Philippe Nadeau, directeur général du Réseau national des pôles régionaux d’innovation.

Le RNPRI travaille sur la création d’un 19e pôle

SHAWINIGAN— Alors que l’avenir du Réseau national des pôles régionaux d’innovation demeure en suspens, son directeur, Philippe Nadeau, travaille à la création d’un 19e pôle, celui des Premières nations.

L’idée germe d’une initiative réalisée avec la collaboration du ministère de l’Économie et de l’Innovation, dans le cadre de nouvelles missions économiques en France à compter de septembre.

«Nous avons un accord avec la nation attikamekw pour amener une entreprise en démarrage des Premières nations avec nous», explique M. Nadeau. «Nous voulons qu’elle serve d’exemple concret pour ces jeunes. Au DigiHub, une entreprise va les parrainer. »

À partir de cette expérience, le directeur général aimerait créer un 19e pôle d’innovation. Les 18 premiers représentent chacun une région. Le dernier en lice regrouperait les Premières nations.

«On verrait comment l’innovation pourrait susciter, dans ces communautés, le désir d’entreprendre de ces jeunes, qui sont assez nombreux», explique-t-il. «Nous avons amorcé le travail. C’est historique! Nos outils seront à la disposition des Premières nations pour qu’elles puissent cartographier leurs intentions d’entreprendre et valoriser leur écosystème.»

Pendant la formation des pôles régionaux, M. Nadeau observait que les communautés autochtones sont représentées à plusieurs endroits. «Mais ces gens ne sont jamais aux tables de discussion», fait-il remarquer. «Comment les impliquer? On ne peut pas les imposer dans les pôles régionaux. Plutôt qu’y aller à la pièce, on s’est dit qu’il fallait créer quelque chose pour eux.»

Le financement de ce nouveau pôle n’est pas encore arrêté, mais M. Nadeau croit que le réseau actuel pourrait apporter son aide. Il mentionne également que gouvernement fédéral pourrait porter une oreille attentive à ce projet.

Le Conseil de la nation attikamekw n’a pas voulu réagir à cette proposition pour le moment, rappelant que les discussions étaient à peine entamées. De son côté, la ministre déléguée au Développement économique régional, Marie-Ève Proulx, ne savait rien des discussions entourant la création de ce 19e pôle.

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D’ici la fin mai, le RNPRI prévoit d’importantes rencontres avec ses partenaires pour présenter «de nouveaux outils». Une importante conférence d’information est prévue le 27 mai.

«On n’a peut-être pas eu de lac à l’épaule, mais on n’est pas resté les bras croisés», laisse tomber M. Nadeau. «L’argent du gouvernement prévu dans notre convention a été très bien investi.»

«Nous avons une légitimité, un but, une mission», ajoute-t-il. «Nous serons allés jusqu’au bout. On ne se sera pas tourné les pouces en attendant une décision.»

Mme Proulx ne s’offusque pas de voir le RNPRI pousser des initiatives alors que son sort ne sera pas connu avant au moins un mois.

«C’est correct», commente-t-elle. «Il peut faire son travail, mais il sait qu’en juin, on va se parler.»

Même raisonnement pour les pôles des cinq régions qui ont reçu des sommes d’argent avant le moratoire imposé par la ministre, en janvier.

«Ces ententes sont signées, mais ces régions sont conscientes que ça se peut qu’on change les paramètres», glisse-t-elle. Il s’agit des pôles de Laval, Montréal, Bas Saint-Laurent, Laurentides et Lanaudière.

En avril, le porte-parole de l’opposition officielle en matière de PME et d’innovation, Monsef Derraji, avait soulevé le fait que le pôle du Bas Saint-Laurent avait reçu 280 000 $ avant les Fêtes, le même montant que Montréal. Le comté de Mme Proulx touche cette région de l’est du Québec.

«Comment peut-il nous reprocher de vouloir investir dans les régions, la mienne ou une autre?», rétorque-t-elle.

«Les pôles, c’est un investissement pour les régions. Il ne peut pas nous reprocher ça. Je suis fière qu’on investisse dans le Bas Saint-Laurent, parce que c’est une région qui en avait grandement besoin.»