Claude Villemure, président du Regroupement des gens d’affaires du centre-ville de Shawinigan.
Claude Villemure, président du Regroupement des gens d’affaires du centre-ville de Shawinigan.

Le Regroupement des gens d’affaires du centre-ville de Shawinigan déjoué par la COVID-19

Shawinigan — L’année 2020 devait être un point tournant dans l’histoire du Regroupement des gens d’affaires du centre-ville de Shawinigan (RGACVS), mais comme plusieurs autres sphères d’activités de la société, la COVID-19 a complètement changé les plans.

Dans un communiqué publié mardi, l’association annonce la suspension des démarches qui devaient mener à la création d’une Société de développement commercial en 2020. De plus, la première édition du festival de musique de rue, prévue le 22 août, est annulée.

Le président du RGACVS, Claude Villemure, mentionne que la poursuite des démarches pour la réalisation de ces deux importants projets ne tenait plus la route dans le contexte actuel.

En effet, difficile d’exiger une plus grande contribution financière des commerçants pour la formation d’une SDC. Même que le RGACVS a décidé de rembourser à ses membres leur cotisation 2020.

M. Villemure avait présenté son projet de SDC l’an dernier. Quelques voix commençaient à s’élever pour décourager cette initiative, mais le responsable assure qu’il serait allé au bout de ce processus démocratique.

«Tout l’apprentissage avait été fait», relate-t-il. «J’ai consulté énormément. Nous avions fait une présentation à la Ville de Shawinigan, qui nous avait formulé certaines demandes. Nous y allions de façon très démocratique.»

«Des personnes étaient contre, mais il n’était pas question qu’il y ait une bagarre de rue ou dans les journaux», ajoute-t-il. «On se préparait à s’asseoir à nouveau avec ces personnes. Après ce que nous avons vécu, je pense qu’il y aura moins de gens contre. Ceux qui ne s’impliquent pas et qui restent dans leur coin sont plus difficiles à aller chercher, mais on se préparait à organiser une assemblée publique.»

Quant au festival de musique de rue, des contacts avaient été établis et des contrats auraient normalement été signés au cours des derniers jours. Une conférence d’information aurait été organisée vers la fin mars pour présenter officiellement ce nouvel événement. Le 22 août, le centre-ville aurait été animé de 11 h à 23 h pour cette première édition.

«Nous avions des clauses qui prévoyaient que si l’événement n’avait pas lieu, il fallait quand même payer les artistes à 50 %», témoigne M. Villemure. «On ne savait pas trop encore ce qui nous pendait au bout du nez, c’était une première édition... On ne voulait pas dépenser 25 000 $ pour rien. Ça n’a pas été fait de gaieté de cœur, mais je pense qu’on n’avait pas le choix.»

M. Villemure souhaite qu’il ne s’agisse que d’un report dans le cas de ces deux projets.

«C’est sûr qu’on va essayer de tout ramener ça en 2021, mais ça dépend de ce qui va se passer», laisse-t-il tomber. «On parle d’une deuxième vague de coronavirus en Chine. Je ne pense pas que tout sera réglé chez nous le 4 mai...»

Pour le moment, l’homme d’affaires ne s’attend toutefois pas à une saignée au centre-ville lorsque cette pandémie appartiendra au passé.

«Ceux qui étaient déjà en ligne s’en sortent assez bien», observe-t-il. «Les restaurateurs ne s’en sortent pas si mal. C’était pire au début de la crise, mais les gens comprennent l’importance de l’achat local. Les commerçants à qui je parle sont beaucoup moins découragés qu’au début, mais il ne faut pas lâcher!»

Le président du RGACVS se demande si la fameuse Prestation canadienne d’urgence n’a pas provoqué un effet pervers dans la restauration, certains établissements préférant fermer leurs portes pour permettre aux employés de toucher un revenu mensuel de 2000 $.

À tout le moins, l’esprit de groupe qui anime les commerçants du centre-ville actuellement entraînera peut-être des retombées positives dans cette épreuve.

«C’est tricoté serré», constate M. Villemure. «Il s’est créé un esprit d’équipe, les gens constatent qu’ils ne sont pas seuls. Il se développe une belle collaboration.»

«Je vois moins de fermetures qu’on l’aurait cru», termine-t-il. «Les chiffres d’affaires baissent, c’est certain, mais nous avons des gens très imaginatifs. La majorité va bien s’en tirer si les citoyens ne les lâchent pas.»