François Pilon, du comité des événements au BNI Trois-Rivières Premier, et sa présidente, Laurie Bellerive.
François Pilon, du comité des événements au BNI Trois-Rivières Premier, et sa présidente, Laurie Bellerive.

Les défis du réseautage en temps de pandémie

Marc Rochette
Marc Rochette
Le Nouvelliste
Au Québec, la COVID-19 a freiné bon nombre d’entreprises dans leur développement des affaires. Les mesures sanitaires en place et les diverses obligations émises par le gouvernement ont rendu difficile la tenue des activités de réseautage. Coup d’oeil sur six organisations de la région qui multiplient les initiatives pour favoriser malgré tout les contacts professionnels.

BNI Trois-Rivières Premier: «un premier déjeuner en vrai»

Désireux de poursuivre les activités entre ses membres, le regroupement BNI Trois-Rivières Premier a fait preuve d’innovation et n’a jamais cessé ses activités en cette période de turbulence.

«BNI Québec s’est ajusté rapidement pour permettre à nos membres de déjeuner ensemble, de façon virtuelle, tous les jeudis matins. C’est extrêmement plaisant d’être en contact avec des entrepreneurs d’ici, d’échanger et de voir ce qui se passe dans d’autres domaines que le nôtre», indique la présidente de BNI Trois-Rivières Premier, Laurie Bellerive.

Puisque BNI est une organisation mondiale, la propriétaire de Centre Athlétique T-R a pu s’inspirer des méthodes de réseautage qui furent adaptées en réaction à la COVID-19.

«Ils avaient déjà mis ça web sur Zoom en Asie, en Europe. Quand c’est arrivé à nous, le concept était déjà testé, ça s’est fait quand même assez facilement. On est encore sur Zoom», raconte-t-elle.

«Notre premier déjeuner en vrai, ça va être jeudi, le 8 octobre, alors que l’un de nos membres, Lapointe Girard Traiteur, a réussi à ce qu’on puisse avoir la salle du Ki-8-Eb. On garde l’alternative web. Si on a des membres qui ne sont pas à l’aise pour différentes raisons de se réunir avec nous, ils vont pouvoir être avec nous sur Zoom», renchérit la représentante de 34 membres actifs qui occupent un siège par profession.

Chose certaine, dit-elle, «ça faisait du bien de revoir du monde, de voir comment ça se passait ailleurs, dans différentes entreprises. Ça enlevait une pression, j’ai vraiment aimé ça. On en a besoin, à chaque semaine, on est content de se retrouver et de se parler», conclut-elle.

Chambre de commerce et d’industries de Trois-Rivières: «la priorité, c’est de garder contact»

Reconnue pour la qualité de son réseautage, la Chambre de commerce et d’industries de Trois-Rivières a continué à offrir à ses membres des occasions d’échanges durant la période de pandémie.

«La priorité, c’est de garder contact avec nos membres, que ce soit par le biais de webinaires, séances d’information, 5 à 7 virtuels ou autres», soutient le président du conseil d’administration, Jean Pellerin.

Le président du conseil d’administration de la CCI3R, Jean Pellerin.

Selon un récent sondage interne, les entreprises disent se fier sur leur chambre de commerce pour réseauter, obtenir une information crédible et échanger entre elles sur les enjeux découlant de la COVID-19.

«À la suite des réponses obtenues, nous avons décidé d’organiser la populaire activité de la rentrée, malgré le contexte particulier, parce qu’on sent que la communauté d’affaires a vraiment très hâte de se retrouver», a-t-il annoncé.

Lors de cet événement qui se déroulera au Delta Trois-Rivières le 23 septembre prochain, la CCI3R dévoilera une programmation d’activités tant présentielles que virtuelles.

«Autre signe que le réseautage demeure essentiel, le renouvellement des adhésions va très bien de notre côté», souligne le directeur du Service Signature Mauricie et Valeurs mobilières Desjardins.

Chambre de commerce et d’industrie du Coeur-du-Québec: «On teste une formule mixte»

À l’écoute de ses membres, la Chambre de commerce et d’industrie du Coeur-du-Québec amorce sa saison 2020-2021 sous le signe de la formation en ligne... et en personne.

Ce sera le cas des formations offertes par Michelle Blanc au sujet des médias sociaux, les jeudis soirs, de 18 h 30 à 20 h 30, à compter du 10 septembre. «On teste une formule mixte, en présentielle et en ligne», confirme la directrice générale, Nathalie Rochefort.

La directrice générale de la CCICQ, Nathalie Rochefort.

En effet, les rencontres auront lieu successivement à Pierreville, au Centre des arts populaires de Nicolet, chez Boris à Saint-Léonard-d’Aston et au Moulin Michel de Gentilly.

Et à la CCICQ, on ne cache pas vouloir adopter cette nouvelle façon de faire du réseautage. «On s’enligne vers ça pour plusieurs raisons. Ça va faciliter l’accès aux gens de partout sur le territoire à nos événements, nos activités. Et il y a beaucoup de gens qui, malgré les possibilités, sont un peu frileux à participer», explique-t-elle.

Et si la CCICQ met autant l’accent sur la formation, c’est que, dit-elle, la crise est loin d’être terminée «et les entrepreneurs font face à de multiples défis, mais aussi à des opportunités».

«Relancer les ventes et les activités est stimulant, mais par où commencer? Le passage au numérique n’est pas naturel pour plusieurs entreprises et elles ont été parachutées dans le monde du télétravail sans y avoir été préparées et sans avoir organisé les politiques et procédures», fait-elle valoir.

GROUPÉ Mauricie + Rive-Sud: «miser quand même sur des rencontres»

«Dans un contexte de pandémie, on ne fait pas de miracle, mais ce qu’on essaie de faire, c’est de mettre du monde ensemble. Le rôle de GROUPÉ est encore plus important dans une conjoncture comme ça.»

Voilà comment le directeur général de GROUPÉ Mauricie + Rive-Sud, Alexandre Ollive, décrit l’utilité de cette organisation régionale qui, dès le début de la crise, a contacté ses membres en plus de créer une plateforme d’information COVID.

Le directeur général de GROUPÉ Mauricie + Rive-Sud, Alexandre Ollive.

«Une fois la semaine, on avait des rencontres Zoom avec l’ensemble des membres des tables sectorielles, il fallait maintenir le lien. Et ça a généré toutes sortes de petits projets», se plaît-il à raconter.

Devant la difficulté de faire rencontrer les gens, «il a fallu utiliser beaucoup le virtuel avec ses limites». «Pour l’automne, on maintient des activités de rassemblement, mais qui vont être un peu hybrides ou étalées sur plusieurs jours pour permettre à des petits groupes de pouvoir tourner. Donc, on va limiter en fonction des capacités et de la sécurité», fait savoir M. Ollive.

«On a décidé de miser quand même sur des rencontres tant et aussi longtemps que les mesures de distanciation nous le permettent. Notre prochaine rencontre sur la table industrielle est au mois d’octobre, on va limiter à 35-40 personnes maximum. La table Force Ti, c’est la semaine prochaine, on limite à 40 personnes. Sinon, on fait des rencontres aussi virtuelles», spécifie celui qui souhaite pouvoir tenir au printemps 2021 l’événement 5e anniversaire qui devait avoir lieu en avril dernier.

Femmessor Mauricie: «On privilégie vraiment le web pour l’instant»

Peu avant la pandémie, Femmessor avait tenu un colloque à Trois-Rivières réunissant quelque 300 participantes. Aujourd’hui, l’organisme doit délaisser sa formule plus traditionnelle de réseautage, de formation et d’accompagnement pour les entrepreneures au profit du virtuel.

D’ailleurs, Femmessor organise un événement entrepreneurial Web qui aura lieu le 27 octobre prochain sous le thème Osez être le changement, animé par Isabelle Racicot. Dans le contexte actuel, l’organisation innove donc en proposant un événement en formule talk-show et 100 % en ligne. Durant les deux heures de diffusion, les participantes auront droit à une programmation des plus inspirantes.

La directrice régionale de Femmessor Mauricie, Cynthia Chenevert.

«Cette nouvelle formule va rassembler davantage toutes les régions du Québec. On privilégie vraiment le web pour l’instant», déclare la directrice régionale, Cynthia Chenevert.

Chez Femmessor Mauricie, les cellules de codéveloppement mises sur pied à l’automne 2019 n’ont pas échappé aux effets de la COVID-19.

Ce service vise les entrepreneures qui, en petits groupes de 7 à 10 personnes, souhaitent s’arrêter pour réfléchir, progresser par le partage d’expériences, briser l’isolement, solidifier leurs processus de prise de décision et renforcer leur leadership. Les entrepreneures ont l’occasion de partager entre elles leur expérience et de développer leur réseau de contacts.

«Nous sommes actuellement en recrutement pour les cohortes qui débuteront à l’automne 2020. Les cellules démarreront en mode virtuel afin de respecter les exigences de santé publique mentionnant de privilégier ce mode de fonctionnement lorsque possible. Nous privilégierons le mode physique dès que la Santé publique lèvera cette précaution», a indiqué Mme Chenevert.

Manufacturiers Mauricie-Centre-du-Québec: «Créer un monde virtuel manufacturier »

Le conseil d’administration des Manufacturiers Mauricie-Centre-du-Québec vient de mandater la firme GLM pour revamper le site internet et «créer un monde virtuel manufacturier où on va pouvoir se parler, se réunir, échanger», dira son président Cyrille Morvan.

Le président du conseil d’administration des MMCQ, Cyrille Morvan.

Celui-ci dit vouloir ainsi améliorer toute la partie gestion virtuelle. «Pour développer notre communauté de pratique virtuellement, on va demander la collaboration d’Investissement Québec et du ministère de l’Économie et de l’Innovation», a-t-il souligné.

«Dans notre communauté de pratique, on veut faire un service aux membres principalement, des conférences web avec des experts pour répondre à leurs questions et leurs besoins. On a formé un comité de vigie qui va être aux aguets sur ce qui se passe et créer des événements en conséquence», renchérit celui qui a dû renoncer, à regret, à un colloque qui était prévu cet automne.

En attendant d’évaluer d’autres activités d’ici le début du printemps, les MMCQ envisagent la tenue d’un 5 à 7 de lancement de saison physique, «avec des gens vivants», qui pourrait être organisé à la fin septembre ou début octobre.

«On est en train de sonder la volonté des gens de vouloir se réunir dans un cadre de pandémie avec une certaine structure de distanciation et de méthode. Il y en a qui ont besoin de se voir. Il y a moyen de faire de quoi», a-t-il conclu.