Pierre Pacarar, directeur de l'usine WestRock à La Tuque.

Le projet de bioraffinerie soulève des inquiétudes

Le projet de bioraffinerie de Bioénergie La Tuque en fait rêver plus d'un dans le Haut Saint-Maurice, mais le projet de près d'un milliard de dollars amène aussi son lot d'inquiétudes, notamment chez les dirigeants de l'usine WestRock à La Tuque. L'approvisionnement en fibre est au coeur de ces inquiétudes.
«C'est certain qu'un projet comme celui-là est intéressant pour une communauté étant donné son envergure. Par contre, pour nous il y a des points d'inquiétudes face à un projet aussi important. Il va être basé surtout au niveau de la fibre et contrairement à ce que l'on peut penser, le panier de fibre en Mauricie n'est pas infini. Donc on a des inquiétudes face à ça», a affirmé le directeur de l'usine WestRock de La Tuque, Pierre Pacarar.
Ce dernier suit avec intérêt le développement du projet, notamment les études de faisabilité en cours. Études auxquelles il aimerait bien pouvoir participer.
«C'est certain qu'on va avoir un intérêt de ce côté-là. [...] On a été invité à y participer à certains égards, mais c'est en développement. C'est un peu prématuré de me prononcer là-dessus», a-t-il souligné.
La création de quelque 500 emplois pourrait également amener un casse-tête, mais rien d'aussi préoccupant que l'approvisionnement en fibres.
«En Haute-Mauricie, notre capacité d'attraction et de rétention d'employés est toujours un sujet d'importance», commente Pierre Pacarar. 
Il en sait quelque chose, l'usine de La Tuque a remplacé au-delà de 60 % de sa main-d'oeuvre dans les 10 dernières années. 
«C'est certain que l'arrivée d'une nouvelle entreprise qui amènerait 500 emplois est un point d'inquiétude. Si ça devait se faire, on aura à vivre avec, mais ce n'est vraiment pas le point principal de nos inquiétudes», assure-t-il.
Rappelons que le projet de bioraffinerie vise la production de diesel renouvelable à partir de la conversion de résidus de coupes forestières. On estime qu'entre 650 000 et 1,2 million de tonnes métriques de résidus de coupes issus de la région de la Haute-Mauricie pourraient être valorisés dans cette usine. 
Un projet de près d'un milliard de dollars qui pourrait créer des centaines d'emplois. L'objectif à court terme est d'aménager et d'exploiter une usine de démonstration aux alentours de 2020, et une usine de taille commerciale en 2023.
En début d'année, Bioénergie La Tuque a annoncé que Neste Corporation, un des leaders mondiaux dans le secteur des carburants renouvelables, s'impliquerait dans le dossier. 
Ils avaient annoncé une entente de partenariat de recherche et développement dont l'objectif principal est d'étudier la faisabilité de produire des carburants renouvelables à partir de résidus forestiers à La Tuque.