L’innovation comme moteur de relance en Mauricie

Marc Rochette
Marc Rochette
Le Nouvelliste
Trois-Rivières - «L’innovation est un sujet qui prend d’autant plus d’importance dans ces derniers temps.» Voilà comment la présidente de QuébecInnove, Isabelle Foisy, a mis la table, mardi, au webinaire organisé par la Chambre de commerce et d’industries de Trois-Rivières pour parler d’innovation et de son rôle clé pour la relance économique en Mauricie.

Selon une grande enquête Léger menée auprès de plus de 700 dirigeants de PME cet automne, leur chiffre d’affaires a connu une baisse de 4,5 % au niveau national en raison de la crise, mais seulement de 2,9 % en Mauricie.

Et si au plan provincial, l’innovation est restée stable à 57 % depuis l’an dernier, pas moins de 66 % des PME mauriciennes ont développé un projet d’innovation malgré la pandémie.

Si en 2019 les PME de la Mauricie ont investi 2,9 % de leur chiffre d’affaires en recherche et développement et innovation, ce taux est passé à 3,6 % cette année. Et 53 % des PME de la région ont accéléré des projets en numération tandis que 55 % d’entre elles ont développé des pratiques plus écoresponsables.

«On constate que la main-d’œuvre reste un défi constant dans la région et l’année dernière, une PME sur deux n’a pas investi en innovation», rapporte Mme Foisy.

Selon elle, l’innovation leur permettra justement d’attirer ou de retenir la main-d’œuvre, augmenter en productivité, réduire les coûts de protection et développer de nouveaux marchés.

Accélération des projets de numérisation, évolution des modèles d’affaires, développement de pratiques d’affaires plus écoresponsables et intégration de composantes locales dans la chaîne d’approvisionnement: voilà ce que la crise aura provoqué au sein des entreprises.

«Chez QuébecInnove, on aiguille les entreprises qui ont des projets d’innovation vers les meilleurs experts et les meilleurs financements. Pour innover, il faut savoir naviguer dans l’écosystème de l’innovation, avoir des bons contacts, savoir où cogner et utiliser les bons effets levier. Ce n’est pas toujours simple. Au Québec, on compte plus de 1300 organismes publics ou privés qui gravitent autour des entreprises et plus de 280 programmes», a-t-elle souligné.

«On met en relation les entrepreneurs avec nos chercheurs et différents autres partenaires au besoin. On travaille à faire croître la culture de l’innovation au Québec. L’innovation, c’est en réponse à une menace ou pour saisir des opportunités», renchérit Mme Foisy.

Produits, procédés, mise en marché et organisationnelle: voilà les quatre types d’innovation. «Dans le contexte de la crise économique qu’on vit, comment on s’adapte à la nouvelle réalité? On a vu des PME dans les derniers mois qui ont complètement changé leur chaîne de production. C’est vraiment un pourcentage élevé d’entreprises qui ont changé leur modèle d’affaires dans le cadre de la pandémie», a-t-elle observé.

D’ailleurs, la présidente de Baril manufacturier, Marie-Eve Baril, a témoigné de l’importance de s’adapter aux nouvelles tendances dans le domaine de la robinetterie.

«Il faut être au minimum aussi bon que le meilleur et amène-moi ça ailleurs. C’est notre motto tous les jours. On est vraiment dans le mode faire mieux», a-t-elle indiqué.

Pour sa part, Alain Lemieux, associé et vice-président Développement stratégique et acquisitions chez Noovelia, soutient que la culture d’innovation, «c’est absolument notre ADN chez nous».

«Il faut changer la façon de penser. Il faut vouloir se propulser dans l’avenir avec des idées différentes. Juste la COVID nous challenge tout le monde. Ce n’est pas le plus gros ou le plus fort qui passe au travers, c’est celui qui sait s’adapter. QuébecInnove est un bon partenaire. C’est dans la différence qu’on se démarque», lance celui qui prévoit une croissance de 47 % en 2021.

Entre autres, ce dernier a développé le Kencee, «un genre de GPS à l’intérieur de l’usine» en collaboration avec le C2T3. «Les PME font appel à nos services afin d’accélérer leur projet de développement de nouveaux produits, notamment dans les domaines des télécommunications sans fil», a conclu le directeur général du C2T3, Jean-François Viens.