La région métropolitaine de recensement de Trois-Rivières a vu son taux de chômage reculer en juillet.
La région métropolitaine de recensement de Trois-Rivières a vu son taux de chômage reculer en juillet.

Le taux de chômage passe de 12,6 % à 9,8 % à Trois-Rivières

Marc Rochette
Marc Rochette
Le Nouvelliste
TROIS-RIVIÈRES — À l’instar du pays et de la province, la région métropolitaine de recensement de Trois-Rivières a vu son taux de chômage reculer en juillet, passant de 12,6 % en juin à 9,8 % le mois dernier. Même phénomène à la baisse du côté de la Mauricie alors que le taux régional a chuté de 2,2 points, pour se situer à 10,8 %.

Comparativement à juillet 2019, les résultats sont toutefois supérieurs de 4,1 % pour l’agglomération trifluvienne et de 4,9 % pour la région.

«Je suis heureux, c’est le reflet d’une reprise des activités économiques qui se fait de manière intéressante. La population active est en hausse, l’emploi augmente, le taux de chômage baisse. On s’en va dans la bonne direction, on fait bien les choses», a commenté le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale, Jean Boulet.

«Il y a des secteurs assez névralgiques pour l’économie de la région où la demande est forte. Je sens un niveau de confiance qui s’accroît mois après mois», renchérit le député de Trois-Rivières

«C’est sûr que c’est encourageant de voir qu’on a une baisse. On est content de voir qu’on a une amélioration, mais je me garde une réserve à savoir jusqu’où ça peut aller», a déclaré pour sa part le président de la Chambre de commerce et d’industries de Trois-Rivières, Jean Pellerin.

Et là où, selon lui, la statistique peut s’avérer trompeuse, c’est que moins de 20 % des emplois créés au Canada étaient à temps complet.

Du même souffle, il se réjouit de la volonté du gouvernement de transférer la PCU vers le programme d’assurance-emploi où, dit-il, «les prestataires vont être obligés de démontrer qu’ils se cherchent un emploi».

«Si on ne fait pas de changements de ce côté-là, on ne réussira pas à garder cette tendance à la baisse du taux de chômage et à ramener des emplois plus permanents», croit-il. 

Le marché du travail canadien a gagné le mois dernier 419 000 emplois, une hausse de 2,4 %, alors que davantage de secteurs de l’économie ont été autorisés à rouvrir, indiquent les données rendues publiques vendredi par Statistique Canada.

Le taux de chômage national était de 10,9 % en juillet, en baisse par rapport à 12,3 % en juin et au niveau record de 13,7 % en mai. Malgré ce recul, près de 2,2 millions de Canadiens étaient sans emploi en juillet, soit près de deux fois plus qu’en février (1,1 million), avant le début de la crise provoquée par la COVID-19.

Au Québec, le taux de chômage a reculé de 1,2 point de pourcentage pour s’établir à 9,5 % en juillet. L’emploi au Québec a augmenté de 2,4 % le mois dernier, une hausse qui s’ajoute à celles observées au cours des deux mois précédents et ramène l’emploi à 94,4 % de son niveau observé avant la crise.

«Les données publiées par Statistique Canada en lien avec l’évolution du marché du travail confirme que la région de la Mauricie, comme l’agglomération métropolitaine de Trois-Rivières, sont sur le chemin de la reprise de l’emploi », fait remarquer l’économiste régional indépendant, Jules Bergeron.

Celui-ci rappelle que depuis le début de la pandémie, soit en mars 2020, jusqu’au creux de l’actuelle crise que l’on situe en juin, la Mauricie a vu son niveau d’emploi passer de 130 600 à 113 000, soit une perte d’effectif au travail de l’ordre de 17 600 ou 13,5 %.

«Or, les statistiques divulguées pour le mois de juillet font état d’un niveau d’emploi de 117 300, ce qui confirme le scénario d’une reprise progressive de l’économie et de l’emploi dans son ensemble», indique le spécialiste.

D’ailleurs, le nombre de personnes occupées dans la région était en hausse de 4300 par rapport à la donnée du mois de juin, sur une base désaisonnalisée, donc une progression de 3,8 %.

«Par contre, il y a encore un bon bout de chemin avant de niveler l’estimation de mars 2020, et pas juste au chapitre de l’emploi», souligne-t-il.

À sa lecture des estimations de Statistique Canada, l’activité manufacturière serait revenue à un niveau d’effectif pré-pandémie tandis que la grande branche des services sociaux demeure, et de loin, le principal employeur sectoriel en Mauricie. 

«À l’opposé, l’hébergement, la restauration et toute la composante du loisir, de l’information et de la culture fonctionnent encore en deçà de leurs capacités», précise M. Bergeron.

Du côté de l’agglomération métropolitaine de Trois-Rivières, les données divulguées pour le mois de juillet 2020 permettent de constater que 72 200 personnes étaient au travail localement, ce qui représente une augmentation de 3000 ou 4,3 % par rapport à juin 2020.

Au pays, les données globales ont été légèrement meilleures qu’attendu en juillet. Les économistes tablaient sur un gain de 400 000 emplois et un taux de chômage de 11 %, selon la société de données des marchés financiers Refinitiv.

Avec les 953 000 emplois gagnés en juin et les 290 000 en mai, le Canada était à 1,3 million (-7 %) du niveau d’emplois en février, avant la crise de la COVID-19.

«Le rythme de l’augmentation de l’emploi a ralenti en juillet par rapport au mois précédent, et cela deviendra probablement une tendance alors que le rythme de l’assouplissement des restrictions ralentit également et que le nombre de Canadiens mis à pied temporairement diminue», a écrit l’économiste principal de la CIBC, Royce Mendes, dans une note.

«La bonne nouvelle, c’est qu’avec un faible nombre de cas du virus au Canada pour le moment, le pays n’est pas confronté à un risque immédiat de devoir à nouveau réduire ses activités», a-t-il conclu.

En collaboration avec la Presse canadienne