La propriétaire de l’Auberge Gouverneur de Shawinigan, Sonia Tremblay, a réservé un bel hommage à son ex-partenaire d’affaires, Louis Beaudoin, qui apparaît ici en compagnie de son épouse, Constance Boucher-Beaudoin.

Louis Beaudoin sort de l’ombre

SHAWINIGAN — Après une vie passée plutôt en retrait malgré un rôle important dans la communauté d’affaires de Shawinigan, Louis Beaudoin a dû se soumettre à la lumière des projecteurs, en fin de matinée jeudi, lorsqu’il a été honoré par l’Auberge Gouverneur, l’établissement hôtelier qu’il avait sauvé de justesse en 2001. Dorénavant, son nom sera accolé au foyer du centre des congrès.

Devenue unique actionnaire de l’Auberge Gouverneur en 2015, Sonia Tremblay a su très rapidement qu’elle rendrait un jour cet hommage à ce pionnier peu connu du grand public. Non seulement l’implication de M. Beaudoin a-t-elle assuré l’avenir de cet établissement hôtelier au point d’y avoir attiré la bannière Pacini en 2016, mais l’homme d’affaires a également ouvert le magasin Canadian Tire, la Rôtisserie Saint-Hubert, tout en s’impliquant très activement avec les Dynamos et les Cataractes entre 1974 et 1994.

Il a aussi participé à de nombreuses campagnes de financement, en plus d’accorder des montants substantiels à diverses causes, particulièrement à la Fondation de la santé et des services sociaux de l’Énergie. M. Beaudoin agissait à titre de président d’honneur lors des festivités entourant le 100e anniversaire de Shawinigan, en 2001.

«Le jour où je lui ai fait un chèque pour acheter sa partie (de l’Auberge Gouverneur), je savais qu’à la rénovation du centre de congrès, le foyer se nommerait Louis Beaudoin», confie Mme Tremblay. «C’est un homme qui m’a mise au monde, qui m’a aidée. Il y a un respect incroyable entre lui et moi. Il fallait que je prenne le temps de l’immortaliser.»

«La population de Shawinigan et de la région doit beaucoup à cet homme dont la force et le dynamisme n’ont d’égal que sa grande modestie.»

La femme d’affaires n’est pas parvenue à dissimuler ses émotions au moment de rendre cet hommage à son mentor. M. Beaudoin ignorait d’ailleurs qu’il deviendrait le centre d’attention jeudi matin. Il avait même un rendez-vous à Trois-Rivières une heure et demie avant la cérémonie!

«Je n’étais pas du tout au courant», sourit-il. Questionné à savoir comment il avait reçu ces témoignages, sa gorge s’est nouée un peu.

«Écoutez... Je me suis retenu pour ne pas brailler! Je suis originaire de Ville LaSalle. Je suis arrivé à Shawinigan en 1970. J’ai laissé un poste de gérant de banque pour la Toronto-Dominion pour m’en venir en affaires à Shawinigan sans savoir comment ça se passerait.»

M. Beaudoin estime tout à fait naturel de s’impliquer quand la population encourage les gens d’affaires locaux.

«Il faut remettre à la communauté les succès qu’on a», suggère-t-il. «Si je n’avais pas eu de Canadian Tire, je n’aurais pas été impliqué avec Saint-Hubert et les autres.»

Le député de Saint-Maurice, Pierre Giguère et le maire de Shawinigan, Michel Angers, tenaient à participer à ce concert de louanges envers celui qui profite maintenant de sa retraite.

«Je suis agriculteur», rappelle le député. «Pendant toute votre vie, M. Beaudoin, vous avez ensemencé. Aujourd’hui, il y a une super belle récolte à Shawinigan.»

«Nous avons connu des années très prospères, mais aussi des moments de grandes difficultés qui font en sorte qu’un certain nombre de personnes ont décidé de déserter la région pour aller vers des cieux plus cléments, à Montréal ou à Québec», relate M. Angers. «Ça a été tout à fait l’inverse avec M. Beaudoin. Il a décidé de venir investir à Shawinigan parce qu’il y a cru. Il est arrivé au cœur de difficultés importantes. Ça aurait été facile de quitter le bateau vers des endroits plus prospères, mais ce n’est pas de cette façon qu’il a décidé d’agir.»

Investissement
La dénomination du Foyer Louis-Beaudoin constituait le moment fort d’une annonce qui visait également à dévoiler un investissement de 150 000 $ à l’Auberge Gouverneur. En plus du foyer du centre des congrès, quelques chambres de l’hôtel et la piscine ont aussi reçu l’attention de la propriétaire.

M. Beaudoin a d’ailleurs tenu à retourner l’ascenseur à Sonia Tremblay pour expliquer la croissance de cet établissement au cours des dernières années.

«Si elle n’avait pas été là, je ne me serais pas impliqué là-dedans», confie-t-il. «Je savais que ça prendrait un certain temps, mais que ça deviendrait un succès. Moi, j’ai très peu travaillé ici. Les succès de l’Auberge Gouverneur, c’est Mme Tremblay.»