Le taux de chômage est passé de 9,8 % à 13 % entre avril et mai dans la région métropolitaine de recensement de Trois-Rivières.
Le taux de chômage est passé de 9,8 % à 13 % entre avril et mai dans la région métropolitaine de recensement de Trois-Rivières.

Le taux de chômage grimpe à 13 % à Trois-Rivières

TROIS-RIVIÈRES — Le taux de chômage est passé de 9,8 % à 13 % entre avril et mai dans la région métropolitaine de recensement de Trois-Rivières tandis qu’en Mauricie, il était à 13,1 % le mois dernier, pour un bond de 3,4 points.

Au pays, le taux de chômage a atteint un sommet en mai, même si l’économie a ajouté 289 600 emplois, alors que des entreprises ont pu rouvrir grâce à l’assouplissement des mesures de santé publique mises en place pour lutter contre la pandémie.

Le taux de chômage a atteint 13,7 pour cent, dépassant le sommet précédent de 13,1 pour cent établi en décembre 1982 en plus de quatre décennies de données comparables.

«Ce n’est pas une surprise, on s’en attendait. Mais la reprise commence et il faut attendre les résultats de juillet et même d’août. Il faut être confiant. On a bon espoir qu’avec tout ce qu’on fait comme efforts pour faire la relance, on va réussir à abaisser le taux de chômage. Mais combien de temps ça va prendre pour revenir où on était? Ça, c’est un gros point d’interrogation», a indiqué la présidente de la Chambre de commerce et d’industries de Trois-Rivières, Johanne Hinse.

«À l’automne, s’il n’y a pas de deuxième vague, si tout va comme on pense, si tous les secteurs reprennent leurs activités, ça va aider», renchérit-elle.

Le ministre du Travail et député de Trois-Rivières, Jean Boulet, abonde dans le même sens.

«Je suis absolument positif que ça va reprendre une fois le déconfinement complété et la remise en marche des différentes industries. Il y a des conditions très favorables pour une reprise harmonieuse», a-t-il déclaré.

Au Canada, cette augmentation du taux de chômage s’expliquait par le fait que de plus en plus de personnes ont commencé à chercher du travail.

Les économistes attendaient en moyenne une perte de 500 000 emplois en mai et un taux de chômage de 15,0 %, selon les prévisions recueillies par la firme de données financières Refinitiv.

En tout, trois millions d’emplois avaient été perdus en mars et avril, et environ 2,5 millions travailleurs de plus avaient vu leurs heures réduites.

Selon Statistique Canada, le nombre de personnes qui ont travaillé moins de la moitié de leurs heures habituelles a diminué de 292 000 en mai.

Avec cette amélioration, et l’augmentation du nombre d’emplois, Statistique Canada affirme que le pays a récupéré 10,6 % des pertes d’emploi et des absences liées à la pandémie de COVID-19.

Le nombre total de chômeurs canadiens a doublé de février à avril, une croissance attribuable aux mises à pied temporaires. La grande majorité des travailleurs s’attendaient à ce que cette situation perdure pendant moins de six mois.

En même temps, le nombre de personnes souhaitant travailler, mais ne cherchant pas activement un emploi, a augmenté, probablement parce que la fermeture de l’économie a limité les possibilités d’emploi.

Les personnes qui ne recherchent pas activement un emploi ne sont pas comptabilisées en tant que chômeurs dans les données.

Le taux de chômage du mois de mai aurait été de 19,6 % si le rapport avait compté parmi les chômeurs ceux qui avaient cessé de chercher du travail - dont le nombre est en grande partie inchangé depuis avril.

Au Québec, le taux de chômage a reculé de 3,3 % le mois dernier pour s’établir à 13,7 %. Selon Statistique Canada, l’emploi au Québec a progressé de 6,5 %, soit 231 000 emplois, d’avril à mai. 

D’ailleurs, cette croissance a été la plus forte parmi les provinces et elle représentait une récupération d’environ 30 % des baisses cumulatives enregistrées en mars et en avril. En outre, le nombre de personnes mises à pied temporairement a reculé au Québec.

En collaboration avec la Presse canadienne et Mathieu Lamothe