Sylvie Delafontaine et Mario Lambert, propriétaires de l’Épicerie de quartier Méli-Mélo, font le pari de la réussite au centre-ville de Shawinigan.

Le retour de l’épicerie de quartier

SHAWINIGAN — La rumeur veut qu’après avoir peiné à trouver du jus d’orange au centre-ville de Shawinigan, Jimmy Lambert ait décidé d’offrir à ses parents d’aménager le rez-de-chaussée de son immeuble, sur la 5e Rue de la Pointe, pour qu’ils exploitent une épicerie. Après un investissement de 200 000 $, le couple mord dans cette aventure, guidé par la fébrilité de l’inconnu.

«On n’a pas fait d’étude de marché!», s’étonne encore Mario Lambert, un chef cuisinier qui a roulé sa bosse à Shawinigan et qui s’amuse particulièrement dans la préparation de mets à apporter. Sa conjointe, Sylvie Delafontaine, a aussi travaillé dans le même milieu, notamment comme aide-cuisinière. Le couple a quitté le Domaine du parc du secteur Saint-Georges avec un pincement au cœur pour se lancer dans cette aventure.

«Je n’avais jamais travaillé dans une épicerie», raconte Mme Delafontaine. «C’est le changement qui m’a attirée, de même que l’offre de mon fils. D’habitude, ce sont les parents qui lancent les enfants, mais cette fois, c’est le contraire!»

La dernière expérience d’une épicerie au centre-ville de Shawinigan n’a pas duré très longtemps. Raymond Drolet avait tenté le coup à la Place de la Promenade en 2006, après la fermeture du Métro et l’infructueuse tentative de la Grocerie. Son épicerie a vivoté pendant quelques années, avant de définitivement cesser ses activités dans l’indifférence générale.

Ce passé peu encourageant n’effraie pas le couple, qui ne compte guère les heures depuis l’ouverture de l’Épicerie de quartier Méli-Mélo, le 26 avril. Le commerce accueille sa clientèle dès 7 h 30 le matin et les propriétaires ne le quittent pas avant 21 h ou 22 h, selon la journée de la semaine. Une première employée viendra en renfort à compter de mardi.

«Jusqu’ici, ça va bien, on est contents», sourit Mme Delafontaine. «Quand les gens entrent, on les accueille. On parle beaucoup avec nos clients. On accompagne les gens, surtout lors de leur première visite. En fait, on veut développer une expérience de quartier. On veut prendre le temps de parler, d’échanger avec le monde.»

Autour, les commerçants les encouragent et les nombreux employés de CGI, SIM-Cognibox et de l’hôtel de ville passent souvent sur l’heure du midi pour prendre une salade, un potage ou un met cuisiné. M. Lambert est assez impressionné par la popularité de ses créations jusqu’ici.

Sa conjointe croit que le fait de se lancer en affaires au printemps donnera une erre d’aller pour la belle saison et le reste de l’année.

«Tout est flambant neuf chez nous», fait-elle remarquer. «C’est propre et c’est beau! La 5e Rue se développe bien. C’est encourageant.»

Coups durs

Cette nouveauté vient égayer un peu un centre-ville qui a encore vécu des coups durs au cours des derniers mois. Par exemple, un important dégât d’eau a forcé la relocalisation de la boutique Aux mille et un talons sur la 5e Rue de la Pointe pendant 17 semaines. Manon Lemire et son équipe ont toutefois retrouvé leur place d’affaires sur Tamarac mercredi. Jeudi, on procédait au grand ménage et à l’aménagement de la boutique et vendredi, le commerce rouvrait ses portes.

L’ancien restaurant Bravo, au coin de l’avenue des Cèdres et de la 5e Rue de la Pointe, est fermé depuis plusieurs mois. Idem pour Sports Shawinigan et Chez Jacob, des vitrines pourtant très bien placées qui n’ont toujours pas trouvé preneur. La confiserie Zigazou n’a pas duré longtemps, tandis que le départ de Spatule et Ganache pour Trois-Rivières laisse un autre local vide.

Il ne faut pas non plus oublier que Cadeaux chez Guy a connu des moments difficiles à la suite d’un incendie, le 7 juin 2018. Après beaucoup de travail, la propriétaire, Johanne Prince, a réussi à rouvrir les portes à temps pour la période des Fêtes, mais elle convient que cette destination n’a pas encore repris son rythme de croisière. Le printemps morose n’a pas aidé non plus.

À tout le moins, Fait par une maman vient d’ouvrir une nouvelle boutique dans l’ancien restaurant Memento et l’arrivée de la Librairie Poirier, l’automne dernier, apporte une nouvelle dimension dans ce secteur.

«Les gens nous découvrent encore!», observe Isabelle Fournier, assistante-gérante. «Ils entrent et ils disent enfin, une librairie au centre-ville.»