Avec la transaction qui a fait passer la librairie Poirier dans les mains de la Société Saint-Jean-Baptiste de la Mauricie, la librairie sera dirigée par ces personnes: (de gauche à droite) Guy Rousseau, directeur général de la SSJB Mauricie, Frédérica Skierkowski, gérante de la librairie et Roger Kemp, président du conseil d'administration de la SSJB Mauricie.

Librairie Poirier: la SSJB gardera le cap

C'est dans une atmosphère empreinte de bonne humeur que la direction de la Société Saint-Jean-Baptiste de la Mauricie a rencontré médias et partenaires mercredi matin pour commenter leur achat de la librairie Poirier et préciser les orientations du commerce sous leur gouverne.
André Poirier
Le directeur général de la SSJB Mauricie Guy Rousseau a notamment précisé qu'on ne procédera à aucune modification substantielle ni du mode de fonctionnement ni des orientations de l'entreprise.
Ainsi, on conservera intégralement l'équipe de 17 employés qui sont au service de la librairie Poirier à l'heure actuelle et c'est Frédérica Skierkowski qui assurera la gérance, elle qui assumait déjà ce type de responsabilités pour l'inventaire, les achats et un peu aussi avec le personnel. C'est Guy Rousseau qui supervisera la gestion de la librairie pour la SSJB.
Ce dernier a soutenu que la librairie continuera de miser sur ce qui fait sa force, à savoir la priorité faite aux livres et aux auteurs en assurant une diversité du choix grâce à un large inventaire tout en misant sur un service à la clientèle hors pair.
Il a également rappelé, à l'instar du président du conseil d'administration de la SSJB Roger Kemp, que le fait de posséder une librairie permettra à la Société de poursuivre sa mission de valorisation et de sauvegarde de la langue française.
«Il a été résolu par motion au conseil d'administration que tous les profits qui seront générés par la librairie seront redistribués dans la communauté par des subventions à différents projets visant la promotion de la langue française, à des auteurs et en continuant de favoriser des partenariats avec des organismes, des associations ou des événements qui ont le même objectif. Chaque dollar investi se voudra un geste concret de solidarité et de fierté pour la langue de chez nous.»
«Une étude réalisée par Culture Mauricie indique que le secteur des arts et de la culture est un pôle d'excellence en Mauricie. Dans ce contexte, il est évident qu'une librairie dans une communauté devient un élément supplémentaire d'attraction et de rétention pour une population qui recherche des services de proximité et de qualité.»
Guy Rousseau a aussi tenu à rappeler que la transaction en est aussi une très intéressante du point de vue financier puisque l'entreprise génère des profits considérables. L'achat a permis de contrer la tendance selon laquelle il est très difficile d'assurer la pérennité des entreprises familiales au Québec.
«La librairie Poirier passe d'entreprise familiale à organisation d'économie sociale dont les bénéfices retournent dans la communauté puisque nous sommes un organisme sans but lucratif. Je pense donc que c'est une nouvelle très positive pour la région.»
Il est également acquis que le commerce conservera pignon sur rue au même endroit pour au moins les prochaines années. Il n'est pas exclu, cependant, qu'on regarde un jour pour un autre local où il serait possible de combiner la vocation de librairie à celle d'un café. À long terme, on rêve même de réunir dans une même bâtisse, la librairie et les bureaux de divers organismes culturels de la région.
«C'est vrai qu'on n'a pas énormément d'espace ici mais en priorité, on va se consacrer à vendre plus de livres avant de penser à du développement.» 
Par ailleurs, si le dg ne veut pas dévoiler le montant de la transaction, il assure que la SSJB Mauricie, qui compte plus de 14 000 membres, n'a pas eu besoin d'emprunter d'argent pour faire cette acquisition.
«Depuis quelques années, nous cherchons des avenues d'investissements pour faire fructifier nos avoirs tout en contribuant au développement régional. Là, l'occasion idéale s'est présentée.»
La SSJB étant un organisme officiellement d'allégeance souverainiste, le dg craint-il que cela refroidisse certains clients?
«Je ne le pense pas. Je sais que les gens viennent ici parce que c'est le meilleur endroit pour trouver des livres de qualité en obtenant un service de qualité. À Rimouski, où la librairie L'Alphabet est propriété de la Société nationale des Québécois, l'équivalent de la SSJB ici, ils n'ont rien noté de la sorte depuis dix ans qu'ils possèdent le commerce.»