D’importants travaux de réfection sont prévus au Centre de données fiscales de Shawinigan depuis plusieurs années. Le syndicat s’inquiète de constater que l’annonce d’une première phase de travaux de 12 millions $ tarde à se réaliser.

Les travaux, c’est pour quand?

SHAWINIGAN — Où est rendu le projet de rénovation du Centre de données fiscales de Shawinigan chez Services publics et Approvisionnement Canada (SPAC)? Les quelque 1400 employés attendent toujours les suites de l’annonce prometteuse du 18 avril 2017, alors qu’une première phase d’investissements de 12 millions de dollars pour entreprendre les importants travaux avait été dévoilée en grande pompe par les ministres Diane Lebouthillier et François-Philippe Champagne.

Mercredi, Normand Pelletier, conseiller syndical à l’Alliance de la fonction publique du Canada, a décidé de sonner l’alarme après avoir reçu une correspondance à la suite d’une demande d’accès à l’information formulée le 11 juillet dernier. Une gestionnaire de Services publics et Approvisionnement Canada (SPAC) lui a indiqué qu’il pourrait devoir patienter 480 jours avant d’obtenir une réponse!

Le syndicat souhaite mettre la main sur tout document relié à ce projet produit depuis le 1er janvier 2017, incluant les plans et devis et les échéanciers. Outre cette réponse, le silence autour de cet investissement indispose M. Pelletier.

«Selon nous, il n’y a rien qui bouge», observe-t-il. «En avril 2017, la ministre du Revenu national, qui est locataire de l’immeuble, est venue annoncer des travaux de 12 millions $. Mais le propriétaire (Services publics et Approvisionnement Canada) n’était pas là! Ça m’a toujours agacé.»

Vrai qu’aucun représentant de ce ministère n’avait pris la parole à ce moment, mais le communiqué officiel provenait de SPAC. Steven MacKinnon, secrétaire parlementaire de la ministre, y émettait la déclaration suivante:

«SPAC s’est engagé à fournir aux fonctionnaires fédéraux de tout le Canada des locaux de travail sûrs et durables. Cet investissement permettra de nous assurer que les employés fédéraux qui travaillent à Shawinigan peuvent réaliser leur travail important dans un immeuble du Centre de données fiscales moderne et bien entretenu pendant des années à venir.»

Cette première phase implique la réfection du plafond et de l’éclairage et un réaménagement du stationnement. Les ministres Lebouthillier et Champagne prévoyaient que ces travaux seraient complétés en 2019. En décembre 2011, l’ensemble du projet de rénovation avait été estimé à 58,6 millions $ (65,6 millions $ en dollars d’aujourd’hui).

«J’ai l’impression que SPAC ne veut pas faire les travaux», opine M. Pelletier. «Le stationnement est plus que problématique. L’Agence du revenu a un bureau à Trois-Rivières sur deux étages, qui pourrait accueillir une centaine de personnes. Le stationnement est vide!»

Sinon, les employés de Shawinigan devront se servir de leur imagination pour garer leur voiture l’hiver prochain, prévoit M. Pelletier. En fait, depuis la conversion du centre fiscal en Centre national de vérification et de recouvrement en novembre 2016, pas moins de 300 embauches ont été effectuées à Shawinigan, dont 160 depuis le début de 2018. Ce centre compte actuellement 1406 employés, dont 994 permanents.

«Où les gens iront-ils se stationner?», se demande le représentant syndical. «Au cimetière de l’autre côté de la rue? Dans le développement résidentiel tout près? Si j’étais un citoyen du coin, je ne serais pas très content!»

Parcs Canada plus rapide
M. Pelletier observe les délais entre les annonces d’investissements et leur réalisation au parc national de la Mauricie et il trouve que SPAC n’appuie pas trop sur l’accélérateur au centre fiscal.

Malgré la conversion annoncée à l’automne 2016 qui doit, en principe, assurer l’avenir de ces fonctionnaires à Shawinigan, le représentant syndical se demande ce qui se produirait avec l’élection d’un gouvernement conservateur l’an prochain.

«On nous a même laissé entendre que rien ne serait fait avant 2022. Où sont les plans et devis? Quels sont les échéanciers?»

«Le jour où ça ne fonctionne plus avec le bâtiment, on peut toujours déménager les emplois ailleurs», ajoute M. Pelletier.

«Les emplois qui arrivent à Shawinigan viennent de Montréal, de Laval, de la Montérégie. Ce sont des charges de travail régionales ou nationales, qu’on peut déménager n’importe quand.»

Services publics et Approvisionnement Canada n’a pas répondu à ces préoccupations syndicales mercredi.