David Gélinas, vice-président du fabricant de matelas Zedbed.
David Gélinas, vice-président du fabricant de matelas Zedbed.

Lit ajustable de qualité médicale créé par Zedbed: une bonne idée pour une prochaine fois

Shawinigan — Les périodes de crise servent parfois de tremplin à l’innovation. À la fin avril, le fabricant de matelas et de lits Kingsdown et sa filiale Zedbed annonçaient la création d’un nouveau concept pour appuyer le système de santé. Même si l’offre a suscité peu d’intérêt, la division shawiniganaise croit qu’elle pourra en retirer des dividendes à plus long terme.

Happées comme la majorité des entreprises par la COVID-19, Kingsdown et Zedbed ont rapidement développé un lit ajustable de qualité médicale pour les ressources de santé. L’expertise de Zedbed dans le secteur résidentiel a servi de base pour ce nouveau concept.

«Nous l’avons adapté pour faire une version plus médicale, sans que ce soit un lit identique à ce qu’on retrouve dans les hôpitaux, qui sont beaucoup plus avancés sur le plan technologique», explique David Gélinas, vice-président de Zedbed.

«Nous voulions lancer un produit qui pourrait rapidement être utilisé dans certaines situations, comme les gens qui sont sur des civières à l’urgence. Nous voulions offrir une option supplémentaire aux hôpitaux, aux CHSLD.»

Il faut se rappeler qu’au début de la crise, l’accès aux lits constituait une préoccupation pour les gouvernements. Même qu’aux États-Unis et plus précisément à New York, le vase a débordé.

«Dans le marché américain, des villes mettaient en place des zones temporaires, sur des terrains de football ou dans les cours d’hôpitaux», souligne M. Gélinas. «Ces lits n’étaient pas toujours conventionnels. Nous voulions donc trouver un lit qui remplirait rapidement certains besoins.»

Ce nouveau modèle, identifié sous l’appellation Care Xpress, reprend les mêmes caractéristiques que le lit résidentiel ajustable, auquel des barrières de sécurité latérales sont toutefois ajoutées. Le matelas est composé de mousse traitée et recouvert d’une housse en vinyle médical, avec des propriétés antibactériennes et antifongiques.

En période de pause économique, il s’agissait d’une belle opportunité pour rappeler des gens aux travail, fait aussi remarquer le vice-président.

Or, ces nobles intentions n’ont toutefois pas trouvé preneur. «Malheureusement, la demande n’a pas été au rendez-vous», reconnaît M. Gélinas. «Au Québec, le problème n’a jamais été le manque de lits! C’était plutôt un problème de main-d’œuvre, dans les hôpitaux et surtout dans les CHSLD. Même pour les matelas, il n’y a pas eu de commandes importantes.»

Le marché américain offrait certes des perspectives intéressantes, mais les fabricants locaux pouvaient répondre à la demande.

Le vice-président de Zedbed demeure convaincu que ce nouveau modèle finira par trouver sa niche. «Ça nous permet quand même d’ajouter un produit à notre gamme qui pourra être offert après la crise», réfléchit M. Gélinas. «Peut-être pas aux hôpitaux, mais les CHSLD, les résidences privées et celles qui reçoivent des gens en perte d’autonomie recherchent ce type de produit.»

«Les gens dans les résidences ne veulent pas se sentir comme à l’hôpital», ajoute-t-il. «Notre lit s’agence bien au décor, en n’étant pas trop massif. En plus, cette période nous a permis d’entrer en contact avec plusieurs acteurs du milieu de la santé pour leur proposer notre produit.»

Pour le reste, la pause économique décrétée par le gouvernement du Québec le 23 mars a interrompu la production de matelas à Shawinigan. «Tous les distributeurs dans la vente de détail ont fermé, donc on s’est retrouvé avec un arrêt de commandes», résume M. Gélinas. «Nous avons dû mettre à pied nos employés temporairement, le temps de retomber sur nos pattes.»

Le regroupement de plusieurs entreprises de la Mauricie pour fabriquer des jaquettes et des blouses médicales a permis à Zedbed de rappeler des employés. Le développement des lits Care Xpress a également occupé un peu la précieuse main-d’œuvre. «C’est sûr que ça a été difficile, parce qu’il n’y a pas une entreprise qui est organisée pour faire face à une diminution aussi rapide de ses commandes», fait remarquer M. Gélinas.

Les affaires reprennent lentement, mais la réouverture des commerces à Montréal, le 25 mai, constituera une étape significative, puisqu’il s’agit d’un marché important pour Zedbed. Au moins, les dernières semaines auront permis un retour progressif du personnel dans un nouvel environnement. «Ça permet à nos employés de réapprivoiser leur poste de travail et de s’habituer aux mesures de santé et sécurité que nous avons mises en place», fait remarquer M. Gélinas.

À pleine capacité, Zedbed emploie 43 personnes à Shawinigan.