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Le directeur, ventes et marketing, chez Machineries Pronovost, Dominic Bouchard.
Le directeur, ventes et marketing, chez Machineries Pronovost, Dominic Bouchard.

Les défis de l’exportation à l’ère de la pandémie

Marc Rochette
Marc Rochette
Le Nouvelliste
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En avril, Carrefour Québec International (CQI) tiendra virtuellement son Grand rendez-vous de l’exportation 2021 sous la forme de trois conférences. Il faut dire que les chefs d’entreprise ont besoin plus que jamais de s’inspirer d’exemples et d’échanger entre eux dans un contexte de pandémie, de frontières plus hermétiques et de soubresauts économiques.

«Considérant que les exportations comptaient pour 46 % du PIB du Québec et que la pandémie a grandement affecté ce ratio, il n’était pas question que les règles sanitaires compromettent l’événement», explique la directrice générale de CQI, Catherine Gervais.

Celle-ci fut surprise de voir à quel point son organisation fut sollicitée en dépit de la crise sanitaire. «La demande a été extrêmement importante pendant l’année, c’était même surprenant. Un client a profité de l’arrêt pour faire ses stratégies d’exportation. On voyait que les entrepreneurs voulaient continuer à exporter», affirme-t-elle.

Cette dernière rapporte une diminution des exportations canadiennes et un déplacement des marchés d’exportation, soit un recul du Mexique, mais un gain de l’Asie. Et elle s’attend à ce que les mesures protectionnistes de l’administration Biden aient un impact tôt ou tard sur les frais de douane et, du même coup, sur les coûts d’exportation des entreprises d’ici.

Le conseiller principal, transport international et conformité douanière, chez CQI, Daniel Vaugeois.

«Il faut commencer à diversifier beaucoup nos exportations. Les entreprises n’utilisent pas encore assez les accords de libre-échange», fait remarquer Mme Gervais.

La directrice exportation chez CQI, Anne-Marie Lamothe, confirme que «plein d’entreprises prennent le temps de se préparer pour l’après-pandémie, que ce soit pour les États-Unis ou l’Asie, même si beaucoup de gens reviennent au marché canadien».

«Beaucoup de sous-traitance se fait en Asie, mais les gens commencent à rapatrier ici en essayant de trouver des fournisseurs locaux», a-t-elle ajouté.

Pendant que des entreprises telles que Food 2.0 à Trois-Rivières vont tirer leur épingle du jeu par leurs produits innovants, d’autres comme dans le secteur du meuble sont tellement débordés par leur quotidien «qu’elles sont moins en train de planifier l’après-pandémie».

La directrice générale du CQI, Catherine Gervais.

Selon le conseiller principal, transport international et conformité douanière, chez CQI, Daniel Vaugeois, ce n’est pas tant les douanes que le transport qui cause problème actuellement dans le commerce international en raison d’une pénurie de conteneurs.

«60 % des échanges internationaux se font par conteneur. Le gros défi pour les exportateurs et les importateurs, c’est vraiment les coûts de transport. Avant que la chaîne logistique reprenne le dessus, ça va prendre un bon bout de temps. Pour les exportateurs du Québec, ça a moins d’impact parce que 70 % de nos exportations s’en vont vers les États-Unis», explique-t-il.

Chez Machineries Pronovost, à Saint-Tite, près du quart des ventes se passe à l’international à la suite d’efforts déployés en ce sens.

Ce leader mondial dans la fabrication de souffleuses à neige est évidemment tributaire des conditions d’enneigement. Mais avec un tel produit de niche, la pandémie a eu peu d’impacts sur les affaires de l’entreprise.

La directrice exportation chez CQI, Anne-Marie Lamothe.

«À l’exportation outre-mer, on est vraiment au début, ça ne fait pas si longtemps que ça, il y a encore beaucoup de croissance pour nous à réaliser», souligne le directeur, ventes et marketing, Dominic Bouchard, qui donne l’exemple du marché nord-européen.

Chez AGT Robotics, à Trois-Rivières, l’exportation était en «très forte» croissance avant la pandémie. Un an plus tard, l’entreprise spécialisée dans les technologies de robotisation intelligentes dit sentir un véritable engouement pour certains de ses produits, que ce soit au Québec, aux États-Unis et dans le reste du monde.

«On parle de signer une entente avec un client potentiel en Nouvelle-Zélande, on soumissionne en Australie presque un nouveau client par semaine, on a des systèmes vendus en France et on travaille aussi très fort l’Amérique du Sud. Il y a beaucoup d’activités au niveau commercial», témoigne le directeur, marketing-ventes, Denis Dumas.

Le directeur, marketing-ventes, chez AGT Robotics, Denis Dumas.

Celui-ci dit observer comme effet pandémique un besoin grandissant en automatisation alors que «les entreprises ont de plus en plus de difficulté à trouver des employés qualifiés». Et l’installation d’un système à distance au Japon, pendant la pandémie, a ouvert la voie à de l’innovation pour le futur.

Quant au Grand rendez-vous de l’exportation 2021, les trois conférences auront lieu le midi, les 14, 21 et 28 avril, avec Jean Bélanger, de Premier Tech, José Boisjoli, de BRP et Chantal Trépanier, de Cognibox (SIM). Les personnes souhaitant participer aux conférences et échanger avec ces leaders québécois doivent s’inscrire au www.cqinternational.org avant le 9 avril prochain.

«Depuis un an en Mauricie, les mandats affluent. On sent un boom. L’entrepreneuriat est arrivé dans la mentalité», conclut l’équipe du CQI Centre-du-Québec, Estrie, Mauricie.