Un avis de cession volontaire des biens a été déposé jeudi dernier par l’entreprise louisevilloise Les Boiseries Leblanc se spécialisant dans la fabrication et la vente d’armoires de cuisine et de salle de bain.

Les Boiseries Leblanc en faillite

LOUISEVILLE— Même en période de prospérité économique, il se peut que des entreprises encaissent des coups durs. C’est notamment le cas des Boiseries Leblanc, dont les dirigeants ont récemment dû se résoudre à déclarer faillite.

Un avis de cession volontaire des biens a en effet été déposé jeudi dernier par l’entreprise louisevilloise se spécialisant dans la fabrication et la vente d’armoires de cuisine et de salle de bain qui avait été fondée il y a plus de 20 ans. L’avis en question fait état de créances totalisant 3 177 937 $, soit 2 030 402 $ de créances garanties ainsi que 1 111 796 $ dus à des créanciers non garantis. Les actifs de l’entreprise ont été évalués à 950 188 $ par la firme Raymond Chabot, qui a été nommée syndic responsable du dossier.

L’Agence du revenu du Canada (91 089 $), la Banque de développement du Canada (219 000 $), la Commission scolaire du Chemin-du-Roy (2408 $), Investissement Québec (212 487 $), le ministère du Revenu du Québec (89 117 $), la MRC de Maskinongé (42 408 $) et la Ville de Louiseville (13 975 $) se retrouvent notamment parmi les créanciers garantis. Du côté des créanciers non garantis, plusieurs dizaines de fournisseurs se retrouvent sur la liste. Des clients ayant effectué des dépôts totalisant 117 354 $ y figurent également. Afin d’obtenir un remboursement, ils devront contacter la compagnie émettrice de la carte de crédit utilisée lors du paiement du dépôt.

Pour leur part, les quelque 20 travailleurs qui se retrouvent sans emploi constituent les seuls créanciers privilégiés de l’entreprise. Cette dernière leur doit 35 739 $ en vacances et salaires impayés.

La première assemblée de créanciers se tiendra le 25 avril prochain en matinée. Mais selon le syndic Yannick Bourassa-Milot, il est peu probable que les créanciers non garantis y apprennent qu’ils recevront une quelconque somme d’argent.

«Nous avons environ 950 000 $ d’actifs et plus de 2 000 000 $ en créances garanties. Il est malheureusement clair que les créanciers non garantis n’auront rien», explique-t-il.

Il se peut néanmoins que les actifs – les équipements notamment – de l’entreprise soient vendus à un coût supérieur à l’évaluation effectuée par la firme mandatée par le syndic. Mais selon celui-ci, il est quasiment impossible que la somme récoltée par cette liquidation soit suffisante pour que les créanciers non garantis reçoivent quelque chose.

Surprise et déception
Cette annonce a évidemment pris par surprise les décideurs de la MRC de Maskinongé, car l’entreprise semblait avoir le vent dans les voiles. Le maire de Louiseville, Yvon Deshaies, mentionne qu’il est toujours sous le choc, et ce, même s’il a appris cette triste nouvelle il y a déjà quelques jours. Et même s’il ne se fait pas d’illusion sur les chances que l’entreprise revive dans sa forme actuelle, il compte bien tout faire ce qui est en son pouvoir afin d’aider les employés ainsi que les dirigeants à se relever de cette épreuve. Il aimerait d’ailleurs pouvoir rencontrer les propriétaires prochainement afin d’en savoir plus sur les raisons qui les ont poussés à prendre une telle décision.

De son côté, le député de Maskinongé à l’Assemblée nationale, Marc H. Plante, soutient qu’il a tout de suite eu une pensée pour les travailleurs qui ont perdu leur emploi lorsqu’il a appris la nouvelle. Il indique qu’il se console en pensant que la majorité des entreprises de Maskinongé se spécialisant dans la fabrication de meubles sont présentement aux prises avec une pénurie de main-d’oeuvre.

«On souhaite qu’ils se reclassent rapidement. La bonne nouvelle dans la mauvaise, c’est que le contexte économique nous permet de croire qu’ils vont réussir rapidement», mentionne le député.

De plus, l’expertise des intervenants d’Emploi Québec sera mise à contribution afin d’accompagner les travailleurs de cette période de transition.

Récente expansion
On se rappellera que l’entreprise avait réalisé, il y a quelques années, un important projet d’expansion qui se chiffrait à environ 1,5 million de dollars et qui visait à automatiser sa production. Elle avait alors obtenu une aide financière de 620 000 $ provenant du Fonds de diversification économique (370 000 $) et d’Investissement Québec (250 000 $).