Les ingénieurs ont fait la grève une première fois pendant trois semaines au printemps dernier, soit du 24 mai au 13 juin, paralysant de nombreux chantiers alors que leur moyen de pression n'était pas limité par un horaire.

Les ingénieurs de l'État indisponibles hors des heures ouvrables

Les ingénieurs du gouvernement du Québec ne seront plus disponibles en dehors des heures ouvrables en semaine à compter du 18 septembre.
L'Association professionnelle des ingénieurs du gouvernement du Québec (APIGQ) a annoncé mercredi que ses 1400 membres seront en grève générale illimitée la semaine entre 16 h 30 et 7 h 30 et les fins de semaine, et ce, dès le 18 septembre.
«La saison des chantiers, la saison pour l'inspection des barrages, c'est maintenant, et le fait de contraindre les heures va complexifier la réalisation de certains dossiers dans les prochaines semaines», a affirmé Andy Guyaz, secrétaire-trésorier de l'Association en entrevue avec La Presse canadienne.
Ces ingénieurs ont fait la grève une première fois pendant trois semaines au printemps dernier, soit du 24 mai au 13 juin, paralysant de nombreux chantiers alors que leur moyen de pression n'était pas limité par un horaire.
Près des deux tiers des ingénieurs de la fonction publique sont à l'emploi du ministère des Transports, et l'Association se dit notamment convaincue que les moyens de pression ralentiront la réalisation de nombreux projets d'infrastructures.
Les membres de l'Association ont rejeté à 90 pour cent la dernière offre patronale.
L'écart entre les offres patronales et les demandes syndicales est considérable. «Le problème principal, c'est la reconnaissance de la perte d'expertise et notre incapacité à s'entendre sur la façon de remédier à ce problème», a indiqué M. Guyaz.
La perte d'expertise en ingénierie au sein de l'appareil gouvernemental est bien connue et documentée. Elle a alimenté les témoignages à la commission Charbonneau et a fait l'objet d'une sortie de la vérificatrice générale Guylaine Leclerc en juin dernier.
Bien que l'on insiste sur la «perte d'expertise», le noeud du problème touche davantage la rémunération des ingénieurs que leur nombre au sein de l'appareil gouvernemental. Cette perte d'expertise est en effet liée à la difficulté de retenir les ingénieurs les plus expérimentés au sein de la fonction publique alors que le secteur privé est beaucoup plus généreux lorsque vient le temps de rémunérer des ingénieurs d'expérience.