Deux des grandes banques canadiennes, dont la Banque de Montréal, ont affiché mardi des résultats supérieurs aux attentes pour le premier trimestre.

Les banques surpassent les attentes

Deux des grandes banques canadiennes ont affiché mardi des résultats supérieurs aux attentes pour le premier trimestre, mais leurs profits étaient alimentés par des revenus de courtage potentiellement instables. Pendant ce temps, la croissance de l'activité liée aux prêts ralentit et les taux d'intérêt, très faibles, contrebalancent certains gains.
La Banque de Montréal (TSX:BMO) a affiché un bénéfice net de 1,49 milliard $, en hausse de 39 pour cent par rapport à l'an dernier. Après ajustements, son profit a atteint 2,28 $ par action, surpassant les attentes des analystes, qui en attendaient un de 1,88 $ par action, selon les prévisions recueillies par Thomson Reuters.
La Banque Scotia (TSX:BNS), qui dévoilait aussi ses résultats mardi, a engrangé un bénéfice net de 2,01 milliards $ au premier trimestre, en hausse de 10 pour cent par rapport à l'an dernier. Sur une base ajustée, son bénéfice par action était de 1,58 $, soit 1 cent plus élevé que celui attendu par les analystes.
Même si ces résultats semblent solides, l'analyste Jim Shanahan, de la firme Edward Jones, note que les revenus de courtage et des autres activités liées aux marchés des capitaux sont responsables d'une bonne partie des gains.
Cela est potentiellement problématique puisque les activités de courtage ne sont généralement pas considérées comme des sources fiables pour la croissance des bénéfices, a expliqué M. Shanahan.
«Les revenus liés aux frais peuvent être volatils», a-t-il précisé.
L'activité de courtage a été robuste au cours du plus récent trimestre, l'élection du président américain Donald Trump ayant rehaussé les attentes d'une meilleure croissance économique aux États-Unis. «Mais cela pourrait ne pas être le cas au prochain trimestre, ou pour le reste de l'année», a fait valoir M. Shanahan.
Les revenus d'intérêt nets des banques - les profits générés par les prêts - ont subi la pression des faibles taux d'intérêt et de la faible croissance des prêts à la consommation.
«Dans l'environnement de faibles taux d'intérêt dans lequel nous nous trouvons, il y a toujours une pression à la baisse soutenue», a admis le chef de la direction financière de la Banque Scotia, Sean McGuckin, lors d'un entretien.
Les consommateurs criblés de dettes - l'endettement des ménages canadiens se trouve à un sommet record - ont commencé à réduire leur recours aux prêts. Statistique Canada a indiqué en décembre que le ratio de la dette des ménages sur le marché du crédit au revenu disponible avait grimpé à 166,9 pour cent au troisième trimestre - en hausse par rapport à celui de 166,4 pour cent du trimestre précédent.
«On peut faire grimper les revenus d'intérêt nets soit en faisant croître son portefeuille de prêts ou en générant de meilleures marges», a expliqué M. Shanahan. «Il n'y a pas de croissance des prêts, et il est difficile de faire grimper la croissance des marges lorsque les taux d'intérêt sont aussi faibles.»
Selon M. McGuckin, la Scotia s'attend à ce que la croissance des prêts aux consommateurs canadiens se situe aux environs de cinq pour cent pendant une certaine période. «Nous avons eu une croissance de l'industrie du détail démesurée depuis deux ans, trois ans, quatre ans, cinq ans», a-t-il noté. «Maintenant nous allons observer une croissance un peu plus conforme à la perspective du produit intérieur brut nominal pour le pays.»
L'action de la Banque Scotia a cédé mardi 2,21 $, soit 2,79 pour cent, pour clôturer à 77,04 $ à la Bourse de Toronto. Celle de la Banque de Montréal a avancé de 2,21 $, soit 2,24 pour cent, à 100,79 $.
La Banque CIBC (TSX:CM) et la Banque Royale (TSX:RY), qui ont affiché leurs résultats la semaine dernière, ont aussi surpassé les attentes des analystes. La Banque TD dévoilera les siens jeudi.