L'industrie automobile s'intéresse à l'asclépiade.

L'industrie automobile s'intéresse à l'asclépiade

Le développement de la culture de l'asclépiade est grandissant dans la région et les besoins en approvisionnement de cette soie pourraient être très grands dans le futur, à tel point que même l'industrie automobile s'intéresse au soyer du Québec.
«C'était un peu une surprise», a lancé d'entrée de jeu Daniel Allard, président de la Coopérative Monark, la coopérative des producteurs d'asclépiade.
C'est une firme internationale, dont le siège social est aux États-Unis, qui a contacté la Coopérative. Ces gens font des produits qui s'intègrent aux voitures qui doivent être le plus léger possible. 
«Ils m'ont appelé pour savoir si c'était vrai que les agriculteurs du Québec avaient réussi à mettre l'asclépiade en culture. Ces gens-là sont très intéressés, mais ceci dit, entre être intéressé et tout acheter nos récoltes d'un seul coup, il y a une marge», note M. Allard.
Pour l'instant, ce sont les gens de cette firme qui travaillent au développement d'un produit. 
«Ce que je connais de leurs opérations, c'est qu'ils doivent alléger les composants des automobiles. [...] Il y a beaucoup de travail d'allégement qui s'est fait dans les dernières années, ils en sont rendus à alléger les composants qui font le tableau de bord, les isolants des portes... Je crois que c'est ce marché-là», a souligné le président de la Coopérative Monark.
On sait par ailleurs que ce n'est pas demain la veille que ce sera intégré dans une chaîne de montage. 
On ne se cache toutefois pas que s'il y a de bons résultats, la demande pourrait être très grande. «On va avoir de sérieux problèmes. Il va falloir les fournir. On sait très bien par contre que ce genre de projet là est à long terme. [...] Les premières fois, ils demandent des échantillons pour être capables de l'intégrer pour voir les performances, les capacités», a lancé Daniel Allard.
Rappelons que la soie de l'asclépiade est reconnue aussi pour plusieurs avantages. Produite à partir d'une plante indigène, elle a, entre autres, d'excellentes capacités isolantes et d'absorption. 
Une bonne récolte ?
La récolte devrait débuter dans deux à trois semaines pour les producteurs d'asclépiade de la région.
«On semble avoir des follicules de bonnes dimensions qui vont permettre une cueillette de qualité. [...] C'est seulement lorsqu'on aura fait nos récoltes, qu'on pourra mesurer combien on en a et notre rendement», note M. Allard.
Le stress relié à la récolte est toutefois encore bien présent. C'est qu'on se prépare à utiliser une nouvelle récolteuse adaptée à la culture de la soie d'Amérique. 
Dans les champs cultivés, on pense être en mesure d'assurer sept ou huit récoltes avant de devoir rajeunir les champs.
«Rajeunir, ça ne veut pas dire reprendre à zéro. Ça veut dire trouver d'ici à ce temps-là, parce que personne n'est rendu là, des solutions pour être capable de partir de nouveaux plans mères à partir des racines qui y sont déjà. On y travaille. On a des parcelles qui en sont à leur cinquième année. Plus ça avance, plus on est capable de voir comment ça va réagir. Les parcelles qu'on a augmentent toujours leur rendement. On souhaite que ça dure le plus longtemps possible», a lancé Daniel Allard.
Des monarques en quantité
La population de papillons monarques serait en chute libre selon plusieurs experts et on se penche de plus en plus sur sa sauvegarde. Le monarque et l'asclépiade sont indissociables.
«Ici, on est envahi par les papillons et ça, c'est ma paye. Quand tu es obligé de ralentir dans un champ pour ne pas affecter les papillons, ça fait quelque chose en dedans qui est difficile à décrire. On se dit que cette bibitte-là qui était en voie de disparition, chez nous en Mauricie elle nous envahit. C'est un heureux problème», a conclu M. Allard.