Le ministre de l’Infrastructure et des Collectivités et député de Saint-Maurice - Champlain, François-Philippe Champagne, confirmant l’aide financière attribuée au projet «Entreprendre au féminin autrement». En arrière-plan: Josée Villemure (Fait par une maman), Lise Dubuc (CAFE féminin) et Véronique Perron (chargée de projet).

Le rythme à temps partiel décortiqué

SHAWINIGAN — La Société d’aide au développement des collectivités du Centre-de-la-Mauricie a été retenue pour mener une étude d’envergure provinciale sur les femmes qui réalisent des activités entrepreneuriales à temps partiel, afin de mieux adapter les programmes disponibles à leur réalité encore méconnue.

François-Philippe Champagne, ministre de l’Infrastructure et des Collectivités et député de Saint-Maurice - Champlain, est venu confirmer une aide financière de 306 947 $ pour une période de trois ans à l’organisme, mardi matin au DigiHub de Shawinigan. À la SADC du Centre-de-la-Mauricie, c’est Véronique Perron qui hérite de la charge de ce projet, intitulé «Entreprendre au féminin autrement».

L’étincelle s’est manifestée à la suite d’une étude commandée l’an dernier sur les obstacles à la croissance des entrepreneures.

«Ça nous a permis d’aller à la rencontre des femmes pour mieux comprendre les besoins», explique Mme Perron. «On entendait parler de filles qui avaient un emploi et qui voulaient développer un projet en parallèle. C’était difficile de laisser leur emploi, mais elles pensaient que si elles le faisaient, ce serait plus facile d’être accompagnées. À la SADC, nous avons décidé de saisir cette opportunité. Nous avons entendu le besoin, il fallait faire quelque chose!»

La chargée de projet mentionne qu’il existe pourtant des programmes pour aider les femmes entrepreneures, mais ils sont soit peu connus, soit peu adaptés pour le temps partiel. Le projet «Entreprendre au féminin autrement» visera à corriger ces lacunes.

La recherche débutera à Shawinigan, avec l’organisation de groupes de discussion les 23 et 24 octobre. Des exercices semblables seront réalisés un peu plus tard à Montréal et à Thetford Mines. Mme Perron obtiendra ainsi des témoignages provenant de trois villes aux profils sociodémographiques différents.

Témoignages

Ce projet est financé dans le cadre d’un appel de proposition annoncé en octobre 2017, intitulé «Promouvoir la sécurité économique des femmes». En tout, une trentaine d’initiatives semblables recevront près de dix millions de dollars à travers le pays.

Selon Condition féminine Canada, les femmes ont gagné 87 cents pour chaque dollar obtenu par les hommes à travers le pays en 2015. Elles représentent pas moins de 76 % de la main-d’œuvre à temps partiel. Le quart de ces femmes décident d’adopter ce régime en raison de leurs responsabilités parentales.

Pour illustrer les défis qui se dressent à l’entrepreneuriat au féminin, Josée Villemure, propriétaire de l’entreprise «Fait par une maman», est venue raconter son parcours. Sans l’appui de son père, jamais elle n’aurait délaissé progressivement son emploi aux Ailes piquantes Buffalo et à l’administration du Groupe Villemure & Lafrenière pour lancer son projet.

«Il n’y avait pas nécessairement de programme pour m’aider», fait-elle remarquer. «J’ai eu la chance d’avoir quelqu’un qui pouvait m’amener là. Ce projet pourra apporter le même type d’aide.»

Lise Dubuc, cofondatrice du Centre d’apprentissage et de formation en entrepreneuriat féminin, explique que dans son cas, le mode temps partiel s’est imposé par choix. L’organisme vise à accompagner les femmes dans leur vie active, comme entrepreneure ou intrapreneure.

«Nous travaillons trois jours semaine, six mois par année... et un petit peu plus», raconte-t-elle.

Ces témoignages ont conforté M. Champagne dans la décision du gouvernement fédéral d’appuyer financièrement «Entreprendre au féminin autrement», afin de mieux connaître ce régime et mieux répondre à ses besoins.

«Il faut comprendre les obstacles pour les entrepreneures à temps partiel qui veulent aller à temps plein», confie-t-il. «C’est de rendre l’impossible possible! On sait qu’il y a des obstacles au financement, sur la façon qu’on donne l’information aux entrepreneures. Il faut se donner un plan commun pour aplanir les obstacles et permettre aux jeunes d’avoir tout le succès qu’elles méritent.»