À l’avant, Anthony Lafrenière-Gélinas en compagnie de deux jeunes à qui il enseigne, l’art du DJ: Alexis Pronovost et Kareen Janfaoui. À droite, on aperçoit Michèle Lafontaine présidente du projet J’ai mon appart’.

L’humanité d’un entrepreneur en herbe

TROIS-RIVIÈRES — Anthony Lafrenière-Gélinas surprenait tout le monde, il y a quelques semaines, en menant à terme son projet de la Grande foire de Trois-Rivières dans le stationnement du centre commercial Les Rivières. Après tout, il n’a que 17 ans. Et il a tout fait tout seul: les contacts, les appels téléphoniques et les relations avec les médias.

Le jeune entrepreneur en herbe étudie maintenant au Cégep de Trois-Rivières en communications et malgré les efforts que demandent ses études, les projets se multiplient dans sa tête. Il cherche notamment un lieu plus grand pour organiser sa prochaine Grande foire à Trois-Rivières, «plus grosse avec plus de manèges», précise-t-il.

Comme si ce n’était pas assez, le jeune homme affine constamment ses talents de DJ et en a fait une petite entreprise qui génère de plus en plus de revenus. Ses contrats, dit-il, le mènent maintenant à l’extérieur de Trois-Rivières et même de la région.

Anthony affirme toutefois à qui veut bien l’entendre qu’il ne cherche pas à faire de l’argent dans le seul but de faire de l’argent. «Je crois qu’il faut avoir un côté humain et comme entrepreneur, conserver une bonne réputation», dit-il. Et il le prouve bien. À partir de novembre, il entend en effet verser environ 15 % de ses recettes à un projet qui lui tient tout particulièrement à cœur appelé J’ai mon appart’, à Shawinigan.

Ce projet, rappelons-le, vise à créer un modèle d’appartements supervisés pour les personnes en situation de handicap. Les responsables du projet sont à la recherche de financement récurrent qui permettra d’offrir des services adaptés aux locataires. Le coût de la construction du bâtiment est de 2,8 millions $ dont 1,2 million $ doit provenir de la contribution du milieu grâce à diverses activités de financement.

Anthony Lafrenière-Gélinas se dit sensible à cette cause qui, selon lui, n’est pas tellement connue par rapport à d’autres qui génèrent d’importantes collectes de fonds. «C’est un peu ma façon de la faire connaître», explique-t-il.

Il a de plus accepté de donner des cours de DJ à certains jeunes ayant une déficience afin qu’ils puissent à leur tour réaliser leur rêve.

Le jeune homme se dit très fier de ses initiatives de jeune entrepreneur, car il lui aura fallu plusieurs sacrifices pour pouvoir démarrer ses projets: travail au salaire minimum et privations de sorties font partie des contraintes qu’il s’est imposées pour amasser ses sous en vue de créer sa première Grande foire à Trois-Rivières. «Je suis en discussion avec la Ville pour trouver un site plus grand», dit-il.

On se demande d’où lui vient cette fibre entrepreneuriale si particulière pour son âge, car, il l’avoue luimême, il se réveille souvent la nuit pour penser à ses projets. «Ça ne vient pas de mes parents», assure-t-il, car ces derniers ne sont pas des entrepreneurs.

Anthony rêve un jour d’avoir sa propre émission radiophonique, peut-être de faire de la politique ou de réaliser un film.

Tout laisse croire que peu de projets pourraient résister à sa détermination.