Les présentes négociations à l’Aluminerie de Bécancour n’empêchent pas les parties de se retrouver devant le Tribunal administratif du travail.

Les négociations se poursuivent à l'A.B.I.

Bécancour — Ordonnance provisoire, convention collective échue, rejet de l’offre patronale, obtention d’un mandat de grève et négociations qui se poursuivent en présence d’un conciliateur: voilà autant d’étapes qui caractérisent actuellement les relations de travail à l’Aluminerie de Bécancour, soit les mêmes qui ont mené, en 2012, à un règlement au terme de cinq mois de pourparlers.

Le 22 novembre dernier, les syndiqués ont rejeté la proposition patronale tout en disant oui à un mandat de grève à exercer au moment jugé opportun. Deux jours avant, l’employeur avait obtenu une injonction interdisant tout ralentissement des opérations. Celle-ci fera d’ailleurs l’objet d’une audience jeudi devant le Tribunal administratif du travail.

Par ailleurs, depuis la fin du contrat de travail, les parties ont convenu de faire appel aux services d’un conciliateur, Jean Nolin. Sans vouloir commenter, tant le syndicat que l’employeur ont confirmé au Nouvelliste que les négociations sont toujours en cours.

Or, la situation qui prévaut actuellement à l’Aluminerie de Bécancour n’est pas sans rappeler celle qui a marqué le renouvellement de la convention collective il y a cinq ans.

À quelques jours de l’expiration du contrat de travail, des menaces de grève et de lock-out planaient déjà sur l’usine du parc industriel.

Et à l’aube d’un arrêt de travail potentiel, les syndiqués avaient aussi été sommés de cesser immédiatement tout ralentissement de la production et de reprendre l’exercice normal de leur boulot.

Par contre, les 31 séances de conciliation auront permis la conclusion d’une entente en février 2013. En vigueur jusqu’au 22 novembre 2017, la convention collective prévoyait des hausses salariales totales de 13,55 %. 

«Nous ne souhaitons pas déclencher une grève pour le moment, nous laissons la place à la négociation. Mais l’employeur doit saisir le message et prendre la négociation au sérieux. Nous rejetons catégoriquement l’implantation d’un régime de retraite à deux vitesses», faisait valoir récemment le président de la section locale 9700, Clément Masse, qui représente 1030 travailleurs.

Outre la volonté de l’employeur d’instaurer un régime de retraite moins avantageux pour les futurs travailleurs, les négociations achoppent également au sujet du respect de l’ancienneté dans les mouvements de main-d’œuvre. Des centaines d’embauches sont à prévoir au cours des prochaines années, ce qui nécessitera d’importants mouvements de main-d’œuvre.

«Je reste positif, tant et aussi longtemps que ces gens-là se parlent. J’espère que ça se règle de la bonne façon et qu’ils en arrivent à un règlement négocié», a commenté le maire de Bécancour, Jean-Guy Dubois.