L’usine ABI de Bécancour fonctionne au sixième de ses capacités depuis le déclenchement d’un lock-out en janvier 2018.

Les dix événements économiques de 2018

1 Lock-out à l’ABI

Le millier de travailleurs à l’Aluminerie de Bécancour ont été mis en lock-out le 11 janvier dernier, après avoir rejeté les offres patronales. Pendant toute l’année, les lockoutés ont reçu de nombreux appuis sur une ligne de piquetage souvent tendue. Le dialogue de sourds aura été accompagné de plusieurs échanges devant les tribunaux. Depuis l’élection du gouvernement Legault, le nouveau ministre Jean Boulet a forcé le retour à la table des négociations, après l’échec de l’intervention du médiateur spécial, Lucien Bouchard. La date butoir fixée au 21 décembre n’a pas permis d’en venir à une entente. L’impasse perdure alors que l’aluminerie ne fonctionne plus qu’au sixième de sa capacité.

La grève chez Delastek, amorcée en avril 2015, a pris fin en avril 2018.

2 IFFCO 2.0

Annoncée à la fin de 2017, la construction d’une usine intégrée de production d’urée et de méthanol dans le parc industriel de Bécancour aura fait l’objet d’une séance de consultation publique l’automne dernier. On y aura dévoilé les résultats préliminaires de l’étude d’impact environnemental qui se veulent rassurants pour la concrétisation de ce projet évalué à 1,3 milliard de dollars. ProjetBécancour.ag est une nouvelle mouture du projet d’usine d’urée d’IFFCO Canada, qui avait été mis en veilleuse en 2015 en raison de divers changements et de conditions économiques défavorables. Jusqu’à 840 emplois seront créés pendant la construction et environ 200 personnes seront en poste lorsque l’usine ouvrira ses portes à la fin de 2022.

3 Fin de la grève chez Delastek

En date du 16 avril 2018, tous les travailleurs syndiqués de Delastek qui figuraient sur la liste de rappel étaient de retour à l’usine du secteur Grand-Mère. Une réintégration progressive qui se sera déroulée sur fond de cicatrices après une grève qui aura duré trois ans, ayant été déclenchée le 1er avril 2015. D’ailleurs, l’année s’est terminée avec un jugement du Tribunal administratif du Travail pour une histoire de représailles envers un membre de l’exécutif syndical. Tout au long du conflit, une équipe d’une soixantaine de personnes avaient assuré la poursuite des opérations et des activités de recherche et développement chez Delastek. L’entreprise qui détient également une usine au Mexique et une autre aux États-Unis ainsi qu’un bureau de ventes en Chine a poursuivi son expansion à l’international au cours de l’année.

Le CECI de Trois-Rivières a été inauguré au terme de travaux de 50 millions $.

4 Cap sur 2030

Le Port de Trois-Rivières a procédé au lancement de son projet Cap sur 2030 qui, au coût de 235 millions de dollars, aborde le développement résidentiel et commercial sur sa propriété. Ce projet est la suite logique de Cap sur 2020. Quelque 131,6 millions de dollars ont été investis au cours des dernières années afin de refaire et d’améliorer différents équipements du port trifluvien. Le nouveau projet prévoit l’amélioration de la chaîne logistique, l’ajout d’espaces d’entreposage et le développement de la zone riveraine qui comprend l’utilisation d’une partie de ses installations à des fins récréotouristiques, résidentielles et commerciales. Et dans cette foulée, une entente de partenariat a été conclue entre l’Administration portuaire de Trois-Rivières et Innovation et Développement économique Trois-Rivières.

5 CECI et Holiday Inn Express

Grosse année dans le secteur de l’hébergement à Trois-Rivières. C‘est en grande pompe que la Société Immobilière G3R Inc. ainsi que l’hôtel Delta Trois-Rivières par Marriott ont inauguré le tout nouveau Centre d’événements et de congrès interactifs (CECi), au terme d’un investissement de 50 millions de dollars. D’ici au printemps 2019, pas moins de 65 nouvelles chambres seront ajoutées aux 160 chambres fraîchement rénovées. Par ailleurs, le nouvel hôtel Holiday Inn Express, situé au District 55 à Trois-Rivières, a aussi été inauguré, marquant un nouveau tournant dans ce développement commercial et résidentiel. Comptant 111 chambres, dont 29 suites, l’hôtel a nécessité un investissement de près de 13 millions de dollars.

La construction de l’usine de cannabis Flora Agritech, amorcée en 2018, va bon train.

6 Production de cannabis

Un projet de serre de cannabis à usage médical a vu le jour à Bécancour. L’entreprise Flora Agritech s’est établie à l’est du boulevard Arthur-Sicard, dans le Parc industriel et portuaire. Comprenant quatre phases, ce projet créera à terme une centaine d’emplois dans la région. À elle seule, la première phase permettra de créer 30 à 50 emplois permanents. L’entreprise a acquis une option d’achat sur un terrain de 1 800 000 pieds carrés et commencera le projet avec une première phase de 250 000 pieds carrés, représentant un investissement de 40 millions $. Par ailleurs, IsocanMed a débuté la production de cannabis thérapeutique dans le parc industriel de la MRC de Maskinongé, pour un investissement total de 10 millions de dollars. Sur les 65 000 pieds carrés qu’offre la bâtisse construite cet automne dans le parc industriel de la MRC de Maskinongé, quelque 55 000 pieds carrés sont réservés à la zone de production. Vingt-cinq travailleurs étaient nécessaires pour lancer la production.

7 Menthes Rito

Présente à Trois-Rivières depuis 1957, l’usine de Menthes Rito fut détruite par un violent incendie le 4 octobre dernier. L’entreprise était alors à la recherche de nouveaux employés afin de concrétiser un projet d’expansion de trois millions de dollars. De plus, des travaux d’aménagement de nouveaux bureaux administratifs à l’arrière du bâtiment venaient tout juste d’être complétés. Mais l’usine sera reconstruite dans le secteur Cap-de-la-Madeleine, dans l’ancienne succursale de la quincaillerie BMR, sur la rue Dessureault.

Les travaux sur le chantier du nouveau colisée de Trois-Rivières ont pris leur envol en 2018. La livraison du nouvel édifice devrait s’effectuer à la fin de 2019 ou au début de 2020.

8 Centre équestre Gentilly

Amorcés en mai, les travaux de construction du nouveau Complexe Équestre Bécancour, qui ont nécessité un investissement de plus de 11 millions de dollars, étaient complétés à 70 % en fin d’année. On y présentera même le premier événement dès mars 2019. Ainsi, l’un des deux manèges intérieurs est terminé alors que la structure du second sera érigée à la mi-janvier. Les trois écuries et le fonds de terrain des divers manèges extérieurs ont été réalisés en décembre et l’aménagement extérieur sera réalisé au printemps. Alors que les objectifs de l’an 1 du Complexe étaient de 15 événements, déjà le calendrier est bien rempli avec 21 événements confirmés qui accueilleront entre 100 et 500 chevaux chacun, accompagnés de leurs cavaliers et entraîneurs.

9 Nouveau colisée

Le chantier de construction du futur colisée de Trois-Rivières, situé au District 55, a franchi une nouvelle étape en 2018. En effet, les fondations de la mégastructure, qui accueillera deux glaces et plus de 4000 spectateurs, ont été coulées. Il est toujours prévu que le colisée ouvre officiellement ses portes vers la fin de l’année 2019, ou au plus tard au tout début de l’année 2020. Le contrat pour la construction du nouveau colisée a été accordé au montant de 49,2 millions de dollars, taxes exclues. De ce montant, une subvention de 26,8 millions de dollars a été octroyée par le gouvernement provincial.

La transformation de l’ancienne Laurentide, dans le secteur Grand-Mère, pour y accueillir l’usine Nemaska Lithium, se poursuit. Les travaux devraient permettre une mise en opération pour 2020.

10 Nemaska Lithium

La construction de l’usine de Nemaska Lithium, à Shawinigan, au coût de 532 millions de dollars, a suivi son cours en 2018. Évalué à 1,1 milliard de dollars, le projet global consiste à mettre en service une mine de spodumène (minerai de lithium) à Nemaska, à 300 km au nord de Chibougamau, sur le territoire Eeyou-Istchee Baie-James. Le minerai qui sera extrait de la mine Whabouchi sera transformé dans la nouvelle usine à Shawinigan. Sa mise en service, qui mènera à la création d’une centaine d’emplois, est prévue pour le milieu de l’année 2020.