Claude Mercier est chauffeur de taxi à Trois-Rivières.
Claude Mercier est chauffeur de taxi à Trois-Rivières.

Le taxi, une économie locale: «J’espère que le gouvernement va reprendre une réflexion»

Trois-Rivières — Selon Claude Mercier, si le gouvernement Legault plaide vraiment pour l’achat local, il doit revoir le projet de loi 17 qui ouvrira le marché à des transporteurs américains comme Uber.

Membre de Taxis coop de la Mauricie, ce chauffeur de taxi de Trois-Rivières affirme avoir envoyé un courriel au bureau du premier ministre afin de le sensibiliser à la réalité des chauffeurs de taxi qui affrontent jour après jour la crise de la COVID-19 et qui devront composer avec un projet de loi bouleversant leur industrie. Voilà pourquoi M. Mercier demande à M. Legault de ne pas tuer «les anges de la rue».

«Je sens que François Legault semble humain. Je ne l’ai jamais vu comme ça, c’est une transformation complète. Si vraiment il a le cœur à la bonne place, j’espère que le gouvernement va reprendre une réflexion. Si vous allez vers la promotion de produits québécois, pourquoi ne pas repenser ce projet de loi, ne pas éliminer les permis de taxi et voir comment on peut faire place à une saine compétition basée sur les mêmes règles pour tout le monde.»

M. Mercier raconte que ce projet de loi vient abolir l’industrie du taxi et va jeter des milliers de personnes dans des situations financières difficiles. En même temps, ce sont eux qui continuent de transporter des gens en pleine pandémie, alors que les chauffeurs d’Uber sont absents du trafic «tout en recevant la prestation canadienne d’urgence», écrit-il dans sa lettre.

«Dans des temps de pandémie, embarquer des clients dans ton véhicule, c’est stressant. Tu arrives au terminus d’autobus, tu embarques des clients, tu te demandes s’ils sont asymptomatiques. C’est le temps de regarder la valeur des gens qui sont sur le terrain présentement, alors que tu demandes une promotion du produit local. Je dis à M. Legault de réévaluer la situation, car je suis sûr qu’éliminer l’industrie du taxi n’est pas une bonne idée et c’est ce qui va arriver. Les Américains vont inonder le marché comme ils l’ont fait à New York.»

Le temps est donc venu, selon M. Mercier, de reprendre les discussions entre le gouvernement et l’industrie du taxi dans le but de conserver les permis.

«Ça prend un cadre rigide dans le transport de personnes pour s’assurer de la sécurité des clients, pour s’assurer que les chauffeurs soient formés et que ce ne soit pas n’importe qui qui devient chauffeur», soutient M. Mercier.

Ce dernier dit avoir reçu un accusé de réception à la suite de l’envoi de son courriel. Il a hâte de voir la suite de sa démarche auprès du premier ministre.