François-Philippe Champagne (PLC), Bruno-Pier Courchesne (PC), Stéphanie Dufresne (PV) et Nicole Morin (BQ) ont répondu à l’invitation de la Chambre de commerce et d’industrie de Shawinigan, mardi matin à l’Auberge Gouverneur.

L’environnement s’invite dans la communauté d’affaires

SHAWINIGAN — Si l’économie s’invite toujours naturellement lors d’une activité organisée par la Chambre de commerce et d’industrie de Shawinigan dans le cadre d’une campagne électorale, l’environnement a joué du coude pour s’imposer dans le discours mardi matin, à l’Auberge Gouverneur. Quatre candidats disposaient d’une quinzaine de minutes pour expliquer leurs priorités, devant à peine une trentaine de personnes.

François-Philippe Champagne (Parti libéral), Bruno-Pier Courchesne (Parti conservateur), Nicole Morin (Bloc québécois) et Stéphanie Dufresne (Parti vert) se sont prêtés à l’exercice. À noter que Barthélémy Boisguérin (Nouveau parti démocratique) avait confirmé sa participation à cette activité, mais il ne s’est finalement pas présenté.

Pendant le temps qui lui était alloué, M. Champagne a particulièrement insisté sur les sommes d’argent allouées aux victimes de la pyrrhotite, au Parc national de la Mauricie, au Centre national en électrochimie et en technologies environnementales, au DigiHub et au Cégep de Shawinigan au cours du dernier mandat. Il a encore cogné sur le clou de la conversion du centre fiscal de Shawinigan en Centre national de vérification et de recouvrement, accompagnée d’investissements dans un nouvel immeuble prévus d’ici 2024 qui consolident son avenir.

«J’ai encore espoir qu’on devienne la vallée de l’énergie verte, de l’innovation verte au Québec, grâce à des organismes comme le C3E, le LTÉ d’Hydro-Québec et les compagnies qui fabriquent des bornes de recharge électrique», lance le député sortant, qui rappelle que sa formation préconise une économie à émission zéro net de carbone d’ici 2050.

M. Champagne a toutefois dû défendre la position des libéraux au sujet de l’acquisition du pipeline de Trans Mountain, l’an dernier.

«Il y a un consensus assez large de prendre ce virage vert», reconnaît-il. «Nous sommes tous conscients que nous pouvons en faire plus.»

Quelques minutes plus tard, M. Champagne a dû s’y remettre lorsque Frédéric Laflamme, administrateur à la CCIS qui avait préparé des questions pour chaque candidat, est revenu à la charge. «Vous répondez quoi à ceux qui disent que le gouvernement actuel tient un double discours en matière d’environnement?», a-t-il questionné.

«C’est une question d’équilibre», suggère M. Champagne. «Les seuls qui ont fait quelque chose pour l’environnement, c’est nous, parce que nous sommes au pouvoir! Ce que les gens nous ont dit à Montréal, c’est d’en faire plus, plus rapidement. Il faut prendre les ressources actuelles pour accélérer la transition énergétique.»

Une position qui s’apparentait à celle exprimée par M. Courchesne, lorsqu’il a répondu à une observation d’une militante bloquiste sur l’opposition du Québec à reprendre des discussions sur le projet Énergie Est. Il fait remarquer que les conduites sont devenues beaucoup plus étanches.

«Comme citoyen, je préfère un oléoduc pour transporter le pétrole que par bateau, par train ou par véhicule», fait-il remarquer. «On roule encore avec des voitures qui utilisent du pétrole. Nous voulons une transition pour mettre le pétrole de côté. C’est un peu hypocrite de dire qu’on peut arrêter le pétrole demain matin.»

Évidemment, Mme Dufresne ne loge pas à la même adresse.

«Longtemps, les écologistes ont été considérés comme des rêveurs», rappelle-t-elle. «Mais aujourd’hui, les pelleteux de nuages sont ceux qui pensent qu’on peut continuer dans l’économie du pétrole sans frapper le mur et en subir les conséquences. Je fais appel à la communauté entrepreneuriale pour mettre votre dynamisme et votre sens de l’innovation au service de l’urgence climatique, pour créer de nouveaux modèles de villes dans lesquelles nous voulons vivre.»

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Elle voit ce virage nécessaire comme une opportunité à saisir pour la région au cours des dix prochaines années.

«Nous avons le terreau parfait», suggère Mme Dufresne. «Je propose de faire du territoire de la Mauricie un grand laboratoire de la transition. Pourquoi Shawinigan ne deviendrait-elle pas une cité modèle des énergies renouvelables et de l’électrification des transports? »

«En 2017, plus de 300 municipalités au Québec ont dit non à Énergie Est», rappelle Mme Morin. «Les libéraux et les conservateurs disent que le Québec n’aurait rien à dire là-dessus. Vivons-nous vraiment dans une démocratie? Je suis surprise d’entendre les conservateurs et les libéraux dire qu’ils sont verts. Ce n’est nullement le cas.»

Outre ces interventions bien senties sur l’environnement, les candidats ont profité de leur tribune pour diffuser quelques grandes politiques nationales. Mme Morin a particulièrement insisté sur la pertinence du Bloc québécois à Ottawa, surtout si la population élit un gouvernement minoritaire. «Nous pouvons subir le pouvoir des vieux partis ou prendre le pouvoir», image-t-elle.

Faible participation

Outre le personnel politique et les habituels partenaires de la CCIS, disons que cette activité n’a pas fait courir les foules. À peine une trentaine de personnes y ont participé.

«Pendant l’automne, les entreprises sont beaucoup sollicitées», excuse Geneviève Racine, directrice générale de la CCIS.

«Ça peut jouer sur l’achalandage. Mais c’est dommage qu’il n’y ait pas eu plus de monde que ça.»

Le président, Stéphane Gignac, croit que l’embauche d’une personne aux communications aidera à solliciter la participation de ses membres lors des prochaines activités.