Mehmet Turan, président et propriétaire de Services industriels mauriciens, a démontré vendredi les prouesses de la nouvelle machine de découpage au laser de son entreprise.

L’entreprise compte doubler sa productivité

TROIS-RIVIÈRES — Services industriels mauriciens (SIM) a inauguré officiellement vendredi sa nouvelle machine de découpage du métal au laser, un mastodonte obtenu au coût de 2,5 millions $US. L’entreprise du secteur Cap-de-la-Madeleine compte sur cette acquisition pour doubler sa productivité, en dépit des inconvénients causés par la pénurie de main-d’œuvre et l’imposition de surtaxes sur l’acier et l’aluminium par le gouvernement américain.

La nouvelle machine, achetée à Mitsubishi Corporation, est moins longue à démarrer et permet de découper le métal, même très fin, avec une extrême précision. Elle est en activité depuis la fin juillet, de même qu’une nouvelle plieuse à métal. Bien qu’elle en ait assumé la majeure partie des coûts, SIM a bénéficié d’une aide de 660 000 $ du Fonds de diversification économique du Centre-du-Québec et de la Mauricie, d’un prêt de 545 000 $ de Développement économique Canada et d’une subvention de 10 000 $ d’Innovation et Développement économique Trois-Rivières.

L’entreprise avait déjà en sa possession une machine de découpage au laser. Avec l’acquisition d’une seconde, elle croit pouvoir au moins doubler son chiffre d’affaires, qui se situe annuellement entre 3,5 et 5 millions $.

La machine de découpage au laser acquise par SIM en action.

Touchée durement par les surtaxes américaines

Cette bonne nouvelle risque de faire du bien à l’entreprise, qui n’a pas échappé aux conséquences des surtaxes imposées par le gouvernement aux exportations canadiennes d’acier et d’aluminium. «Ça a un gros impact financier, reconnaît Mehmet Turan, président et propriétaire de SIM. On est obligé d’attendre ou d’acheter des matériaux de moins bonne qualité. Ça abîme les machines et ça demande plus de travail à mes employés pour nettoyer les pièces.»

Il ne s’agit pas du seul défi auquel est confronté M. Turan, qui a de plus en plus de mal à recruter des employés. L’entreprise en compte 45 depuis l’acquisition de la nouvelle machine, mais ce nombre pourrait facilement être plus élevé. «Je pourrais en prendre plus des contrats, comme dans le Nord, mais je fais quoi si je n’ai pas assez de monde pour les réaliser, je dis quoi au client?» déplore M. Turan.

Le chef d’entreprise, arrivé de la Turquie en 1986, regarde avec un peu d’espoir vers les nouveaux arrivants, même s’il doute que l’immigration puisse lui permettre de régler le problème. «Même en embauchant des immigrants, j’ai du mal à combler mes besoins, soupire-t-il. J’appelle régulièrement au Service d’accueil des nouveaux arrivants et je leur demande: qu’est-ce que vous avez pour moi?»

Enfin, pour couronner le tout, même s’il réussit à trouver les employés tant convoités, leur formation présente elle aussi un autre obstacle à relever. M. Turan doit parfois les envoyer en Ontario pour qu’ils puissent être formés adéquatement. «Pour un opérateur de presse, par exemple, il n’y a pas de programme de formation ici. Ils sont obligés d’aller à Toronto.»