Le ministre de l’Économie et de l’Innovation, Pierre Fitzgibbon, lors de son passage au Collège Shawinigan, mardi après-midi.

«Les gens compétents vont toujours travailler»

Shawinigan — Bien que le démantèlement du Réseau national des pôles régionaux d’innovation provoquera la perte de quatre emplois à Shawinigan, le ministre de l’Économie et de l’Innovation, Pierre Fitzgibbon, considère que l’état actuel du marché du travail devrait favoriser la réintégration des personnes touchées dans un avenir assez rapproché.

«Nous sommes en pénurie d’emploi, au Québec», rappelait-il mardi, lors de son passage au Centre national en électrochimie et en technologie environnementale du Collège Shawinigan. «Nous allons relocaliser les gens, je ne suis pas du tout inquiet. Les gens compétents vont toujours travailler.»

La ministre déléguée au Développement économique régional, Marie-Ève Proulx, a annoncé, à la fin mai, que le financement pour le Réseau national des pôles régionaux d’innovation (RNPRI), tel que constitué par le gouvernement libéral en 2018, ne serait pas reconduit. Elle dénonçait notamment la façon dont cette initiative avait été structurée, à savoir que le réseau national, dont le siège social était basé à Shawinigan, soit conçu avant que les pôles soient accrédités dans chaque région.

Cette décision entraînera la perte de quatre emplois, sans compter celui du directeur général Philippe Nadeau, qui partageait ce poste avec celui du DigiHub.

Les quatre femmes touchées travaillent toujours dans cette structure pour le moment, confirme M. Nadeau.

«Nous avons fait des requêtes au ministère et nous attendons qu’on nous revienne avec une proposition de fin de convention», explique-t-il. «Tant qu’on n’a pas ça entre les mains, on ne fera pas de mises à pied.»

«Ce sont des bailleurs de fonds», rappelle M. Nadeau. «Ils ne peuvent pas nous imposer la fermeture d’un organisme, mais ils peuvent nous indiquer qu’ils arrêteront de nous verser des fonds. Pour le moment, notre organisme est autonome.»

Pour la suite des choses, le ministre estime que les démarches déjà en cours seront respectées partout.

«On ne réinventera pas les structures», commente-t-il. «Ce qui fonctionne en région va demeurer et s’il y a des lacunes, des failles, on va compenser. Je sais que des pôles sont signés et que d’autres s’en viennent. Ceux qui fonctionnent vont demeurer, il n’y a aucun doute.»

M. Fitzgibbon assure que les régions ne perdront rien au change à la suite de cette décision. «Les régions ont besoin de ressources humaines d’accompagnement et de capital», fait-il remarquer. «Avec ma collègue Marie-Ève Proulx, je suis en train de réorganiser dix-sept unités autonomes, qui prendront des ressources humaines régionales qui vont accompagner les entreprises. Pour ma part, au plan financier, je mettrai des ressources. Nous avons un milliard $ disponibles pour les nouveaux sièges sociaux. Nous avons donc le capital humain et le capital financier, mais il faudra compléter ce qui manque. Ce qui existe va demeurer.»

Le ministre ne s’en fait pas trop avec la coordination de ces pôles, qui devait être assumée par le RNPRI. Selon lui, son ministère ou Investissement Québec pourront très bien remplir ce rôle. Les MRC et les Villes pourraient aussi intervenir. «Ça prend une coordination nationale, mais le pouvoir va être aux régions», assure-t-il.

En tournée

Lors de son passage à Shawinigan, M. Fitzgibbon a annoncé qu’il entreprenait une tournée des régions du Québec cet été. Il doit d’ailleurs revenir en Mauricie dès la semaine prochaine.

Le maire de Shawinigan, Michel Angers, a déjà obtenu son entretien avec le ministre mardi, en fin d’après-midi. Il a évidemment été question du pôle régional de la Mauricie, toujours pas accrédité par le gouvernement du Québec.

«Nous devrions avoir des nouvelles bientôt», prévoit M. Angers. «L’ensemble des territoires de la région sont d’accord avec l’orientation qui a été prise. Il ne reste qu’à nous verser les montants d’argent et on va se mettre en marche.»

Rappelons qu’à l’origine, le gouvernement libéral avait réservé 32 millions $ sur une période de quatre ans pour le déploiement de ce réseau. Chaque pôle accrédité devait recevoir un montant de 400 000 $ par année à compter de l’année financière 2018-2019. Comme la majorité des régions n’ont pas réussi à obtenir une entente avant la remise en question de janvier, la ministre Proulx a déjà indiqué que les montants de la première année financière seront simplement reportés.

Le RNPRI, pour sa part, bénéficiait d’une subvention d’un million de dollars pour la première année et de 750 000 $ pour les trois années subséquentes. Comme cette structure n’existera plus, les montants prévus seront réinvestis dans les régions, a déjà assuré Mme Proulx.