Le déboisement met en péril l'exercice des droits ancestraux de la famille Weizineau plus particulièrement, sur le territoire qui lui a été accordé, poursuit le document judiciaire.

Les Atikamekw déposent une injonction contre l'entreprise Rémabec

Les Atikamekw d'Opitciwan ont déposé une demande d'injonction en Cour supérieure, vendredi à Montréal, pour stopper immédiatement le déboisement effectué par l'entreprise Remabec sur leur territoire, en Haute-Mauricie.
Les représentants de la nation autochtone avaient demandé l'arrêt des travaux au premier ministre Philippe Couillard lors d'une rencontre mercredi à son bureau à Québec, en vain.
La requête en injonction n'a pu être entendue vendredi au palais de justice à Montréal, parce qu'il n'y avait qu'un seul juge, mais l'audience a été reportée à lundi matin.
En entrevue téléphonique avec La Presse canadienne vendredi, le chef d'Opitciwan, Christian Awashish, a affirmé que la demande d'injonction était la seule option, étant donné que toutes les négociations n'avaient rien donné et que le premier ministre avait cautionné l'autorisation accordée par le ministère des Forêts.
«Quand bien même j'aurais demandé au premier ministre d'arrêter les opérations forestières, on voyait bien qu'il ne connaissait pas le dossier, et il soutient en quelque sorte ce qui a été fait par le ministère des Forêts», a-t-il dit.
Les Atikamekw réclament l'arrêt immédiat des travaux jusqu'au 8 septembre pour protéger une vaste portion de leur territoire, parce que le gouvernement a autorisé l'émission d'un permis sans qu'ils soient consultés ou accommodés, a expliqué M. Awashish.
La demande d'injonction invoque l'obligation pour le gouvernement de consulter une communauté autochtone susceptible d'être affectée par un projet donné.
Le déboisement met en péril l'exercice des droits ancestraux de la famille Weizineau plus particulièrement, sur le territoire qui lui a été accordé, poursuit le document judiciaire. Le plan 2017-2018 prévoit un «déboisement considérable», soit 200 000 mètres cubes de bois, ce qui perturbe les habitats fauniques et ferait perdre la possibilité de faire de la chasse et de la trappe pour au moins 40 à 50 ans.
«Il y a des coupes forestières dans les dernières portions de forêt mature de la famille», a évoqué M. Awashish.
La requête était d'autant plus urgente que la déforestation est en cours depuis plusieurs semaines déjà «à grande vitesse», au moyen de 18 engins forestiers qui fonctionnent 24 heures par jour, a-t-on argué.
La requête exige que des négociations soient entreprises durant l'interruption des travaux.
Christian Awashish a semblé déçu du report de l'audience à lundi, puisque les travaux de coupe vont se poursuivre entre-temps.
La réserve d'Opitciwan est située au nord de La Tuque, sur les abords du réservoir Gouin.