En raison de la crise actuelle, les propriétaires de l’Hôtel Oui GO! de Trois-Rivières, dont Gilles Babin fait partie, n’ont eu d’autre choix que de proposer une nouvelle offre de service afin d’attirer la clientèle locale.
En raison de la crise actuelle, les propriétaires de l’Hôtel Oui GO! de Trois-Rivières, dont Gilles Babin fait partie, n’ont eu d’autre choix que de proposer une nouvelle offre de service afin d’attirer la clientèle locale.

L’Hôtel Oui GO! se réinvente et tente d’attirer la population locale

Amélie Houle
Le Nouvelliste
Trois-Rivières — Au cours des derniers mois, le concept de l’achat local a été propulsé à un autre niveau au Québec, si bien qu’un engouement s’est rapidement fait ressentir pour les commerçants et restaurateurs locaux. Mais si on poussait le concept d’achat local un peu plus loin, serait-il envisageable de passer une nuit à l’hôtel dans sa région pour encourager les hôteliers locaux? C’est du moins ce que souhaiterait l’Hôtel Oui GO! de Trois-Rivières qui encourage les résidents de la Mauricie à découvrir son hôtel, grâce à une nouvelle offre de service repensée pour l’occasion.

C’est dans la tendance du «staycation», un concept où les gens jouent aux touristes dans leur propre ville, que l’hôtel situé en plein coeur du centre-ville de Trois-Rivières souhaite inviter les résidents de la région ainsi que la clientèle corporative à découvrir ses chambres qui ont spécialement été réaménagées en grandes suites, avec coin salon et comptoir-cuisine, pour la clientèle régionale.

«Ce qu’on souhaite, c’est d’encourager les clients locaux et régionaux à vivre l’expérience de l’hôtel dans leur région, car on pense beaucoup à l’achat local en ce moment, mais choisir l’hôtel, c’est aussi de l’achat local», souligne Gilles Babin, copropriétaire de l’Hôtel Oui GO!.

En effet, c’est qu’en raison d’une chute drastique de son taux d’occupation qui se situe désormais entre 10 et 15 % à l’heure actuelle, alors qu’il avait l’habitude d’afficher régulièrement complet tout au long de l’année, l’Hôtel Oui GO! a rapidement dû trouver un plan B afin de tenter d’améliorer son sort.

«Cette idée a germé à cause de la situation actuelle et des mesures sanitaires et ça nous a forcés à nous adapter et à trouver des moyens pour pouvoir utiliser nos chambres et nos espaces qui sont peu fréquentés à l’heure actuelle et essayer de les occuper autrement afin d’avoir de nouveaux revenus, car ils ont vraiment chuté dans la dernière année et notre occupation a aussi vraiment baissé», précise-t-il.

Une offre de service repensée

Au cours des dernières semaines, afin d’être en mesure de séduire la clientèle locale et régionale, l’Hôtel Oui GO! n’a eu d’autre choix que de repenser complètement son offre de service.

Pour ce faire, en plus des chambres qui ont été réaménagées en suites et qui sont offertes à prix réduit, l’hôtel proposera également une salle privée dotée d’équipements multimédias à la fine pointe de la technologie, dont un écran, une caméra et des haut-parleurs afin de favoriser les soirées cinéma ou encore les rencontres virtuelles avec les proches, ainsi que la location de chambres en journée pour la formule télétravail.

De plus, puisque la gastronomie fait souvent partie d’un séjour à l’hôtel, l’établissement, en partenariat avec le restaurant Le Brasier 1908, offrira également le service de repas directement dans le confort de sa chambre, de sa suite ou de sa salle de rencontre.

«Le Brasier 1908, comme notre hôtel, est une PME indépendante impliquée dans son milieu et qui met en lumière l’histoire de Trois-Rivières. Il s’agit d’une entreprise familiale qui partage nos valeurs et représente un bon complément à notre offre», précise Gilles Babin.

Toujours dans le but de maximiser les revenus en cette période d’instabilité, l’établissement hôtelier du centre-ville qui vient à peine de terminer d’importants travaux d’agrandissement a également lancé une boutique en ligne afin de recréer l’expérience hôtelière à la maison avec des produits exclusifs à l’endroit.

Une aide financière bienvenue, mais pas suffisante

D’ailleurs, alors que le gouvernement provincial a annoncé un peu plus tôt cette semaine une aide financière directe de 65,5 millions de dollars destinée aux entreprises du secteur touristique particulièrement affectées par la crise de la COVID-19, dont 38 millions de dollars iront spécifiquement au secteur de l’hébergement touristique, Gilles Babin se dit ravi de cette aide qui arrive à point, mais reste toutefois prudent à cet effet.

«Moi je dis bravo, c’est une bonne nouvelle et on est content d’entendre ça et on voit qu’il y a des efforts qui sont déployés en ce sens. Mais maintenant, il faut juste doser un peu tout ça, car nous on est dans le milieu, mais pour monsieur et madame Tout-le-Monde qui entend ça, ils vont penser que nos hôtels sont sauvés, mais ce n’est pas ça du tout. Oui 38 millions c’est un gros chiffre, mais en réalité, ça va seulement être des petits montants qu’on va recevoir au final», soutient-il.