Le revenu annuel nécessaire pour vivre dignement est de 23 504$ pour une personne seule vivant à Trois-Rivières selon une méthode de calcul élaborée par un chercheur de l’Institut de recherche et d’informations socioéconomiques (IRIS).

Le revenu viable est de 23 504 $ à Trois-Rivières

La Tuque — Le revenu annuel nécessaire pour vivre dignement est de 23 504 $ pour une personne seule vivant à Trois-Rivières selon une méthode de calcul élaborée par un chercheur de l’Institut de recherche et d’informations socioéconomiques (IRIS). Pour une famille de deux adultes et deux enfants d’âge préscolaire, on parle d’un revenu viable à 55 017 $ et de 34 236 $ pour une personne monoparentale avec un enfant.

Ce sont deux des nombreuses données publiées jeudi par l’Institut de recherche et d’informations socioéconomiques (IRIS). Ces montants qui apparaissent dans la publication, rédigée par le chercheur Philippe Hurteau, représentent le revenu qui permet selon l’organisation de sortir de la pauvreté, et pas seulement de «survivre».

Le calcul tient compte du revenu disponible, donc l’argent dans vos poches après impôts et autres déductions.

«Une personne qui a seulement assez d’argent pour payer ses besoins de base est encore en situation de pauvreté. […] J’ai envie de dire qu’on offre un indicateur manquant. À partir d’où, en termes de ressources monétaires, une personne n’est plus en situation de pauvreté», note le chercheur Philippe Hurteau.

«La pertinence de l’indicateur qu’on a mis à jour, c’est de combler un vide. À partir de là, les différents gouvernements pourraient commencer à construire des politiques publiques plus efficaces.»

L’IRIS a mené cette étude afin de guider le gouvernement dans son plan de lutte contre la pauvreté. Selon le chercheur Philippe Hurteau, les résultats de l’étude tiennent compte du coût de la vie et des spécificités régionales pour arriver à des seuils de sortie de la pauvreté plus réalistes.

«Les montants utilisés à l’heure actuelle par le gouvernement du Québec pour mesurer la sortie de la pauvreté ne correspondent tout simplement pas à la réalité. Ils ne couvrent que les besoins de base. Ils ne permettent pas de faire des choix», a indiqué le chercheur.

Philippe Hurteau, insiste sur le fait que le revenu viable se base sur les besoins réels des ménages.

«On ne parle pas de luxe ici, mais bien de légères périodes de répit pour des familles qui en auraient bien besoin. Par exemple, avec notre indicateur, un ménage pourra se permettre un repas au restaurant par mois et une activité plus festive, alors que la Mesure du panier de consommation (MPC) s’en tient strictement au guide alimentaire canadien et peut difficilement permettre une certaine vie sociale», note-t-il.

Le chercheur poursuit en soulignant qu’avec le revenu viable, une personne pourra pourvoir à ses besoins en vêtements là où, du côté de la MPC, elle devra probablement fréquenter les comptoirs vestimentaires.

«Elle pourra aussi épargner pour la retraite et prendre deux semaines de vacances modestes. Ce n’est pas la vie des gens riches et célèbres. C’est le strict minimum pour permettre de sortir la tête hors de l’eau», note Philippe Hurteau.

Trois-Rivières a le revenu viable 2019 le plus faible des sept villes qui ont été mentionnées dans l’étude, notamment en raison des coûts de logement et de transport. On note qu’il faudra environ 6846 $ pour se loger à Trois-Rivières comparativement à 9930 $ à Montréal.

«C’est une des différences assez marquées. En fait, c’est vraiment le logement qui vient expliquer le plus gros de l’écart», a confirmé le chercheur. Niveau de revenu viable 2019