L’Ellensberg, premier navire de l’année 2019 au port de Trois-Rivières

L’Ellensborg accoste à Trois-Rivières

TROIS-RIVIÈRES — C’est un navire battant pavillon panaméen, l’Ellensborg, opéré par un équipage thaïlandais d’une quinzaine de membres, qui a inauguré la nouvelle année au Port de Trois-Rivières, en accostant après une traversée de 25 jours sans escale.

C’est depuis Lüderitz en Namibie, port qu’il avait quitté le 14 décembre, qu’est arrivé le Ellensborg. L’accostage du premier navire océanique ayant traversé l’Atlantique sans escale a été soulignée pour la 53e fois par l’administration portuaire. Pour marquer l’événement, le capitaine du navire, Meemongkhon Choorith et son chef ingénieur, Sing-sa Suthep, se sont vu remettre une œuvre de Caroline St-Pierre, artiste de la région. C’est Danielle St-Amand, et Gaétan Boivin, respectivement présidente et président-directeur général de l’Administration portuaire de Trois-Rivières (APTR) qui ont présenté une giclée du tableau Un port, une équipe, de même qu’un panier de produits régionaux, aux commandants de l’équipage.

C’est chargé de 11 000 tonnes métriques de zinc, destiné à l’entreprise CEZinc., qu’a accosté l’Ellensborg. Le déchargement est assuré par Somavrac.

Afin de mériter le titre de premier navire «celui-ci doit provenir d’un port étranger, il doit avoir effectué sa traversée sans avoir fait d’escale avant d’arriver à Trois-Rivières et venir effectuer une opération de chargement ou de déchargement au port», a expliqué Danielle St-Amand. C’est en 1961 qu’un navire, le Maplebranch, avait pour la première fois réussi à remonter le fleuve depuis Québec en hiver. Le Nouvelliste parlait à l’époque d’«une page d’histoire de la navigation d’hiver».

Autrefois qualifiée «d’exploit», la navigation hivernale sur le fleuve n’a rien de routinier, même si elle fait aujourd’hui partie des pratiques courantes. Selon Alain Arseneault, président de la Corporation des pilotes du Saint-Laurent Central, la navigation hivernale comporte son lot de défis, il souligne notamment que les bouées lumineuses sont retirées en raison du mouvement des glaces. «Le mouvement des glaces lui-même représente une difficulté supplémentaire», fait-il valoir. C’est d’ailleurs des pilotes de la corporation que dirige M. Arseneault qui ont assuré la gouverne du Ellensborg depuis Québec. La loi canadienne prévoit en effet un pilotage obligatoire des navires circulant sur le Saint-Laurent, par une équipe accréditée. Bien que le pilotage des bateaux se fasse en collégialité, ce sont les pilotes des corporations qui ont la commande légale des navires.

La cérémonie prenait place dans un contexte où le port de Trois-Rivières connaît un achalandage hors du commun. Sans vouloir s’avancer sur les résultats de l’année qui se termine — le bilan reste à faire —, M. Boivin parle toutefois d’une progression par rapport à 2017. Et 2019 commence en trombe. «Le port n’a pas dérougi depuis le premier janvier», commente le président-directeur général. Pour lui, si l’intensité des activités occasionne certains problèmes, il s’agit de «beaux problèmes». La pénurie de main-d’œuvre fait entre autres partie des défis auxquels doit faire face l’administration portuaire. Gaétan Boivin ne manque par ailleurs pas de souligner la qualité de la main-d’œuvre sur laquelle peut compter l’APTR.