Lock-out à l’ABI: Alcoa réplique au syndicat

MONTRÉAL - Alcoa estime qu’il est possible de mettre fin au lock-out qui perdure depuis 11 mois à l’Aluminerie de Bécancour (ABI) sans que les réductions de main-d’oeuvre proposées ne se traduisent par des licenciements.

Ces objectifs seraient atteints «seulement» grâce à des départs volontaires à la retraite, a expliqué l’employeur, jeudi, réfutant au passage les allégations syndicales selon lesquelles l’impasse est attribuable aux tarifs d’électricité à Bécancour.

Par voie de communiqué, Alcoa a exprimé sa déception à l’endroit du syndicat des Métallos, qui, selon l’entreprise, a refusé de discuter des propositions écrites le 3 octobre dernier, quelques jours avant la suspension des négociations.

La société américaine affirme que des données internes démontrent qu’il existe des moyens précis pour améliorer la productivité de l’aluminerie et que ces solutions ont été présentées à maintes reprises.

Mercredi, les Métallos ont énuméré une série de reproches à l’endroit d’Alcoa, affirmant que les 1030 employés en lock-out n’avaient pas à payer pour l’incapacité de l’entreprise à négocier de bons tarifs d’électricité avec Québec.

Citant une étude de la firme Commodities Research Unit (CRU), le syndicat fait valoir que chaque tonne d’aluminium produite chez ABI est accompagnée d’une facture de coûts de main-d’oeuvre de 142,90 $, soit la plus basse parmi toutes les installations nord-américaines d’Alcoa. En comparaison, le coût de main-d’oeuvre par tonne serait de 145,30 $ à l’usine de Deschambault et de 157,60 $ du côté de l’aluminerie de Baie-Comeau.

Il en va toutefois autrement en ce qui a trait aux coûts énergétiques, qui, selon CRU, seraient de 406,90 $ pour chaque tonne produite à Bécancour, par rapport à 325 $ à Deschambault et 273,40 $ à Baie-Comeau.

L’Aluminerie de Bécancour est la propriété à 75 pour cent d’Alcoa et à 25 pour cent de Rio Tinto.