développer.
 La liste des connaissances couvertes par le cours n'a été publiée qu'il y a un an. «Par manque de temps, on ne pouvait faire tout le matériel pédagogique d'un coup», dit-il. La seconde moitié du matériel pédagogique devrait toutefois être disponible pour les enseignants dès la rentrée 2018.
Historiquement, explique le chercheur, ce n'est pas le ministère qui développe le matériel pédagogique comme tel, mais des maisons d'édition scolaires. 
«Le rôle du ministère est de publier la liste des connaissances qui doivent être couvertes dans ce cours-là puis ils l'envoient dans les maisons d'édition qui se trouvent des auteurs, produisent des livres et les vendent aux commissions scolaires», explique-t-il.
Le professeur Boivin se dit très fier de cette réalisation car «ce sont ces jeunes qui en ont le plus de besoin et qui sont les plus vulnérables, ces temps-ci», plaide-t-il.
On peut dire, en effet, qu'une majorité de jeunes de 16 à 26 ans «n'ont jamais entendu parler de finances dans toute leur formation, à moins d'être allés en finances à l'université», résume-t-il.
«Ça fait les dégâts que ça fait», constate-t-il. «Ces gens-là sont lancés dans un monde de consommation où il y a plein de propositions. Ils ne sont pas outillés», explique-t-il. Avec cette formation, «ils vont avoir un minimum d'autodéfense.»