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L’économie sociale: un atout pour la relance
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L’économie sociale: un atout pour la relance
Depuis déjà quelques mois, le Pôle d’économie sociale de la Mauricie et plusieurs partenaires de la région travaillent sur la mise en place d’un parcours d’accompagnement pour les entreprises d’économie sociale, histoire qu’elles puissent passer à l’action dans le contexte de la relance. En Mauricie, on dénombre 430 entreprises d’économie sociale, avec un chiffre d’affaires de 627 millions de dollars et près de 6000 emplois. Coup d’oeil sur un secteur qui, sans être épargné par les impacts et les défis de la crise pandémique, a tout le potentiel pour contribuer à la reprise économique.
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«Un modèle d’affaires qui peut être performant»

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«Un modèle d’affaires qui peut être performant»

L’idée d’un parcours d’accompagnement est dans les cartons du Pôle d’économie sociale de la Mauricie depuis près de trois ans. Or, voilà que le projet prend une nouvelle dimension avec la nécessité de préparer l’après-COVID.

«On teste des affaires. Pour se sortir de la crise, ce sur quoi on veut travailler avec les entreprises éventuellement, c’est de démontrer qu’elles doivent faire partie de la relance économique, qu’elles arrivent elles aussi à positionner leur offre dans le marché», explique la directrice générale du Pôle, Lynn O’Cain.

Au fil des dernières années, le Pôle a initié plusieurs actions et réalisé divers partenariats, dont le plus récent avec l’École des entrepreneurs – Campus de la Mauricie. Et depuis janvier dernier, une table de concertation a été créée pour voir «ce qu’on est capable d’offrir».

Et voilà que le Pôle y va d’un nouveau coup de sonde dans le contexte de la pandémie. «On a eu quelques réponses, pas tant que ça. Les entreprises sont encore en train d’absorber le choc, de se réorganiser», rapporte Mme O’Cain.

Depuis longtemps, celle-ci dit travailler personnellement à déconstruire les mythes par rapport à l’économie sociale.

«Ce n’est pas une économie de pauvres. Oui, beaucoup d’entreprises répondent à des besoins sociaux, à des clientèles éloignées du marché du travail, elles contribuent à lutter contre la pauvreté, mais l’économie sociale, ce n’est pas que ça, c’est un modèle d’affaires qui peut être performant. C’est un atout pour s’en sortir. 

On l’a vu à travers les crises», affirme-t-elle, alors que 34 % des entreprises sont en activité depuis plus de 30 ans et la moitié existe depuis plus de dix ans.

«Il faut réinventer l’offre de service»

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«Il faut réinventer l’offre de service»

«Il faut revoir le modèle d’affaires. On reste une base de plein air, mais il faut réinventer l’offre de service en fonction des nouvelles mesures. C’est définitif.»

Voilà comment le directeur général de Plein Air Ville-Joie, Philippe Roy, réagit à la pandémie qui va occasionner des pertes de l’ordre de 150 000 dollars d’ici septembre.

Fermée officiellement depuis le 13 mars dernier, après un début d’année record, la base de plein air sert actuellement d’hébergement d’urgence pour des jeunes du centre jeunesse, qui ont dû libérer une aile en prévision d’un confinement, et des gens de la communauté atikamekw, qui ne peuvent retourner dans leur milieu pour le moment.

Il a donc déposé un plan stratégique opérationnel pour l’été par rapport à la base de plein air qui offrait habituellement des camps familiaux ainsi que des locations de salles pour des événements.

Et les camps de jour font partie de la stratégie. «Dans un principe lié à l’économie sociale, les camps de jour rentrent dans ma mission sociale de soutien aux familles. Et il va y avoir un besoin. Je me prépare. On va essayer d’être accessible, pas trop dispendieux», a fait savoir M. Roy.

Autre piste de solution pour la saison estivale: exploiter les activités et sports libres. En ce sens, Plein Air Ville-Joie dispose de planches à pagaie et vient d’ajouter le disque golf. C’est sans compter la villégiature et la baignade potentielle.

Finalement, la construction de trois mini-chalets de quatre personnes constitue le troisième élément du plan stratégique pour l’été 2020.

«Si on est un bon gestionnaire, on essaie de trouver les opportunités que la situation génère», explique celui qui se réjouit d’ailleurs du retour progressif de quelques employés.

«On est en processus pour pouvoir s’en sortir»

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«On est en processus pour pouvoir s’en sortir»

«Il a fallu qu’on ferme en mars et on est revenu la semaine passée. On fait juste des plats pour emporter. C’est catastrophique, les ventes ne sont pas là. On travaille fort pour pouvoir trouver une autre façon de se débrouiller.»

Au Bucafin, la directrice générale, Cécilia Protz Salazar, ronge son frein en attendant que Québec donne le feu vert au secteur de la restauration.

Même si l’idée de faire des plats pour emporter avait été testée avant la pandémie, voilà que ce service est maintenant structuré et annoncé sur la page Facebook du Bucafin. «Mais on n’a pas assez d’infrastructures pour la livraison», précise-t-elle.

Et la crise l’amène à envisager la création d’un site Internet, d’autant plus qu’elle expérimente déjà l’impact de cette plateforme via le Marché Godefroy.

«On est en pleine réinvention, en plein processus pour pouvoir s’en sortir. On travaille très fort. On est en train de travailler un plan de publicité et de marketing. Et on a de nouveaux produits», se plaît-elle à annoncer.

Pour ce qui est du service de buanderie, il aura été interrompu pendant un mois, le temps de procéder à la désinfection et l’installation de plexiglas.

Présentant aussi des expositions, Le Bucafin se veut «un lieu de partage, de socialisation, un milieu de vie».

«La partie sociale est affectée. On applique dans tous les programmes. On essaie d’avoir le maximum d’aide. Il ne faut pas que ça dure trop longtemps parce qu’on va mettre la clé dans la porte, les liquidités vont s’épuiser à un moment donné», admet celle qui, en plus d’inviter la population à encourager les commerces locaux, souhaite ne pas être oubliée dans la stratégie commerciale du centre-ville.

«L’inquiétude, c’est plus après»

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«L’inquiétude, c’est plus après»

Alain Bourbonnais dirige le Moulin seigneurial de Pointe-du-Lac, le Vieux Presbytère de Batiscan et le Domaine seigneurial Sainte-Anne, à Sainte-Anne-de-la-Pérade. Trois organismes indépendants l’un de l’autre, mais qui travaillent en collaboration pour partager certaines ressources, dont les ressources humaines.

«Dans les trois cas, on est des entreprises d’économie sociale reconnues. Par contre, notre vocation est davantage tourisme culturel», précise-t-il.

Et celui-ci dit partager les mêmes préoccupations que tout le monde dans l’industrie touristique.

«On est un peu chanceux au départ parce que nous sommes saisonniers. Pour le Vieux Presbytère et le Moulin, l’ouverture grand public se fait habituellement le dernier dimanche de mai jusqu’au dernier dimanche d’octobre», souligne M. Bourbonnais. «Mais toute la partie service nous affecte pas mal alors qu’on perd des locations», renchérit-il toutefois.

Déjà soutenues par des subventions, les trois organisations tentent de tirer profit le plus possible de tous les programmes annoncés en période de crise.

«Financièrement parlant, d’ici un an, l’inquiétude n’est pas vraiment grande. C’est plus après. Est-ce que les bailleurs de fonds vont maintenir leur position et leur taux de financement? Est-ce que la reprise va se faire à une vitesse souhaitée? 

C’est plus le déconfinement qui va nous intéresser et la reprise économique parce qu’en tourisme, il ne faut pas se leurrer, on ne voit pas ça possible avant l’année prochaine», admet le directeur général.

Celui-ci mise sur le fait que lors de la réouverture, les petites institutions muséales seront avantagées par leur structure d’accueil déjà conçue pour le tourisme individuel.

«Il ne reste qu’à mettre en place les mesures sanitaires. Ma crainte, c’est qu’on ait peut-être un manque de disponibilité au niveau du matériel requis», a-t-il confié.

«Nos opérations sont touchées à 100 %»

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«Nos opérations sont touchées à 100 %»

Partenaire de Parcs Canada, Info Nature Mauricie gère le Domaine Wabenaki-Andrew qui est situé dans le parc national de la Mauricie, en plus de vendre du bois aux campeurs. «Nos opérations sont touchées à 100 %», lance la directrice générale, Lyne Gélinas.

Et celle-ci a dû fermer le tout avant la fin de la saison hivernale, soit le 15 mars. «On est en stand-by depuis ce temps-là, on a dû annuler toutes nos réservations jusqu’à la fin juin», a-t-elle indiqué.

De son propre aveu, l’incertitude est totale. «On ne sait pas si on va pouvoir rouvrir et on ne sait pas dans quel contexte. Ce n’est pas facile. On a des chambres, mais on a des aires communes. Et classée comme résidence de tourisme, on va être dans la vague des gîtes et des chalets. On n’a aucune date», fait valoir celle qui parle de 70 % de pertes de revenus par rapport à l’année passée.

Ce qui ne l’empêche pas de travailler sur un plan de réouverture. «C’est sûr que les gens qui ont réservé pour les mois de juillet et août et qui veulent quand même venir, ça ne sera plus dans le même contexte qu’avant. La distanciation va toujours être là, il va falloir mettre des heures de repas et si on ouvre, ça va être à 50 % de capacité», prévoit-elle.

Finalement, Mme Gélinas a manifesté de l’intérêt envers le parcours d’accompagnement pour la relance qui est offert par le Pôle d’économie sociale de la Mauricie.

«C’est un réel défi, c’est quelque chose. On a hâte qu’ils trouvent un vaccin. Mes fins de semaine sont toutes réservées l’hiver prochain», a-t-elle conclu.