Les commerçants de la Coopérative de solidarité du Marché public de Shawinigan sont invités à s’évaluer sur une série de critères et à en discuter par la suite avec le directeur général.

Les marchands seront évalués

Shawinigan — Afin de renforcer leur sentiment d’appartenance à la Coopérative de solidarité du Marché public de Shawinigan, les commerçants sont invités à s’évaluer sur une série de critères et à en discuter par la suite avec le directeur général, Pidjouma Traoré, afin de remédier aux lacunes.

«Les marchands auront maintenant un bulletin, des comptes à rendre», lance-t-il. «Ça fait jaser, c’est sûr. Mais l’effet s’est fait sentir tout de suite. Des gens qui payaient leur loyer en retard ont vite corrigé la situation.»

«Faire passer l’idée, ça a été une bataille», convient M. Traoré. «Mais si on réussit à éliminer les arrérages, c’est gros!»

Les marchands sont aussi évalués sur leur participation aux rencontres de la coopérative, à l’élaboration de projets, aux assemblées générales. Ils sont également notés sur le respect de leur bail, la gouvernance, le soutien à la direction, les actions positives posées. Ils peuvent ainsi accumuler jusqu’à 200 points sur leur bulletin. À moins de 80, un feu rouge s’allume.

M. Traoré demeure toutefois vague sur les sanctions possibles. «C’est le conseil d’administration qui va décider», avance-t-il. «Je suis curieux de voir les points que certains vont se donner. Pour certains, en termes de respect des valeurs coopératives, ça ne vaut pas grand-chose.»

Gilles Lafrenière, président du Marché public, comprend la démarche de son directeur général.

«Il faut sensibiliser les gens», explique-t-il. «Ce sont des petites entreprises privées qui deviennent des coopérants dans l’espace du marché. C’est un défi que nous avons soulevé. On veut que les gens soient conscients de certains comportements, de certaines attitudes. C’est comme dans une équipe. Le bulletin, est-ce un bon outil? Je ne le sais pas, mais il faut bien commencer quelque part. Nous voulons avoir de vrais coopérants et former une coopérative solidaire.»

Communication
Depuis son arrivée, M. Traoré a participé à l’élaboration d’un plan stratégique, une première pour la Coopérative de solidarité du Marché public de Shawinigan. La communication occupe une place centrale dans ce document et plusieurs initiatives avancées lors de son adoption, au printemps 2017, se concrétiseront au cours des prochaines semaines.

On parle notamment d’un slogan, «Le goût de la Mauricie», qui s’ajoutera au logo du Marché public dans ses correspondances. En mars, une infolettre sera publiée, possiblement sur une base mensuelle. Un nouveau site web sera également lancé ces jours-ci. Enfin, M. Traoré souhaite mettre en circulation une carte privilège qui donnera droit à des rabais.

Les initiatives sont amenées avec les moyens du bord, puisque la coopérative possède des sources de revenus assez limitées. Pour le moment, M. Traoré sent qu’une hausse des coûts de location serait assez mal accueillie.

«Nous avons le marché qui possède le prix le plus bas au pied carré, à 3,43 $», précise-t-il. «Nous sommes dans l’économie sociale, mais comme directeur, je dois vivre avec cette tension: il faut gérer serré pour que nos marchands soient contents et que le marché accomplisse sa mission.»