Dans l’ordre habituel, on retrouve Karine Rochette, directrice générale de la Chambre, la présidente, Me Mélanie Ricard, et le maire de La Tuque, Pierre-David Tremblay.

«Les gens ont tué le messager»

La Tuque — Même s’il avait heurté la sensibilité de plusieurs gens d’affaires en critiquant l’offre de vêtements pour enfants, le service d’aiguisage de patins et les heures d’ouverture des commerçants, le maire de La Tuque, Pierre-David Tremblay, a joué la carte de la franchise, mercredi, devant une centaine de membres de la Chambre de commerce et d’industrie du Haut Saint-Maurice.

«Les gens ont tué le messager. En vissant le maire, on visse aussi la population. J’ai dit ce que 20 familles qui magasinent m’ont dit. Je persiste et signe. On a des faiblesses. Il faut qu’on se penche sur des créneaux. On ne paiera pas quelqu’un 18 dollars l’heure pour aiguiser les patins. On réfléchit énormément sur le libre marché», a-t-il déclaré lors du dîner.

Lors de la période de questions, où il fut invité à «travailler sur la base du respect», le premier magistrat a dit comprendre que le commerce de détail n’est pas facile. 

«La Ville n’a pas à être dans vos souliers. Ça vous appartient. J’aimerais qu’on s’ouvre un peu plus. Je ne suis pas contre des commerces qui répondent aux besoins de la population», a-t-il lancé, évoquant «la roulotte Thaizone».

Si le conférencier du jour a parlé du besoin de travailler ensemble, la présidente de la Chambre, Me Mélanie Ricard, a bien accueilli cette vision de l’économie locale. 

«Je suis très satisfaite. C’est bien parti pour une belle collaboration», a-t-elle confié au Nouvelliste, misant néanmoins sur l’ensemble du conseil pour bien saisir la réalité des marchands locaux.

Par ailleurs, le maire Tremblay a clairement indiqué que la Ville allait se désengager des comités «où ça jase» pour s’impliquer dans ceux «où il y aura de l’action».

Dans son allocution, il a repris les grandes lignes du mémoire qui fut remis la veille aux ministres Martin Coiteux et Julie Boulet pour réclamer une aide financière récurrente de la part du gouvernement du Québec.

«La Municipalité considère que son manque à gagner de 1,9 million de dollars pour boucler son prochain budget 2018 est directement lié aux injustices mentionnées dans ce mémoire. C’est pourquoi elle réclame une aide équivalente de la part du gouvernement», a-t-il répété avant d’ajouter que «vous avez un maire qui est partageur», faisant allusion à son plaidoyer pour un partage des coûts.

Selon lui, l’équipe municipale n’est pas restée les bras croisés au cours des dernières années pour faire face à cette situation financière difficile. Outre l’abolition de plusieurs postes et l’annulation des 12 heures d’endurance de La Tuque, l’arrêt du balisage sur la rivière Saint-Maurice est une autre mesure d’austérité qui fut appliquée. À ce sujet, le maire Tremblay n’a pas caché qu’il sera difficile de revenir en arrière et «ce n’est pas dans nos cartons», a-t-il précisé.

Par ailleurs, celui-ci a fait la démonstration que la baisse de la population venait ajouter au fardeau financier de la Ville, l’agglomération de La Tuque étant passée de 16 144 habitants en 2001 à 14 911 personnes en 2017.

«Pour maintenir les services municipaux au secteur de Parent, Ville de La Tuque doit débourser 250 000 dollars annuellement de plus que les revenus générés par les taxes payées par les Parentois», a-t-il souligné.

Tout comme il a fait remarquer que plus de 250 000 personnes vivent sur 5800 kilomètres carrés en Mauricie alors que les quelque 15 000 autres vivent dans l’agglomération de La Tuque sur près de 30 000 kilomètres carrés.

«La Municipalité fait face à de grands défis étant une région ressource en milieu éloigné», soutient celui qui réclame des redevances forestières et hydroélectriques.

De plus, l’invité de la Chambre a révélé que les élus doivent trouver des solutions pour combler un manque à gagner annuel de 1,3 million de dollars qui provient de coupes gouvernementales.

«Il s’agit d’un effort budgétaire démesuré qui est imposé à la Municipalité considérant que son budget total annuel est de 27 millions de dollars. La pression qui est exercée sur les finances de la Municipalité n’est pas juste et équitable, car La Tuque représente un cas unique de gestion municipale au Québec qui doit être reconnu par le gouvernement», a-t-il conclu, traitant du service incendie, des chemins à double vocation, de l’entretien routier et des risques liés aux matières dangereuses.