Pour chaque dollar de revenu disponible, les personnes vivant à Vancouver en doivent 2,42 $.

L'endettement des ménages atteint des sommets à Toronto et à Vancouver

TORONTO - Les Canadiens vivant dans deux des plus grandes villes du pays pourraient se trouver plus «vulnérables» aux hausses des taux d’intérêt, car les niveaux d’endettement personnel à Toronto et à Vancouver continuent d’atteindre des niveaux record, a averti jeudi la Société canadienne d’hypothèques et du logement (SCHL).

Selon l’agence fédérale, le ratio de la dette au revenu des personnes vivant à Vancouver a grimpé à 242% au deuxième trimestre clos le 30 juin.

Cela signifie que pour chaque dollar de revenu disponible, elles en doivent 2,42 $. Le ratio d’endettement était tout aussi élevé à Toronto, où il se situe à 208%.

Il s’agit du ratio le plus élevé enregistré par les deux villes pour un deuxième trimestre depuis 2015. À l’échelle nationale, ce ratio est de 171%.

La dette hypothécaire est un important contributeur de l’endettement des ménages et représente les deux tiers de la dette totale des ménages au Canada.

Selon la SCHL, les personnes très endettées pourraient voir leur budget s’étirer si les taux d’intérêt continuent à augmenter.

«Si les ménages sont en mesure d’assurer le service de leur dette lorsque les taux d’intérêt sont bas, certains peuvent éprouver des difficultés lorsque les taux augmentent», explique la SCHL dans son rapport. «Les ménages très endettés ont généralement peu d’options pour consolider leurs dettes lorsque les coûts du service de la dette augmentent.»

Le rapport note que des taux d’intérêt plus élevés font en sorte que les ménages pourraient voir augmenter le montant requis pour le remboursement de leur dette, ce qui pourrait excéder leurs budgets initiaux.

«Cette augmentation du fardeau de la dette pourrait se traduire par une réduction de la consommation, de l’épargne ou des remboursements du capital», prévient la SCHL. «Certains ménages pourraient même se retrouver en défaut si leurs revenus ne suffisent pas à couvrir la hausse des dépenses et des frais de crédit.»

Selon l’agence, cela pourrait avoir un effet d’entraînement si les ménages commençaient à se retrouver en situation de défaillance et que les banques réduisent leurs prêts.

«Ces effets négatifs risqueraient alors d’avoir des répercussions sur d’autres secteurs de l’économie. Selon les études, dans les pays très endettés, les récessions sont généralement marquées par des pertes de production plus importantes et un taux de chômage plus élevé. Elles ont aussi tendance à durer plus longtemps que dans les pays où les niveaux d’endettement sont plus bas.»

Le rapport, qui s’appuie sur une analyse des données de la firme de surveillance du crédit Equifax, de Statistique Canada et du Conference Board du Canada, a également noté que le niveau d’endettement des ménages variait considérablement et avait même diminué dans certaines des plus grandes villes du Canada.

Le ratio d’endettement a diminué dans la région d’Ottawa-Gatineau, à Halifax et à Sherbrooke, au Québec. Il est le plus bas à Saint-Jean, au Nouveau-Brunswick, où il a reculé à 106% au deuxième trimestre.

La Banque du Canada, qui a identifié la dette des ménages comme une vulnérabilité majeure du système financier, a relevé son taux directeur à cinq reprises depuis juillet 2017. Ce taux se situe actuellement à 1,75%, et plusieurs observateurs s’attendent à une nouvelle hausse l’an prochain.

Depuis la Grande Récession, la banque centrale a maintenu les taux d’intérêt à un faible niveau pour aider à relancer l’économie, mais cela a également contribué à alimenter les marchés de la construction résidentielle dans des régions sous-approvisionnées, telles que Toronto et Vancouver.