Le directeur des opérations au Groupe Hélie, Jean Pellerin.
Le directeur des opérations au Groupe Hélie, Jean Pellerin.

Les compagnies d'autocar et la pandémie: quand les autobus sont confinés à leur stationnement...

Marc Rochette
Marc Rochette
Le Nouvelliste
BÉCANCOUR — «Il n’y a pas grand-chose qui bouge ici. J’ai 21 véhicules dans ma flotte et ils sont tous stationnés. À cette période-ci de l’année, d’habitude, je n’ai aucun véhicule dans la cour. À 700 000 dollars l’autobus, on commence à les trouver pesantes. J’ai eu quelques petits contrats, mais j’ai une baisse au-dessus de 90 % du chiffre d’affaires».

Voilà comment le directeur des opérations au Groupe Hélie, Jean Pellerin, décrit la situation pour son service d’autocars depuis le début de la pandémie.

«Les gouvernements se sont occupés du transport interurbain tandis que nous, le transport nolisé, on est tombé dans la craque. Le ministère du Tourisme dit que c’est un autre ministère qui s’occupe de ça. Ils se lancent la balle. Notre secteur ayant toujours vécu par lui-même, on est comme passé inaperçu partout», déplore-t-il.

Habituellement, une quarantaine de conducteurs sont sur la route et, selon les prévisions pré-pandémie, ce chiffre aurait même pu grimper à une cinquantaine. Au lieu de cela, ils sont plutôt sur appel cet été et au chômage.

«Je peux vous dire qu’ils ont des fourmis dans les jambes. Ces gars-là, à ce temps-ci de l’année, normalement, ils ne sont pas chez eux», fait remarquer M. Pellerin.

Selon lui, le nombre de passagers à bord est problématique. «Il n’y a pas une agence qui va opérer un voyage à 14 passagers», soutient-il, évoquant également le défi des aménagements intérieurs, le possible impact sur les coûts d’assurance et les règles entourant le port du masque.

Alors que Groupe Hélie se dirigeait vers sa meilleure saison, c’est plutôt le contraire qui est en train de se produire. «Je patauge dans le domaine du nolisé depuis l’âge de 18 ans, ça fait 40 ans que je suis là-dedans et c’est la première fois que je vois ça, aussi à terre que ça. On commence à avoir un petit peu de demandes pour 2021. Ayant un contrat avec une équipe junior majeur, on attend des nouvelles pour voir si le plan de la ligue va être accepté par la Santé publique», poursuit M. Pellerin.

Du côté de Bell Horizon, on a réalisé quelques voyages, «mais c’est vraiment minime», précise le vice-président, Michaël Bellemare.

«J’ai fait les Aigles junior élite pour aller à Jonquière. On est allé porter les Canadiens à l’aéroport quand ils sont partis à Toronto et on va aller les chercher. Normalement, on roule à 86 autocars par jour sur la route, à chaque jour pratiquement, alors qu’on parle d’un voyage ici et là. On est au point mort», a-t-il raconté.

Celui-ci dit avoir reçu de la Santé publique «un droit de faire des voyages, un manuel, mais c’est beaucoup de contraintes». Même s’il a immatriculé à nouveau quelques-uns de ses autocars pour reprendre progressivement les activités selon la demande, celle-ci se fait plutôt rare.